Cul-de-sac de Douglas : rôle, anatomie, épanchement

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"Cul-de-sac de Douglas : rôle, anatomie, épanchement"

Le cul-de-sac de Douglas est un repli du péritoine en forme de cul-de-sac situé entre le rectum et l'utérus chez la femme et entre la vessie et le rectum chez l'homme. Cette zone du corps est accessible par le toucher rectal et le toucher vaginal, ce qui permet de diagnostiquer de nombreuses pathologies (appendicite, affections des trompes ou des ovaires…). Explications avec le Dr Elodie Chantalat, MCU-PH en anatomie et chirurgie gynécologique.

Définition : qu'est-ce que le cul-de-sac de Douglas ? 

Le cul-de-sac de Douglas est une membrane péritonéale qui tapisse la cavité abdominale, entre le rectum et l'utérus chez la femme, entre la vessie et le rectum chez l'homme. On parle également de cul-de-sac recto-utérin chez la femme, et de cul-de-sac recto-vésical chez l'homme. "Le péritoine est constitué de tissu conjonctif dense, explique le Dr Elodie Chantalat, MCU-PH en anatomie et chirurgie gynécologique. Il permet de maintenir les organes au sein de la cavité abdominale, et de les protéger contre les infections ". Il sécrète en outre des sérosités et peut se remplir de sang notamment en cas d'hémorragie. Dans ce cas, lors de son examen, qui se fait par toucher vaginal chez la femme et toucher rectal chez l'homme, ce geste peut provoquer une vive douleur. Un cri appelé "cri du Douglas", notamment chez la femme qui consulte pour une présomption de grossesse extra utérien (GEU) ou une infection des organes génitaux.

Rôle 

Constitué de tissu conjonctif dense, il a pour fonction de soutenir les organes et de lutter contre les infections comme les péritonites (inflammation du péritoine). 

Anatomie et localisation 

En anatomie, le cul-de-sac de Douglas est la partie la plus basse de la cavité péritonéale (abdomen). Il se trouve à une distance de 4 à 6 cm sous l'ombilic et à environ 7 mm au-dessus de l'orifice anal.

  • chez la femme, il est situé entre le rectum et l'utérus et séparé des fossettes ovariennes par les ligaments utérosacrés.
  • chez l'homme, il est situé entre le rectum et la vessie et est divisé par les vésicules séminales. 

Epanchement du cul-de-sac de Douglas

L'épanchement du cul-de-sac de Douglas peut avoir plusieurs causes : 

  • physiologique, avec du sang peu abondant ou du liquide péritonéale physiologique
  • pathologique : un hémopéritoine (un épanchement de sang) lié à une hémorragie intra péritonéale qui elle-même peut être liée à une cause gynécologique comme une GEU ou une rupture de kyste, ou digestive (tumeur, plaie par arme, AVP...)
  • un pneumopéritoine (épanchement gazeux) par perforation d'une anse digestive
  • un épanchement purulent (péritonite gynécologique avec salpingite, abcès tubaire ou ovarien, ou appendicite compliquée)

"La palpation du cul-de-sac de Douglas permet de confirmer un épanchement intrapéritonéal, un abcès ou une tumeur solide ", poursuit la spécialiste. La localisation d'un épanchement peut être confirmée par une échographie, et une ponction en précisera sa nature. "Chez la femme, le drainage du cul-de-sac peut se faire à travers le vagin (par voie trans-vaginale). Chez l'homme, cette opération se fait à travers la paroi antérieure du rectum (par voie transrectale) ".

Inflammation du cul-de-sac de Douglas

Pour une inflammation du cul-de-sac de Douglas, on parle de "douglassite". "C'est généralement le résultat d'un épanchement intrapéritonéal, de la présence d'une tumeur, d'une collection de sang venant d'une hémorragie causée par une GEU (grossesse extra-utérine) ou d'un abcès ", précise notre interlocutrice. Dans certains cas, le médecin peut être amené à pratiquer l'ablation du cul-de-sac de Douglas : c'est ce que l'on appelle la "douglassectomie". Cette opération est effectuée par laparotomie (ouverture de l'abdomen) ou par cœlioscopie.

Examens du cul-de-sac de Douglas

On accède au cul-de-sac de Douglas grâce au toucher rectal et au toucher vaginal. "En cas d'interventions chirurgicales, elles seront généralement mini-invasives, et sont effectuées par laparoscopie, cœlioscopie, par voie vaginale ou rectale ", conclut le Dr Chantalat.

Merci au Dr Elodie Chantalat, MCU-PH en anatomie et chirurgie gynécologique au CHU Rangueil et Oncopole de Toulouse.

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