Obésité morbide : IMC, risques, que faire pour en sortir ?

En France, 8 millions de personnes sont considérées comme obèses selon le ministère de la Santé. Mais à partir de quel IMC parle-t-on d'obésité morbide ? Quels sont les risques pour la santé ? Quelle opération envisager selon son poids et son profil ?

Obésité morbide : IMC, risques, que faire pour en sortir ?
© staras- 123RF

Définition de l'obésité morbide

On parle d'obésité morbide lorsque l'IMC est supérieur ou égal à 40 kg/m². "Selon la classification de l'OMS, morbide signifie que l'obésité expose à des complications très sévères telles que problèmes cardiovasculaires (accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde), insuffisance respiratoire avec hypoventilation alvéolaire ou encore cancer hépatique, pouvant aller jusqu'au décès", souligne le Dr Agnès Sallé, médecin endocrinologue et nutritionniste. Et de préciser : "Le terme d'obésité supra-morbide est parfois utilisé lorsque l'IMC est supérieur à 50 kg/m² mais ce terme ne rentre pas dans la classification de l'OMS".

On parle d'obésite à partir d'un IMC supérieur à 30 et d'obésité morbide à partir d'un IMC de 40

Calcul de l'obésité morbide

Pour calculer l'obésité, il existe une mesure scientifique - l'IMC, indice de masse corporelle- qui est le rapport du poids en kilo sur la taille en mètre au carré (P/T²). Entre 25 et 29,9 kg/m², il y a surpoids, on parle d'obésité à partir d'un IMC de 30 kg/m²

Symptômes

L'obésité peut se définir comme un poids excessif en lien avec un excès de masse grasse réparti dans différentes régions du corps (visage, cou, ventre, hanches, cuisses, fesses…). Cet excès de poids est à l'origine de symptômes qui altèrent la qualité de vie tels qu'une mobilité réduite en raison de douleurs articulaires, une transpiration excessive, des difficultés respiratoires ainsi qu'une faible estime de soi.  Dans certains cas cela peut retentir sur l'humeur avec une tendance à la dépression. "C'est l'IMC qui définit une obésité morbide. On peut être en obésité morbide et ne présenter aucune complication métabolique, psychologique ou fonctionnelle, mais on sait qu'elle est à risque de complications", commente le médecin nutritionniste.

Obésité chez la femme

L'obésité de grade 3 expose la femme à des risques spécifiques tels que des troubles du cycle menstruel, comme notamment le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) qui exposent à l'infertilité.

Causes de l'obésité morbide

L'obésité est une maladie chronique complexe multi-factorielle. On retrouve 2 causes principales :

  • L'environnement avec l'évolution profonde des rythmes de vie, de l'alimentation (fast-food, produits industriels, sodas…) et la réduction importante de l'activité physique. Un faible niveau social augmente également le risque d'obésité par un moindre accès à une alimentation dite saine.
  • Des facteurs comportementaux et psychologiques comme des troubles anxieux ou dépressifs, des périodes de difficultés psychologiques ou sociales, une diminution du temps de sommeil, un arrêt du tabac non accompagné de mesures adaptées ou encore une consommation d'alcool excessive. Ces situations engendrent souvent des troubles du comportement alimentaires (TCA) de type grignotage, compulsion et crises de boulimie qui contribuent au développement de l'obésité.

"Dans tous les cas, l'obésité est secondaire à l'existence, à un moment de la vie, d'une balance énergétique positive chronique qui engendre un stockage de triglycérides", souligne le Dr Agnès Sallé.

Diagnostic

Le diagnostic de l'obésité morbide repose sur le calcul de l'Indice de Masse Corporelle (IMC). L'IMC est le Poids/Taille². On distingue 3 types d'obésités selon les chiffres d'IMC :

  • Obésité modérée : IMC compris entre 30 et 34,9 kg/m²
  • Obésité sévère : IMC situé entre 35 et 39,9 kg/m².
  • Obésité morbide : IMC ≥ 40 kg/m².

Quelles solutions pour sortir de l'obésité morbide ?

"La base, c'est d'être accompagné pour changer son hygiène de vie en mangeant équilibré, avec des quantités adaptées aux besoins spécifiques de son corps et en pratiquant une activité physique adaptée quotidienne. Si les objectifs de perte de poids ne sont pas atteints au bout de minimum 12 mois-18 mois, les patients peuvent s'orienter vers une chirurgie bariatrique car ils sont alors en échec des mesures hygiéno-diététiques bien conduites", explique la spécialiste.

Traitement : prise en charge de l'obésité morbide

Aucun traitement n'agit directement sur les mécanismes en cause dans la constitution de l'obésité. Un seul médicament existe, il s'agit de l'Orlisat®, qui limite l'absorption des graisses et qui, n'est pas remboursé. La chirurgie bariatrique qui est indiquée sous certaines conditions est en partie remboursée par la Sécurité sociale mais les dépassements doivent être pris en charge par la mutuelle.

Quelles opérations ?

Lorsque les mesures hygiéno-diététiques ne sont pas suffisantes pour retrouver un IMC normal, la chirurgie bariatrique peut être envisagée selon le profil de la personne. Les types de chirurgie bariatrique autorisés par la HAS sont :

  • la sleeve gastrectomie
  • l'anneau gastrique ajustable
  • le bypass gastrique en y
  • la dérivation bilio-pancréatique avec duodénal switch

Toutes ont pour but de limiter l'assimilation et/ou l'absorption des aliments par le système digestif, mais à des degrés divers. "Le type de chirurgie est décidée en réunion de concertation pluri disciplinaire selon l'IMC et les complications présentées par le patient en sachant que la dérivation bilio-pancréatique avec duodénal switch est réservée aux personnes avec un IMC > 50 kg/m² ", précise le Dr Agnès Sallé.

Plus l'obésité est sévère, plus elle expose à des risques importants (diabète, problèmes cardiovasculaires et respiratoires, rhumatologiques...)

Quels sont les risques en cas d'obésité morbide ?

Il existe des obésités supra morbides métaboliquement saines mais souvent, plus l'obésité est sévère, plus elle expose à des risques importants. Il peut s'agir : de diabète, de problèmes cardiovasculaires et respiratoires, rhumatologiques, de bouleversements hormonaux, de calculs de la vésicule biliaire ou encore de soucis veineux. " Comme son nom l'indique, au stade de l'obésité morbide, ces complications peuvent être tellement graves qu'elles peuvent conduire au décès ", ajoute le médecin nutritionniste. 

Grossesse et obésité morbide : chance de tomber enceinte, quels risques ?

"L'obésité augmente le risque d'infertilité. En cas de grossesse, il y a des risques pour le bébé et pour la maman, tout au long de la grossesse jusqu'au moment de l'accouchement", explique l'endocrinologue.

Qui consulter quand on en souffre ?

L'obésité morbide nécessite une prise en charge multidisciplinaire. "En premier lieu, il est primordial de consulter un endocrinologue et/ou nutritionniste pour rechercher une cause secondaire rare (maladie endocrinienne spécifique) et mettre en évidence les principaux mécanismes en cause, hygiéno-diététiques et/ou psychologiques", note le Dr Agnès Sallé. Dans un second temps, ce médecin va mettre en place un programme pour favoriser la perte de poids. Dans tous les cas, un accompagnement psychologique est important pour améliorer l'estime de soi et la motivation à maigrir.

Prévention

Le meilleur moyen de prévenir l'obésité morbide est de soigner son hygiène de vie en ayant une alimentation équilibrée et en pratiquant une activité physique régulière.

Merci au Dr Agnès Sallé, médecin endocrinologue et nutritionniste.

Endocrinologie