Virus Nipah : c'est quoi, transmission, symptômes, mortalité

Le virus Nipah (NiV) est un virus dit "zoonotique", autrement dit, qui se transmet d'un animal à l'homme et vice-versa. Quels sont ses symptômes ? Traitements ? Son taux de mortalité ? Transmission et connaissances à date.

Virus Nipah : c'est quoi, transmission, symptômes, mortalité
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C'est quoi le virus Nipah ?

Le virus Nipah (NiV) est un virus dit "zoonotique", autrement dit, qui se transmet d'un animal à l'homme et vice-versa. Chez une personne infectée, il provoque une maladie qui peut aller d'une infection asymptomatique à une infection respiratoire aiguë (légère ou sévère) pouvant évoluer en encéphalite mortelle (inflammation du cerveau). Les symptômes apparaissent généralement dans les 4 à 14 jours qui suivent l'exposition au virus. 

Comment se transmet le virus Nipah ?

"Le risque de transmission du virus Nipah dépend des caractéristiques du malade, comme l'âge et la présence de symptômes respiratoires", indique l'Institut Pasteur. Le virus Nipah peut se transmettre de plusieurs manières :

  • d'un animal à l'Homme (et inversement), particulièrement le porc (le virus Nipah est très contagieux chez le porc) ou la chauve-souris infectée, plus rarement des animaux domestiques comme les chevaux, les chèvres, les moutons, les chiens et les chats, 
  • directement entre deux Hommes, par contact proche avec les sécrétions ou excrétions de personnes infectées,
  • par des aliments contaminés.

Lors des premières flambées épidémiques (Malaisie, Singapour), les infections ont résulté d'un contact direct avec des porcs malades ou avec leurs tissus contaminés. "On pense que la transmission s'est produite par contact avec des sécrétions de porcs ou avec les tissus d'un animal malade", rapporte l'OMS. Lors des flambées suivantes (Bangladesh, Inde), la source de transmission la plus probable était la consommation de fruits ou de produits dérivés (jus de dattier ou de palmier) contaminés par de l'urine ou de la salive de chauve-souris infectées. Il s'agit de chauve-souris frugivores de l'espèce Pteropus, c'est-à-dire qu'elles se nourrissent de fruits. Un cas de transmission interhumaine a également été rapportée parmi les familles et les personnes en charge des soins des patients infectés. 

Transmission et symptômes du virus Nipah
Transmission et symptômes du virus Nipah ©  artitcom - 123RF

Quels sont les symptômes ?

Le virus Nipah peut provoquer une maladie asymptomatique ou une infection respiratoire aiguë pouvant aller jusqu'à l'encéphalite mortelle. 

>> Dans un premier temps :

  • Fièvre
  • Céphalées (maux de tête)
  • Douleurs musculaires (myalgies)
  • Vomissements
  • Maux de gorge

>> Dans un second temps :

  • Vertiges
  • Somnolence
  • Altération de l'état de conscience (désorientation, confusion mentale...)

>> Dans les cas graves :

  • Pneumonie atypique
  • Problèmes respiratoires sévères dont une insuffisance respiratoire aiguë
  • Signes neurologiques typiques d'une encéphalite aiguë (gonflement du cerveau)
  • Convulsions pouvant évoluer vers un coma en 24 à 48 heures. 

Quels sont les risques de mortalité ?

Environ 20% des patients guéris gardent des séquelles neurologiques

Les chercheurs connaissent la dangerosité et la contagiosité du virus Nipah. Il est capable d'infecter un grand nombre d'espèces animales, notamment les porcs, et entraîner des maladies graves et des décès chez l'homme, indique l'Organisation mondiale de la Santé. Le taux de létalité (proportion de décès par rapport au nombre total de cas atteints par la maladie) se situe entre 40 et 75%. "La plupart des patients qui survivent à l'encéphalite aiguë guérissent complètement, mais des affections neurologiques à long terme ont été signalées parmi les survivants. Environ 20% des patients guéris gardent des séquelles neurologiques, comme des troubles convulsifs et des altérations de la personnalité. Dans un petit nombre de cas, les sujets guéris souffrent par la suite d'une rechute ou d'une encéphalite d'apparition tardive", indique l'OMS. L'examen 2018 de la liste de l'OMS des maladies prioritaires avait indiqué qu'il était urgent d'y inclure l'infection à virus Nipah.

Quelle est la période d'incubation ?

L'OMS estime que la période d'incubation (temps écoulé entre l'infection et l'apparition des symptômes) varie de 4 à 14 jours. Cependant, des périodes d'incubation plus longues, pouvant atteindre 45 jours, ont déjà été observées.

Comment poser le diagnostic ?

Les symptômes n'étant pas spécifiques à la maladie, il est difficile de diagnostiquer une infection à virus Nipah lors d'une consultation. L'infection peut être diagnostiquée en même temps que l'examen des antécédents cliniques durant la phase aiguë et la phase de convalescence de la maladie. Les principaux tests qui sont utilisés comprennent l'épreuve de RT-PCR (amplification en chaîne par polymérase en temps réel) à partir de liquides biologiques, ainsi que la détection des anticorps par le biais d'un test ELISA. Cette méthode est principalement utilisée pour détecter la présence d'un anticorps ou d'un antigène dans un échantillon sanguin.

Quels sont les pays à risque ?

Aucune infection à virus Nipah n'a été détectée en Europe. 

Le virus Nipah est présent dans toute l'Asie du Sud et du Sud-est. Des signes d'infection ont été mis en évidence :

  • En Inde : un enfant de 12 ans en est décédé le 5 septembre 2021. Depuis ce fait, l'État du Kerala est "en alerte", a indiqué l'agence de presse Associated Press
  • En Malaisie
  • Au Bangladesh
  • A Singapour
  • Au Cambodge
  • Au Ghana
  • En Indonésie
  • A Madagascar
  • Aux Philippines
  • En Thaïlande

Pour le moment, aucune infection à virus Nipah n'a été détectée en Europe et donc en France. 

Quels sont les traitements ?

A ce jour, il existe aucun médicament pour soigner une infection à virus Nipah. Seuls des soins de soutien intensif permettent de traiter les complications respiratoires et neurologiques sévères.

Existe-t-il un vaccin ?

Il n'existe pas de vaccin capable de traiter ou de prévenir une infection à virus Nipah, que ce soit pour l'homme ou pour l'animal. 

Quelle prévention ?

En l'absence de vaccin, la seule façon de réduire le nombre d'infections humaines est de sensibiliser les gens aux facteurs de risque et de leur indiquer les mesures à prendre pour réduire leur exposition au virus Nipah :

  • Bouillir, laver et peler les fruits récoltés dans les zones à risque (listées ci-dessus) avant leur consommation.
  • Jeter les fruits en partie mangés par les chauves-souris.
  • Porter des gants et d'autres vêtements de protection lors de la manipulation d'animaux malades ou de leurs tissus, ainsi que pendant l'abattage.
  • Prendre en compte la présence de chauves-souris frugivores et protéger les porcheries et la nourriture des animaux des chauves-souris.
  • Eviter tout contact physique proche non protégé avec des personnes infectées par le virus Nipah et se laver régulièrement les mains après avoir dispensé des soins ou rendu visite à des personnes malades.

Sources : Virus Nipah, fiche OMS, 30 mai 2018 / Signes et symptômes du Virus Nipah, Centers for Disease Control and Prevention, 6 octobre 2020 / Communiqué de presse de l'Institut Pasteur du 9 mai 2019. 

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