Hypertension intracrânienne : signes, causes, traitements

Le syndrome d'hypertension intracrânienne (HTIC) est caractérisée par une pression excessive du liquide céphalo-rachidien à l'intérieur de la boîte crânienne. Dans le cas d'une hypertension idiopathique, il n'y a pas de cause connue. Quels sont les signes cliniques ? Quand faut-il passer une IRM ?

Hypertension intracrânienne : signes, causes, traitements
© Ivan Shidlovski - 123RF

Définition : qu'est-ce que le syndrome d'hypertension intracrânienne ?

La boîte crânienne est une cavité qui protège le cerveau. Elle est composée de trois éléments :

  • le tissu cérébral,
  • le liquide céphalo-rachidien qui baigne le tissu cérébral,
  • les vaisseaux sanguins qui irriguent les cellules du tissu.

"Le syndrome d'hypertension intracrânienne est une augmentation de la pression dans la boîte crânienne. Elle révèle une pathologie cérébrale", explique le Pr François Proust, chef du service de neurochirurgie à l'hôpital de Strasbourg. Ce syndrome est fréquent. L'hypertension intracrânienne est grave car la pression s'exerce sur des structures fragiles qui peuvent être sujettes à des lésions irréversibles. La boîte crânienne étant inextensible de par sa structure osseuse, si un de ces trois compartiments voit son volume augmenté et si les autres éléments ne diminuent pas le leur, la tension augmente. La pression intracrânienne (PIC) est mesurée à l'aide de capteurs intracrâniens. Habituellement exprimées en mm Hg (10 cm H2O = 7,35 mm Hg, 10 mm Hg = 13,6 cm H2O), elles varient selon l'âge :

  • de 10 à 15 mm Hg pour les adultes et enfants âgés oscillant parfois jusqu'à 20 mm Hg,
  • de 3 à 7 mm Hg pour les jeunes enfants,
  • de 1 à 6 mm Hg en période néonatale.
Boîte crânienne schéma
Boîte crânienne © miraclemoments - 123RF

Causes de l'hypertension intracrânienne

La cause des syndromes d'hypertension intracrânienne peut être :

  • expansive (une tumeur, un hématome intracérébral ou une hydrocéphalie),
  • lésionnelles ou figurées non expansives (blocage du système de drainage veineux par une thrombophlébite, hypertension veineuse, infection),
  • bénigne, forme dans laquelle aucune lésion figurée n'est diagnostiquée.

"Il peut s'agir d'une hypertension intracrânienne idiopathique ou d'une forme bénigne secondaire, informe le Pr Proust.

Les hypertensions intracrâniennes secondaires s'installent dans un contexte :

  • d'endocrinopathies (maladie d'Addisson, maladie de Cushing, hypothyroïdie, hyperparathyroïdisme),
  • de déficit en vitamine A qui altère la structure des villosités arachnoïdiennes,
  • lors de prises médicamenteuses (hormonal, antibiotique, lithium ou cimétidine),
  • de diverses pathologies (syndrome d'apnée du sommeil, insuffisance rénale chronique, anémie par carence martiale) " indique le neurologue.

Hypertension intracrânienne idiopathique (sans cause)

"En ce qui concerne l'hypertension intracrânienne idiopathique, les seuls facteurs de risque démontrés sont le sexe féminin et l'obésité" indique le Pr Proust. L'hypertension intracrânienne idiopathique survient généralement chez des femmes en âge de procréer. L'incidence est de 1/100 000 chez la femme de poids normal, Mais elle est supérieure chez la femme obèse (20 sur 100 000).

Signes 

L'hypertension intracrânienne se manifeste par :

  • des maux de tête chroniques, chez une personne qui ne souffre en général pas de maux de tête, qui s'installent ou s'aggravent le matin et en deuxième partie de nuit . "Ces céphalées ne sont pas soulagées par la prise de médicaments antalgiques" souligne le Pr Proust. Ces maux de tête vont en s'aggravant.
  • des nausées ou des vomissements, fréquemment décrits comme "en jet", souvent lors d'un changement de position de la tête
  • des troubles cognitifs, une moins bonne réactivité.
  • des troubles de la vue comme un flou visuel, parfois une vision double
  • des acouphènes
  • des vertiges
  • des modifications du caractère et une irritabilité

"L'hypertension intracrânienne est bien tolérée pendant un moment car il y a des mécanismes de compensation dans la boite crânienne, mais elle peut se décompenser rapidement sous forme d'un engagement cérébral, précise le Dr François Proust. Lorsqu'il n'y a plus de système de compensation le cerveau se déplace et le sang n'arrive plus au cerveau : c'est l'engagement cérébral". Il est important de faire le diagnostic avant la décompensation.

"Chez le tout petit, l'hypertension intracrânienne se signale par une augmentation du volume de la boîte crânienne. Les sutures entre les os de la voûte du crâne se distendent car ils ne sont pas soudés" informe le Pr Proust.

Diagnostic : scanner cérébral, imagerie en résonance magnétique 

"C'est l'examen clinique et l'interrogatoire qui permettent de faire le diagnostic de ce syndrome clinique, informe notre interlocuteur. Les examens complémentaires, scanner et IRM, sont effectués pour trouver la cause de l'hypertension intracrânienne" Un fond d'œil pratiqué par un ophtalmologiste est parfois réalisé pour juger du retentissement de l'hypertension intracrânienne sur le nerf optique.

Traitement

L'hypertension intracrânienne se traite en urgence en fonction de l'avancée clinique des symptômes et des résultats des examens complémentaires. En cas de constitution rapide des symptômes, une intervention chirurgicale en urgence par une dérivation ventriculaire externe, permettra de diminuer la pression exercée sur les structures du cerveau, pouvant être responsables de lésions irréversibles. Après cette dérivation ou dans les autres cas moins inquiétants, le traitement est celui de la cause. "Les hypertensions intracrâniennes peuvent être résolues en retirant la tumeur ou l'hématome en cause, ou en supprimant le médicament qui en est à l'origine", informe le Dr François Proust.

Merci au Pr François Proust, chef du service de neurochirurgie à l'hôpital de Strasbourg.

Neurologie