Cœlioscopie : technique, indications, convalescence

Parce qu'elle permet d'accéder à l'intérieur de l'abdomen sans avoir à ouvrir le ventre en grand, la cœlioscopie est de plus en plus privilégiée, notamment dans les maladies digestives et gynécologiques. Comment se déroule-t-elle ? Quels sont ses risques ? Réponses avec le Dr Philippe Godeberge, gastro-entérologue, hépatologue et proctologue à Paris.

Cœlioscopie : technique, indications, convalescence
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Définition : qu'est-ce qu'une cœlioscopie ?

La cœlioscopie est une voie d'abord chirurgicale qui permet (entre autres) de ne pas être trop délabrant. Elle est souvent pratiquée pour des chirurgies abdominales et dans certains cas, une petite incision est pratiquée au niveau de l'abdomen. Des instruments chirurgicaux spéciaux et une optique reliée à une caméra sont introduits par l'ouverture. La cœlioscopie nécessite une anesthésie générale. La cœlioscopie diminue les risques et désagréments postopératoires ainsi que la taille de la cicatrice. "La cœlioscopie est une technique chirurgicale qui permet d'accéder aux organes dans le ventre sans avoir à ouvrir la paroi abdominale ", confirme le Dr Philippe Godeberge.

Indications : pourquoi prescrire une cœlioscopie ? 

  • Les chirurgies digestives :  l'ablation de la vésicule, de la rate, l'appendicectomie. Ensuite, il y a toutes les chirurgies du colon et du rectum mais aussi au niveau du foie. 
  • Les chirurgies gynécologiques : grossesse extra-utérine, ablation d'un kyste de l'ovaire, fibrome, hystérectomie, infection pelvienne, ovariectomie ou encore endométriose. 
  • La chirurgie bariatrique : la chirurgie qui vise à modifier le circuit digestif chez les patients en surpoids.  

Comment se déroule-t-elle ?

Sous anesthésie générale, le chirurgien effectue une incision d'environ 1cm, la plupart du temps dans la région du nombril, où il introduit un trocart par lequel il va injecter du gaz carbonique. Cela permet en gonflant le ventre, d'écarter la paroi abdominale du contenu de l'abdomen. C'est dans cet espace ainsi créé que le chirurgien peut opérer grâce à des instruments introduits à travers d'autres trocarts (2 à 5).  "La sortie de l'hôpital dépend de la nature de l'opération mais des interventions qui nécessitent plusieurs jours d'hospitalisation peuvent être réalisées sans même passer la nuit sur place (chirurgie ambulatoire) ", tient à préciser le spécialiste. 

Comment se préparer à une cœlioscopie ?

"La cœlioscopie ne nécessite pas de préparation spécifique ; tout dépend de ce que le chirurgien a prévu de faire ; le bénéfice réside aussi dans un post-opératoire simplifié avec moins de médicaments anti douleurs et un levé plus précoce ", explique le gastro-entérologue. 

Quels sont les risques ?

La dangerosité est liée à la chirurgie et non à la cœlioscopie. Cela supprime toutes les complications qu'on avait avec les grandes chirurgies, à savoir les éventrations, l'abcès de la paroi. Le temps d'hospitalisation est réduit, les douleurs post-opératoires sont moindres, il y a moins de risques de développer des adhérences dans le péritoine et on récupère beaucoup plus vite. "D'un point de vue esthétique, la majorité des cicatrices sont de petites incisions de 10mm aux endroits où on a passé les instruments et dans l'immense majorité des cas, au bout d'un an ou deux, on ne les verra plus ou très peu. Cela ne veut pas dire qu'on a pas de cicatrice mais qu'on les voit significativement moins ", souligne le spécialiste. 

Fait-elle mal ?

"En général, on essaye de minimiser au maximum les traumatismes en infiltrant la paroi abdominale avec des anesthésiques locaux. Dans les chirurgies importantes, il y a quand même un risque de réaction inflammatoire de l'abdomen qui peut faire mal ", rassure le Dr Philippe Godeberge. La présence d'air dans le ventre peut également entraîner des douleurs au diaphragme qui se répercutent sur les épaules et au niveau de l'omoplate mais généralement, cela dure moins de 24 heures. 

Quelles sont les contre-indications ?

Les contre-indications à la cœlioscopie se révèlent extrêmement rares. En réalité, ce sont les mêmes que pour n'importe quelle chirurgie sous anesthésie générale, à savoir une insuffisance respiratoire ou cardiaque.

Quelles précautions après une cœlioscopie ? 

Après une cœlioscopie, le ventre peut rester gonflé pendant quelques jours. La prise d'antalgiques permet d'atténuer les douleurs. Toutefois, en cas de troubles du transit ou d'apparition de fièvre, il est nécessaire de consulter en urgence, comme pour toute chirurgie. "D'ailleurs comme le geste peut sembler parfois très simple, il faut quand même limiter ses activités pour ne pas prendre de risque ", prévient le gastro-entérologue. 

Merci au Dr Philippe Godeberge, gastro-entérologue, hépatologue et proctologue à Paris.

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