Gel hydro-alcoolique et Covid-19 : composition, prix, mode d'emploi

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"Gel hydro-alcoolique et Covid-19 : composition, prix, mode d'emploi"

En pleine épidémie de coronavirus, les solutions et gels hydro-alcooliques sont conseillés pour éliminer le virus des mains et réduire sa transmission. Mais une analyse de la DGCCRF montre que 73% des produits analysés sont soit non conformes soit non conformes et dangereux. Conseils pour acheter un produit de qualité.

Les solutions et gels hydro-alcooliques sont très fortement utilisés en France depuis le début de l'année 2020 en raison de la pandémie de coronavirus. Dans un communiqué du 18 novembre, la DGCCRF publie ses premières conclusions suite aux tests de plusieurs produits disponibles sur le marché visant à vérifier leur efficacité. Elle a vérifié en particulier que la concentration en alcool des solutions et gels hydro-alcooliques était suffisante pour éliminer le virus. En date du 12 novembre, plus de 180 prélèvements ciblés de solutions et gels hydro-alcooliques ont été réalisés, indique-t-elle, dont 162 ont été analysés par le Service commun des laboratoires3. 73% des produits analysés à ce jour ont été déclarés soit non conformes (38%) soit non conformes et dangereux (35%). Plus précisément, 21 produits (13% des produits analysés) ont présenté une teneur en alcool insuffisante et se sont donc révélés non conformes et dangereux. 36 produits (22% des produits analysés), pour lesquels la teneur en alcool était suffisante, ont également été déclarés non conformes et dangereux en raison d'un étiquetage minimisant les dangers présentés par ces produits (principalement le danger de leur inflammabilité) et 61 produits (38%) ont été reconnus non conformes du fait d'un étiquetage incomplet ou incorrect. Les produits identifiés comme non conformes ou dangereux font l'objet de mesures de retrait et/ou rappel.

Gel hydro-alcoolique et Covid-19 : comment être sûr d'acheter un produit de qualité ?

En pleine épidémie de coronavirus, les autorités sanitaires recommandent l'utilisation de solutions et gels hydro-alcooliques en l'absence d'eau et de savon. Mais "les produits présentés sous forme d'une solution ou d'un gel hydro-alcoolique peuvent ne pas être efficaces, en particulier s'ils contiennent une teneur en alcool trop faible" prévient la DGCCRF dans son communiqué du 18 novembre.

→ Seules les solutions ou gels hydro-alcooliques ayant une teneur en alcool (éthanol, propan-1-ol ou propan-2-ol), exprimée en volume, d'au moins 60 % ou répondant à la norme EN 144766 sont efficaces en matière de désinfection.

→ Le nom de l'alcool utilisé dans le produit ainsi que sa concentration doivent être précisés sur l'étiquetage du produit ; si le produit répond à la norme EN 14476, cela doit aussi être mentionné. En cas de doute, n'hésitez pas à demander conseil à votre commerçant afin qu'il vous confirme si l'effet virucide du produit est bien avéré.

Le lavage ou la désinfection des mains est nécessaire plusieurs fois par jour en cas d'épidémie : après s'être mouché, avoir éternué ou toussé, après un passage par un environnement collectif (transport en commun, lieu de rassemblement, activité publique, vie en collectivité, ...), après avoir été en contact avec des surfaces ou des objets potentiellement contaminés par une ou des personnes atteintes ou susceptibles d'être atteintes par le virus.

Que contient un gel hydro-alcoolique ?

Les solutions hydro-alcooliques sont des gels à la base stérile "c'est-à-dire qui ont un milieu qui ne permet pas la prolifération des bactéries, voire qui éradique 99 % des bactéries" explique le Dr Sebastian Marciano, médecin aux Urgences médicales de Paris. Elles contiennent :

  • de l'alcool : actif qui agit rapidement sur les bactéries, les virus (herpès, entérovirus..) et les champignons, 
  • un émollient qui garantit un bon état cutané (glycérine par exemple),
  • un antiseptique (parfois). Il s'agit alors le plus fréquemment de chlorhexidine à 0.5 %.

Rôle : un gel plus efficace que le lavage des mains ?

"Les solutions hydro-alcooliques peuvent diminuer de 60% les contaminations inter-humaines, explique le Dr Marciano, mais elles ne dispensent pas d'un lavage de mains avec de l'eau et du savon (elles ne sont pas détergentes)." Elles sont par contre utiles quand on ne peut pas se laver les mains, par exemple dans les transports en commun. "Aujourd'hui la plupart des virus et des épidémies se transmettent par les contacts inter-humains, pas forcément de peau à peau mais surtout de peau à matériel, rappelle-t-il. Les virus peuvent rester moins d'une heure sur la peau mais plusieurs jours sur un textile."  Elles peuvent aussi s'utiliser après un lavage de mains (comme le font les chirurgiens au bloc opératoire ou les médecins qui multiplient les consultations).

Utilisation : comment et quand les appliquer ?

Les solutions hydro-alcooliques peuvent s'utiliser au long cours "parce que les virus et les contaminations il y en a toute l'année" souligne notre interlocuteur. Il faut par contre favoriser leur recours en période épidémique.

Comment : verser du gel hydro-alcoolique dans le creux d'une main (les mains doivent être propres (non souillées) et sèches sinon l'efficacité antiseptique de l'alcool diminue). Frictionner les mains paume contre paume/dos des mains/entre les doigts/les dos des doigts/les pouces/le bout des doigts et des ongles) jusqu'à ce qu'elles redeviennent totalement sèches (preuve que l'alcool a bien été absorbé). Généralement, le temps de friction est d'au moins 30 secondes. Ne pas rincer.

Fréquence : aussi souvent que nécessaire. "En cas de gastro, renouveler l'application après chaque selle ou avant de manger pour lutter contre ce que l'on appelle le "péril fécal". Le virus d'une gastro se transmet par contact avec les matières fécales et le vomi" précise notre interlocuteur.

Pendant l'épidémie de coronavirus : compte tenu des modes de transmission du SARS-CoV-2 (directe par gouttelettes ou indirecte par les mains), l'hygiène des mains doit être réalisée fréquemment dans tous les milieux communautaires (domicile, écoles, lieux de travail, etc.) rappelle le Haut Conseil de la Santé Publique dans un Avis du 24 avril soit via le lavage des mains à l'eau et au savon ou via une FHA (friction au gel hydro-alcoolique) avec un produit contenant au moins 60% d'alcool. Il faut le faire :

  •  après toute manipulation d'un masque (tout type de masque).
  • avant de préparer les repas, de les servir et de manger,
  • avant de sortir de chez soi,
  • après s'être mouché, avoir toussé ou éternué,
  • après avoir rendu visite à une personne malade,
  • après chaque sortie à l'extérieur,
  • après avoir pris les transports en commun (ou partagés),
  • après être allé aux toilettes,
  • après avoir touché aux parties communes d'un immeuble.

Il est recommandé de se laver les mains à l'eau et au savon pendant 30 secondes puis de les sécher avec une serviette propre ou à l'air libre.

Conservation : quelle durée peut-on le garder après ouverture ?

"Une fois que le flacon de la solution hydro-alcoolique a été ouvert, il n'est plus stérile c'est-à-dire que même si vous refermez le bouchon à chaque fois, il doit être consommé dans le mois suivant l'ouverture pour rester efficace et après il faut le jeter" indique le Dr Marciano. Il est ainsi conseillé de choisir des petits flacons qu'on va finir vite plutôt que des gros qui durent longtemps. 

Précautions : enfant, peau lésée, plaies...

Si l'efficacité des solutions hydro-alcooliques dans l'élimination des virus et bactéries n'est plus à prouver, elles doivent être utilisées avec précautions dans certains cas :

Chez les enfants : "Il faut faire attention si on en met avant de manipuler un bébé ou avant de donner à manger à un enfant parce qu'elles sont très fortement dosées en alcool, ça peut piquer les yeux et donner un goût désagréable à la nourriture. De plus, attention si on en met sur les mains des petits qui mettent beaucoup de choses à la bouche ou se frottent les yeux, toujours à cause de l'alcool. Je dirai qu'à partir de l'âge de 5-6 ans, ils sont en âge de comprendre qu'il faut bien frotter jusqu'à ce que ce soit bien sec."

Quand on la peau fragile : "Les solutions hydro-alcooliques ne sont pas allergisantes mais ça reste de l'alcool donc pour quelqu'un qui a une peau fragilisée parce qu'il y a par exemple du psoriasis ou de l'eczéma, il y a une inflammation de l'épiderme et cela peut l'altérer" souligne notre spécialiste.

Quand on a une plaie à vif : "Beaucoup de gens se servent de ces solutions pour désinfecter les plaies mais il ne faut pas. Ça fait mal et on a aujourd'hui des solutions aqueuses dans les désinfectants c'est-à-dire de l'alcool désinfectant mais diluée dans de l'eau qui permet de ne garder que le principe actif du désinfectant sans piquer."

Quel est le prix d'un gel hydro-alcoolique ?

Face à l'épidémie de coronavirus, beaucoup de personnes ont voulu faire le plein de gels hydro-alcooliques. Il y a même eu des vols dans plusieurs hôpitaux français. Certains vendeurs en ont profité pour augmenter abusivement leurs prix. Pour répondre à la demande et protéger le consommateur d'une éventuelle augmentation du prix de vente des gels ou solutions hydroalcooliques, plusieurs textes sont parus au Journal officiel entre le 6 mars 2020 et le 11 juillet 2020. Ils réglementent les tarifs de ces produits jusqu'au 10 janvier 2021. 

Prix de vente au détail maximum toutes taxes comprises (TTC)
Contenance Prix par litre Prix unitaire par flacon
Jusqu'à 50 ml 35,17 € TTC 1,76 € TTC (50 ml maximum)
Plus de 50 ml jusqu'à 100 ml inclus 26,38 € TTC 2,64 € TTC (100 ml maximum)
Plus de 100 ml jusqu'à 300 ml inclus 14,68 € TTC 4,40 € TTC (300 ml maximum)
Plus de 300 ml 13,19 € TTC 13,19 € TTC (1 l maximum)

Tout vendeur ne respectant pas cette mesure pourra faire l'objet d'une contravention de 5e classe : 7 500 € d'amende par produit vendu, indique le gouvernement dans un communiqué du 16 juillet.

Prix plus élevé en pharmacie : un arrêté paru le 7 mars 2020 a autorisé les pharmacies à produire leur propre solution hydroalcoolique en cas de rupture de leur approvisionnement et dans les conditions recommandées par l'Organisation mondiale de la santé. Ainsi, un gel fabriqué en pharmacie peut être vendu au détail jusqu'entre 50 % et 30 % plus cher que le prix initialement fixé selon sa contenance. Par exemple, un flacon de 100 ml pourra être vendu au détail jusqu'à 3,96 €, un flacon d'1 l, 17,15 €.

Merci au Dr Sebastian Marciano, médecin aux Urgences médicales de Paris.