Grippe H1N1 (A) : date en France, symptômes, traitement, vaccin

Initialement appelée grippe porcine, la grippe A de sous-groupe H1N1 a provoqué une pandémie. En quelle année en France ? Quel est ce type de grippe ? En quoi diffère-t-il des autres grippes ? Le Dr Laurence Legout, médecin infectiologue, répond à nos questions.

Grippe H1N1 (A) : date en France, symptômes, traitement, vaccin
© Jarun Ontakrai - 123RF

Définition : qu'est-ce que la grippe H1N1 ? 

"D'un point de vue scientifique, l'appellation grippe A H1N1 regroupe l'ensemble des virus sous type H1N1 de la grippe A, tels que celui de la grippe espagnole de 1918, celui de 2009 initialement baptisé grippe porcine ou mexicaine et, une bonne partie des grippes saisonnières." explique le Dr Laurence Legout, médecin infectiologue à la Clinique du Verger en Suisse. Elle a été causée par un nouveau virus A, résultant de la combinaison du virus aviaire, porcin et humain. "Ce virus de 2009 diffère de la grippe espagnole et d'autres virus grippaux saisonniers A de type H1N1, de par son information génétique" précise l'infectiologue. Depuis la grippe espagnole de 1918, à l'origine de nombreux morts, plusieurs pandémies se sont succédées du fait de l'apparition de nouveau virus grippaux. Le virus A (H1N1) avec la grippe espagnole, responsable de la pandémie de 1918 a été remplacé en 1957, par le virus A (H2N2) avec la grippe asiatique. Pendant 10 ans, ce dernier a été responsable des grippes saisonnières jusqu'à la pandémie de 1968 où le virus A (H3N2) a pris sa place. En 1977, une réémergence du virus A (H1N1) a été observée avec la grippe russe. "Depuis cette date, les virus H1N1 et H3N2 circulent régulièrement lors des grippes saisonnières" ajoute le Dr Legout.

A quelle date en France ?

La grippe A H1N1 s'est déclarée en France le 30 juillet 2009 avec la mort d'une jeune fille atteinte par le virus, et elle durera jusqu'au 13 Janvier 2010, date à laquelle la fin de l'épidémie est officiellement annoncée. L'Institut de Veille Sanitaire (InVS) estime qu'entre 7,7 à 14,7 millions de personnes ont été infectées en France métropole lors de cette épidémie de 2009. En avril 2010 elle recense 1334 formes graves. Le ministère de la santé recense en Aout 2010, 323 morts au total. La pandémie de 2009 a déclenché des mesures exceptionnelles, mais moins importantes qu'avec le COVID-19. 

Ce virus est la résultante de combinaison d'éléments génétiques provenant de 4 virus différents.

Origine et apparition du virus H1N1

C'est au courant du mois de mars 2009, qu'un virus grippal A de type H1N1 a fait son apparition au Mexique et dans le sud des Etats-Unis sous une forme génétique modifiée. D'après le Center of Diseases Control (CDC) aux États-Unis, ce virus est la résultante de combinaison d'éléments génétiques provenant de 4 virus différents : la grippe porcine nord-américaine, la grippe aviaire nord-américaine, la grippe humaine de type A et la grippe porcine typiquement retrouvée en Europe et en Asie. Ce virus pandémique de 2009 possède un nom scientifique plus précis, indiquant la date et le lieu d'apparition de ce nouveau type : A/california/04/2009 H1N1. Depuis 2011, il a été rebaptisé virus A (H1N1) pdm09 par l'OMS, et est toujours inclus dans la vaccination saisonnière

Transmission

Le virus de la grippe A H1N1 est un virus contagieux qui peut se répandre d'homme à homme. Quelle que soit la souche, le mode de transmission est toujours le même. Le principal mode de contamination se fait par voie aérienne. "Une personne contaminée projette des gouttelettes de salive dans l'air en toussant, en parlant, en éternuant. Ces gouttelettes contenant des millions de virus se retrouvent dans l'air ambiant vont être inhalées et respirées par une personne non malade qui va à son tour être malade " décrit le Dr Legout. La contamination peut se faire également par contact, en touchant les objets sur lesquels se trouvent les gouttelettes virales. "Les lieux confinés, très fréquentés comme le bus, le métro sont très propices à cette transmission.

Durée d'incubation

La période d'incubation de la grippe varie de 1 à 3 jours. "Le malade est contagieux dès l'incubation et ce durant une période d'environ 6 jours pouvant aller jusque 10 jours, notamment chez les enfants " précise le Dr Legout. 

Symptômes

Les symptômes de la grippe A H1N1 sont l'apparition brutale d'une fièvre à 39-40°C associées à des frissons, une asthénie profonde, des céphalées, des myalgies et une toux sèche. "Il peut y avoir parfois des maux de gorge et des troubles digestifs pouvant faire penser à d'autres diagnostiques comme une-gastro-entérite ou une angine. " ajoute le Dr Legout.

Complications

Comme l'explique l'infectiologue, quel que soit le type de virus, les complications de la grippe sont les mêmes : 

  • la grippe maligne : se caractérisant par l'apparition rapide d'une détresse respiratoire aigüe en lien avec une action directe du virus sur l'épithélium bronchique par le virus, conduisant le patient en réanimation et parfois à la mort. 
  • l'apparition secondaire d'une surinfection pulmonaire à pneumocoque ou à staphylocoque pouvant être également à l'origine du décès du patient.
  • chez les enfants et nourrissons, on peut craindre en plus de celles listées, des complications liées à la fièvre, une bronchiolite, des difficultés d'alimentation et d'hydratation.
  • les autres complications sont plus rares : il s'agit d'encéphalite, de péricardite (inflammation de l'enveloppe du cœur) ou encore du syndrome de Guillain Barré (paralysie progressive des membres). "Le risque d'avoir un syndrome de Guillain Barré dans les 6 semaines qui suivent la grippe est de 17 cas par million de consultations pour la grippe alors que le risque de contracter un syndrome de Guillain Barré après une vaccination antigrippale est de 1 cas sur un million de dose dans les 6 semaines qui suivent la vaccination. " précise le Dr Legout.

Qui et quand consulter ?

Comme pour toute grippe, une personne jeune et en bonne santé n'a pas nécessairement besoin de consulter un médecin dès les premiers symptômes car la maladie sera généralement bénigne. En revanche, les personnes à risques, âgées, obèses ou souffrant de maladies chroniques, ont tout intérêt à consulter un médecin généraliste dès les premiers signes grippaux. Toute personne, même jeune et en bonne santé, présentant un essoufflement au repos, des difficultés à respirer ou une forte fièvre qui ne baisse pas malgré le traitement médicamenteux, doit consulter un médecin généraliste

Diagnostic

Le plus souvent, la grippe ne nécessite pas de confirmation virologique. "A partir du moment où la circulation du virus est annoncée, tout syndrome grippal est une grippe jusqu'à preuve du contraire. " explique l'infectiologue. Mais dans certains cas, il est nécessaire de faire des prélèvements naso-pharyngés ou respiratoires notamment en cas de signes de gravité. "Les outils de diagnostic utilisable sont des tests unitaires rapides que l'on utilise en première intention, des tests d'immunofluorescence indirecte sur les prélèvements respiratoires, une recherche de virus par PCR ou en culture cellulaire. " Durant le prochain hiver, le virus du COVID-19 sera un virus très surveillé en plus de la grippe par le réseau sentinelle de la grippe. 

Traitement : comment soigner la grippe H1N1 ? 

Tout d'abord, comme pour toute maladie virale, les antibiotiques ne sont pas efficaces. Généralement, des antipyrétiques de type paracétamol ou anti-inflammatoire non stéroïdiens (comme ibuprofène) sont prescrits. "Les anti-viraux comme les inhibiteurs de la neuramidinase ne sont pas systématiques " précise l'infectiologue " leur efficacité sur l'évolution de la maladie n'a pas été démontrée lorsque les symptômes sont présents depuis plus de 48 heures ". Le Haut conseil de santé publique a estimé le 4 mars 2011, qu'il existait "de nombreux arguments indirects, tous consistants, en faveur de l'efficacité d'un traitement curatif précoce (<48 heures) pour la prévention des formes graves et la réduction des complications et des décès. Cette efficacité est retrouvée chez la femme enceinte et chez le sujet immunodéprimé." En préventif, il est aussi possible d'utiliser les inhibiteurs de la neuraminidase.

Vaccin

Il existe un vaccin actif contre les virus de la grippe, H1N1 y compris, dont la composition varie en fonction des souches circulantes. 
Deux fois par an, en février pour l'hémisphère Nord et en septembre pour l'hémisphère Sud, l'OMS parie sur les virus qui circuleront l'hiver suivant pour déterminer la composition d'un vaccin adapté à l'avance. Pour cela, l'OMS analyse les données des centres nationaux de la grippe, répartis dans une 100aine de pays qui surveillent la circulation des virus durant la saison en cours. Plus les virus choisis pour composer les vaccins correspondent à ceux qui circuleront l'hiver prochain, plus la vaccination sera efficace. Si le vaccin est annoncé si tôt dans l'année avant la prochaine saison grippale, c'est parce que le processus de fabrication du vaccin par les laboratoires pharmaceutiques prend plusieurs mois car il doit passer par une phase de culture des virus sur les œufs. Lors de l'épidémie de 2009, un vaccin a été mis sur le marché en octobre et novembre. En France, c'est le 12 octobre 2009 que commence la campagne de vaccination. Le 25 Novembre 2009, la vaccination débute dans les écoles, et le 2 Décembre elle s'étend aux collèges et Lycées de France. Au total, ce seront quelques 5 924 267 personnes qui ont été vaccinées contre cette grippe. 

Mortalité

La maladie à virus A H1N1 a un taux de complications sévères d'environ 2 à 3 ‰ (pour mille), semblable à celui de la grippe saisonnière. Cependant, contrairement à cette dernière, la grippe A H1N1 provoque une surmortalité chez les personnes obèses et les femmes enceintes. D'après les chiffres disponibles, le taux de mortalité global de la grippe A (H1N1) est faible, et serait même inférieur à celui de la grippe saisonnière. La proportion des décès dus au virus de la grippe A H1N1 s'élève à 0,2 - 0,3 pour mille, quand la grippe habituelle tuerait à peu près un patient sur mille. 

Merci au Dr Laurence Legout, médecin infectiologue à la Clinique du Verger en Suisse.

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