Prolapsus : symptômes et opération d'une descente d'organes

Grossesse, constipation... A la longue, les systèmes de soutien des organes pelviens peuvent lâcher : c'est la descente d'organes ou "prolapsus génital". Quels symptômes doivent alerter ? Que faire ? En quoi consiste l'opération ?

Prolapsus : symptômes et opération d'une descente d'organes
© hootie2710 - 123RF

Définition : qu'est-ce qu'une descente d'organes ?

La descente d'organes est un trouble gynécologique qui se traduit par le déplacement anormal d'un ou plusieurs organes du bassin (ou pelvis) chez la femme. Trois organes sont principalement concernés : l'utérus (cas le plus fréquent), l'urètre, la vessie et le rectum. "Le prolapsus de l'urètre est très rare et de cause différente", rassure le médecin généraliste. On parle de prolapsus lorsqu'un ou plusieurs de ces organes, normalement maintenus par des muscles et des ligaments, se déplace vers la cavité vaginale. Il existe plusieurs prolapsus génitaux selon le ou les organes déplacés, dont le cystocèle (descente de la vessie), le plus fréquent des prolapsus, le rectocèle (descente du rectum), et l'hystérocèle (descente de l'utérus).

Descente d'organes : les stades

  • Stade 0 : Pas de prolapsus
  • Stade 1 : Prolapsus intra-vaginal
  • Stade 2 : Le point le plus bas du prolapsus est à la vulve
  • Stade 3 : Le prolapsus commence à s'extérioriser
  • Stade 4 : Le prolapsus est entièrement extériorisé

Causes et mécanismes d'une descente d'organes

Les causes d'une descente d'organes peuvent être très variées. Tous les organes pelviens, utérus, vessie, rectum sont maintenus à leur place naturelle à la fois par des ligaments (qui solidarisent les organes entre eux) et par des muscles (les muscles du périnée qui ont un rôle de soutènement). A la défaveur de certains événements, il peut arriver que les ligaments s'étirent et/ou que les muscles se relâchent. Les organes sont ainsi désolidarisés les uns des autres. "L'âge, des grossesses répétées, un accouchement difficile, la ménopause, l'obésité ou encore une constipation chronique sont parmi les causes les plus répandues. D'autres mécanismes sont reconnus :  la toux chronique, des antécédents de chirurgie pelvienne, la présence de fibromes utérins ou encore le port répété d'objets lourds", précise le Dr Patrick Aubé.

Symptômes d'un prolapsus génital

En cas de cystocèle (descente de vessie) :

Un prolapsus génital peut entraîner différents types de symptômes, selon l'organe ou les organes concernés. En cas de cystocèle (descente de vessie) :

  • sensation de boule à la vulve,
  • gêne ou sensation de lourdeur du périnée,
  • difficulté à uriner avec jet faible et sensations de mal vider la vessie,
  • envies fréquentes et/ou impérieuses d'uriner,
  • infections urinaires à répétition (causées par une mauvaise vidange de la vessie).
Anatomie normale à gauche / Descente d'organes à droite © Peter Lamb - 123RF

En cas de hystérocèle (descente d'utérus) :

  • boule à la vulve,
  • dans les cas devenus rares de prolapsus extériorisé, on peut voir des petits saignements, une ulcération voire une infection de la muqueuse.

En cas de rectocèle (descente de rectum) :

La sensation de boule à la vulve peut également exister mais ce sont les symptômes rectaux qui prédominent :

  • constipation,
  • difficultés d'évacuation des selles,
  • petites fuites de matière fécale

Diagnostic : ECBU, examen de la vessie, échographie, IRM ?

Si vous ressentez régulièrement ce genre de symptômes, il faut consulter votre gynécologue qui pourra faire un diagnostic. L'idéal est de savoir surmonter les tabous liés aux gênes psychologiques (notamment sur la vie sexuelle) pour pouvoir trouver une solution adaptée et ne plus endurer ces douleurs au quotidien. D'où la nécessité de consulter pour traiter au plus vite la cause du problème et soigner les symptômes associés.  

Les examens complémentaires sont peu nombreux : "un examen cyto-bactériologique des urines (ECBU) à la recherche d'une infection urinaire ; un examen urodynamique est souvent demandé afin de clarifier les problèmes de vessie et de sphincter urinaire ; dans certains cas complexes comme les récidives après chirurgie, l'imagerie médicale (échographie, colpocystogramme, IRM pelvienne) peut être utile", souligne le médecin généraliste.

Descente d'organes : que faire ?

"Le traitement va varier en fonction du stade de prolapsus génital, de l'âge physiologique de la patiente et des plaintes qu'elle exprime", poursuit le Dr Patrick Aubé. Il existe des traitements dits conservateurs :

  • Modifier son hygiène de vie : perdre du poids si nécessaire, éviter les activités sportives brutales, privilégier la natation, traiter ou prévenir une constipation chronique.
  • La rééducation périnéale, pratiquée par un(e) kinésithérapeute ou une sage-femme, vise à renforcer la musculature périnéale et à ralentir l'évolution du prolapsus génital. Cette rééducation améliore le confort, surtout urinaire, et diminue les sensations de pesanteur intra-vaginale.
  • La mise en place d'un pessaire, un dispositif intra-vaginal le plus souvent en silicone, est plus ou moins abandonnée.

Descente d'organes : faut-il opérer ?

La cause à la base du prolapsus est évidemment traitée si possible (constipation, ménopause, etc.). Par contre, si le ou les organes sont déjà bien descendus, la seule alternative est l'opération chirurgicale. En quoi cela consiste ? Le but de l'intervention est de repositionner correctement la vessie, le vagin, l'utérus et le rectum dans le petit bassin et de compenser les défaillances du plancher pelvien (périnée) par le soutènement ou la suspension des organes. Cela consiste à poser une prothèse synthétique de renfort :

  • soit par voie abdominale , par coeliochirurgie, c'est la technique la plus souvent utilisée chez la femme jeune.
  • soit par voie vaginale, c'est la technique indiquée chez les femmes âgées ou en cas de contre-indication à la chirurgie par voie abdominale.
  • et en cas d'incontinence urinaire associée, un dispositif en treillis supplémentaire peut être inséré sous l'urètre (le conduit de sortie de la vessie).
  • "enfin s'il existe une pathologie utérine associée (fibrome), il arrive qu'une hystérectomie, ablation de l'utérus et des ovaires, soit indiquée", remarque le médecin généraliste. Et de préciser : "en revanche, rien d'efficace n'a été prouvé en ce qui concerne l'ostéopathie et les ceintures de maintien".

Merci au Dr Patrick Aubé, médecin généraliste auteur du livre 20 plantes médicinales pour se soigner tous les jours aux Editions Leduc.

Prolapsus : symptômes et opération d'une descente d'organes
Prolapsus : symptômes et opération d'une descente d'organes

Sommaire Définition Stades Causes et mécanismes Symptômes • Cystocèle • Hystérocèle • Rectocèle Diagnostic Que faire ? Opération Définition : qu'est-ce qu'une descente d'organes ? La descente...