Le coronavirus est-il saisonnier ou pas ?

Chargement de votre vidéo
"Le coronavirus est-il saisonnier ou pas ?"

Parce qu'il fait partie de la grande famille des coronavirus, le virus Sars-CoV-2 devrait avoir un comportement saisonnier et moins circuler quand les températures augmentent, en été. Est-ce vraiment le cas ? Quelles sont les connaissances sur l'effet des facteurs climatiques sur sa transmission et sur l'évolution de la pandémie à l'automne ?

[Mise à jour le mercredi 22 juillet à 16h13] Le nouveau coronavirus (Sars-CoV-2) responsable de la maladie Covid-19 devrait en théorie, comme plusieurs coronavirus, avoir un comportement saisonnier, en particulier dans la région tempérée de l'hémisphère nord où des recrudescences d'incidence sont habituellement observées pendant l'automne et l'hiver. Les mécanismes associés à cette saisonnalité relèvent aussi bien du virus que de l'hôte, souligne Santé Publique France dans une synthèse publiée le 23 juillet. Le but de ce document était de passer en revue les études disponibles pour analyser l'influence des facteurs climatiques sur la survie du SARS-CoV-2, les connaissances sur l'effet des facteurs climatiques sur sa transmission et sur une éventuelle saisonnalité de cette transmission et ses conséquences sur l'évolution de la pandémie. D'après leurs observations, "il est difficile d'en déduire une saisonnalité de la COVID-19".

Le coronavirus Sars-CoV-2 sensible à la chaleur ?

"Il a été démontré expérimentalement que le virus SARS-CoV-2 peut être inactivé par une augmentation de la température" confirme Santé Publique France le 23 juillet. Une exposition du coronavirus à 56°C pendant 20 à 30 minutes et à 65°C pendant 5 à 10 minutes permet d'anéantir le potentiel infectieux du Sars-CoV-2 ont précisé le Pr Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Tenon à Paris, le Dr Anne Goffard, enseignante-chercheuse et médecin virologue au CHU de Lille, et Manuel Rosa-Calatrava, directeur de recherche de l'Inserm et directeur adjoint du laboratoire VirPath à Lyon, dans les colonnes de Libération et Ouest France. De ce fait, passer ses vêtements en machine à une température de 60°C avec une lessive habituelle éliminerait le virus qui a pu se poser sur les tissus, selon les données scientifiques.

"L'effet de la température sur la transmission est mesuré comme modeste voire nul"

Un virus qui circule moins l'été ?

Partant du fait que d'autres coronavirus ont une saisonnalité, la question s'est posée pour le Sars-CoV-2 : va-t-il disparaître cet été pour revenir à l'automne ou l'hiver prochain ? D'après la synthèse d'études publiée par Santé Publique France, "plusieurs études convergent pour montrer une corrélation négative entre la température et la transmission". Ainsi "l'effet de la température sur la transmission est mesuré comme modeste voire nul". On voit d'ailleurs en France que la circulation du virus est en hausse depuis la mi-juillet et que dans d'autres pays, comme en Espagne, elle reprend aussi. L'atténuation attendue de la diffusion du virus durant cet été 2020 aurait été limitée par l'immunité préexistante vis-à-vis du SARS-CoV-2 qui est "nulle ou négligeable dans la première phase d'expansion de l'épidémie" argue Santé Publique France. Trop peu de gens sont immunisés pour que la transmission du virus ralentisse vraiment, comme on peut le voir avec le virus de la grippe par exemple.

Un virus sensible à l'humidité de l'air ?

Parmi les facteurs climatiques susceptibles d'influer sur la transmission de ce nouveau coronavirus, la température et l'humidité ont été les plus explorés, "probablement en raison de la facilité d'accès à ces données" justifie Santé Publique France. Les résultats concernant l'humidité de l'air "vont de l'absence d'une association significative au ralentissement de la transmission si l'humidité augmente" indique l'agence.

A noter : des études menées sur les rayonnements ultra-violets montrent qu'ils semblent ralentir la transmission du SARS-CoV-2, au moins pour un niveau modéré de rayonnement. Même chose lors de l'augmentation de la vitesse du vent

La reprise de la transmission à l'hiver prochain est-elle évitable ?

Des études prédisent une diminution estivale de la dynamique de transmission suivie d'une recrudescence hivernale dans l'hémisphère nord et l'inverse dans l'hémisphère sud. Pour Santé Publique France "compte-tenu de la dynamique actuelle et de la transmission effective du SARS-CoV-2 quelle que soit la zone climatique (Asie, Europe, Amérique du Nord et du Sud, Afrique), les projections indiquent qu'une éventuelle saisonnalité ne permettra pas de contrôler à elle-seule la transmission du virus, sans autres mesures de contrôle (masque obligatoire, distanciation sociale...). Ces projections à long terme dépendent fortement de l'immunité acquise." Une donnée pour laquelle les scientifiques manquent encore de recul.

Comment anéantir le coronavirus chez soi ?

Le coronavirus Sars-CoV-2 pourrait survivre à l'état de traces, de fines gouttelettes sur les surfaces de plusieurs heures à plusieurs jours. Mais bonne nouvelle, il est sensible aux désinfectants usuels. Il peut donc être éliminé en nettoyant les surfaces, matériaux et objets à l'eau de Javel à 5 %, à l'eau oxygénée ou encore à l'alcool à 70%. Il est donc préconisé de procéder à un nettoyage régulier de son environnement, à domicile ou au bureau notamment. Les études ont permis de déterminer que le coronavirus survit jusqu'à 3 heures dans l'air après sa diffusion en fines gouttelettes (après un éternuement, une toux, des postillons). Mais "il ne peut pas se balader pas dans les airs, ni parcourir de longues distances" a précisé le Pr Olivier Schwartz responsable de l'Unité virus et immunité à l'Institut Pasteur, invité sur BFMTV le 23 mars. Les particules virales tombent au sol ou se déposent sur les surfaces dans un alentour immédiat (de 1 à 1,5 mètres) selon le Pr Olivier Schwartz, Leur infectiosité décroit dans le temps mais les études ont permis de déterminer que le coronavirus Sars-CoV-2 survit jusqu'à 4 heures sur du cuivre, jusqu'à 24 heures sur du carton et jusqu'à 2 à 3 jours sur du plastique et de l'acier inoxydable, avec une diminution progressive de son infectiosité.

Sources :

Synthèse rapide COVID-19 23 juillet 2020. Saisonnalité de la transmission du Sars-CoV-2 SAISONNALITE DE LA TRANSMISSION DU SARS-COV-2

Covid-19