MIS-C et Covid-19 : c'est quoi cette maladie, symptômes

Le syndrome inflammatoire multisystémique (MIS-C) a des caractéristiques similaires à la maladie de Kawasaki et toucherait ne que les enfants et les adolescents, surtout ceux infectés par le Covid-19. Un millier de jeunes en seraient atteints dans le monde, près de 200 en France. Quels sont les symptômes ? Qui est le plus à risque ?

MIS-C et Covid-19 : c'est quoi cette maladie, symptômes
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Le syndrome inflammatoire multisystémique (ou MIS-C) présente des caractéristiques proches de la maladie de Kawasaki et aurait touché plus d'un millier d'enfants, d'adolescents et de jeunes adultes à travers le monde depuis l'alerte lancée par le National Health Service du Royaume-Uni fin avril. Et près de 200 en France. La plupart de ces jeunes patients atteints de MIS-C présentent des anticorps contre le SARS-CoV-2 (virus responsable de la pandémie Covid-19) ou une sérologie positive vis-à-vis du nouveau coronavirus. Ils développent généralement des symptômes évocateurs du MIS-C 4 à 5 semaines après l'infection au virus. Quel est le lien entre Covid-19 et MIS-C et comment l'expliquer ? Est-ce que cette affection se soigne et avec quel traitement ? Des chercheurs américains nous apportent des éléments de réponses. 

Syndrome inflammatoire multisystémique : c'est quoi le MIS-C ?

Le syndrome inflammatoire multisystémique (abrégé MIS-C pour "multisystem inflammatory syndrome in children", en anglais) est une maladie qui touche les enfants et les très jeunes adultes. Cette maladie est très rare : deux études américaines* publiées le 29 juin 2020 dans The New England of Medicine (NEJM) indiquent qu'elle affecterait 2 personnes de moins de 21 ans sur 100 000 dans le monde. Au 15 mai, 230 cas auraient été enregistrés en Europe par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, dont deux décès : un en France (un jeune garçon de 9 ans qui présentait une comorbidité neuro-développementale et une sérologie positive au Covid-19) et un au Royaume-Uni. En France, depuis le 1er mars, 194 cas de MIS-C ont été signalés à Santé publique France le 16 juin. Dans le monde, près d'un millier de personnes seraient touchées par le MIS-C, si on inclut ces deux nouvelles études, précise Michael Levin, professeur de biologie et de philosophie de l'Imperial College à Londres dans un éditorial qui accompagne ces travaux. Ce syndrome inflammatoire multisystémique "se manifeste la plupart du temps dans le contexte d'enfants qui ont été infectés par le Covid-19 à peu près un mois après", indiquait le Pr Arnaud Fontanet le 30 avril lors d'une audition au Sénat. Une information confirmée dans les bilans hebdomadaires de Santé publique France : sur les 194 cas signalés en France au 16 juin, une PCR et/ou sérologie pour SARS-CoV-2 étaient positives dans la moitié des cas

Le syndrome inflammatoire multisystémique apparaît 25 jours après en moyenne après l'infection au Covid-19.

Pour en savoir plus sur le MIS-C, les chercheurs de ces deux études ont suivi 300 enfants et jeunes adultes de moins de 21 ans positifs au Covid-19 ou fortement suspectés d'être contaminés, recensés aux Etats-Unis entre mars et mai 2020. Ces analyses faisaient suite à une alerte lancée par le National Health Service du Royaume-Uni fin avril, puis par les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies au moins de mai. 

MIS-C et Covid-19 : quel est le lien ?

"L'émergence du syndrome inflammatoire multisystémique chez les enfants dans l'État de New York a coïncidé avec une transmission généralisée du SRAS-CoV-2", soulignent les chercheurs américains qui se sont aperçus que le syndrome inflammatoire multisystémique apparaissait 4 à 5 semaines après l'infection au Covid-19 : 25 jours après en moyenne. "Ce syndrome inflammatoire serait donc potentiellement lié à une infection au coronavirus", estiment les chercheurs américains. Même constat en France. Selon les données de Santé publique France au 16 juin :

  • 50% des 194 cas signalés en France présentaient un PCR ou une sérologie positive au Sars-CoV-2
  • pour 10% des patients non positifs au Covid-19, le lien avec le coronavirus était considéré comme fortement probable
  • pour 11% des patients non positifs au Covid-19, le lien avec le coronavirus était considéré comme possible (résultats toujours en attente)
  • pour 29% des patients non positifs au Covid-19, le lien avec le coronavirus n'a pas pu être établi.

Quelles sont les causes du MIS-C ?

La grande majorité des enfants, adolescents et jeunes adultes atteints du syndrome inflammatoire multisystémique étaient en bonne santé et n'avaient pas d'antécédents médicaux ou de facteurs de risque particulier. Les chercheurs ignorent encore quelle est la cause exacte du MIS-C. Pour le moment, le MIS-C est soupçonné d'être provoqué par une réponse anormale du système immunitaire à un agent infectieux, encore inconnu. "Étant donné que le MIS-C survient généralement tardivement après l'infection par le SRAS-CoV-2, une fois que l'anticorps s'est développé, des réponses immunitaires adaptatives cellulaires ou humorales aberrantes peuvent être impliquées. Il existe des preuves que les anticorps peuvent augmenter la gravité de l'infection par le SRAS-CoV-1 en déclenchant une inflammation ou en provoquant des dommages aux organes", précise Michael Levin.

Quels enfants sont les plus à risque ?

Au terme de leur analyse, les chercheurs ont observé que le MIS-C touchait plus les enfants à la peau noire (40% des cas recensés) ou d'origine hispanique (36% des cas recensés).

Quels sont les symptômes chez l'enfant ?

Le syndrome inflammatoire multisystémique entraîne quasiment tout le temps de la fièvre (d'une durée supérieure à 4 jours) et, dans plus de 80% des cas recensés, des troubles gastro-intestinaux (douleurs abdominales, nausées et vomissements, diarrhées) et des troubles du système cardiovasculaire (97% présentent une tachycardie, 8 à 9% ont développé un anévrisme des artères coronaires, 53% des cas présentent une myocardite, une inflammation des tissus musculaires du cœur). 60% des cas, particulièrement les enfants de moins de 5 ans, présentent pour la plupart des éruptions cutanées. Parmi les personnes atteintes du MIS-C, 80% ont été admis en soins intensifs, 20% ont reçu une assistance respiratoire et 2% sont décédés. 

MIS-C et maladie de Kawasaki : points communs et différences ?

Le MIS-C toucherait des enfants un peu plus âgés que la maladie de Kawasaki.

Les médecins qui ont lancé l'alerte en avril dernier ont très vite relevé de grandes similitudes entre la maladie de Kawasaki et le MIS-C. Les symptômes de la maladie de Kawasaki et du MIS-C sont quasiment identiques (fièvre, grande fatigue, diarrhée, éruptions cutanées, inflammation des artères...). Les deux maladies ont donc des points communs. En revanche, le MIS-C toucherait des enfants un peu plus âgés (42% ont entre 6 et 12 ans) que la maladie de Kawasaki qui concerne davantage les nourrissons et les très jeunes enfants. Par ailleurs, le MIS-C provoquerait des inflammations et des lésions du myocarde plus intenses que la maladie de Kawasaki. Enfin, la maladie de Kawasaki, dans sa forme classique, "affecte généralement les enfants asiatiques de manière disproportionnée. Tandis que le MIS-C associé à la Covid-19 semble survenir chez les enfants de toutes origines raciales ethniques", soulignent les chercheurs.

Quel est le traitement ?

Comme la cause du MIS-C est encore inconnue, il est difficile de trouver un traitement efficace. À ce jour, la plupart des patients ont été traités avec des agents qui se sont révélés bénéfiques dans la maladie de Kawasaki ou d'autres troubles inflammatoires. "Ainsi, des essais seront nécessaires pour établir la thérapie appropriée", poursuit Michael Levin.

Existe-t-il un vaccin ?

Non. Pour le moment, il n'existe pas de vaccin pour prévenir le syndrome inflammatoire multisystémique. Connaître avec précision sa cause pourrait permettre également d'élaborer un vaccin préventif.

Sources : Deux études citées dans l'article "Multisystem Inflammatory Syndrome in Children in New York State", The New England Journal of Medicine, 29 juin 2020 et l'édito du Pr Michael Levin : "Childhood Multisystem Inflammatory Syndrome — A New Challenge in the Pandemic", 29 juin 2020.

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