Le point sur le Médiator 33 années de commercialisation paisibles

'médiator, sous-titre censuré' est le livre qui a déclenché l'affaire
"Médiator, sous-titre censuré" est le livre qui a déclenché l'affaire (disponible aux éditions Dialogue.fr, 15,90 euros) © Editions Dialogue.fr

L'affaire du Médiator fait grand bruit et tout n'a pas encore été révélé. 

1976 : Commercialisation du Médiator par les laboratoires Servier.

1997 : L'isoméride, un autre coupe faim destiné aux diabétiques, est retiré du marché car il provoque des problèmes cardiaques.

1999 : Retrait du Médiator en Italie.

2000 : Une étude américaine montre que le benfluorex (le principe actif du Médiator) et l'isoméride réagissent de la même façon dans le corps : ils se transforment en une molécule de norfenfluramine, un poison pour le cœur. 

30 novembre 2009 : Le Médiator est retiré de la vente par l'agence française de sécurité sanitaire et des produits de santé (Afssaps).

3 juin 2010 : Sortie du livre "Médiator, combien de morts ?", renommé "Médiator, sous-titre censuré" après décision de justice sur demande des laboratoires Servier, écrit par le Dr Irène Frachon, pneumologue à Brest.  

17 septembre 2010 : Le laboratoire Servier est condamné à 210 000 euros de dommages et intérêts à une patiente se plaignant de graves problèmes cardiaques suite à la prise d'isoméride. La patiente avait aussi pris du Médiator, mais l'acte de condamnation ne l'implique pas dans le jugement.  

13 octobre 2010 : Une étude confidentielle de la caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam) est révélée par Le Figaro. L'étude estime que le Médiator serait responsable de 500 à 1000 morts en France.

16 novembre 2010 : Xavier Bertrand, ministre de la Santé souhaite que tous les patients ayant été traités par le Médiator consultent leur médecin. En même temps, l'Afssaps confirme le chiffre de 500 morts imputables au Médiator et conseille à tous les patients qui ont pris le médicament pendant au moins 3 mois de consulter.  

2 décembre 2010 : Maître Charles Joseph-Oudin, l'avocat de victimes du Médiator, déclare que le comité technique de pharmacovigilance de l'Afssaps et l'Agence du médicament avaient dès 1998 des doutes sur le lien entre l'isoméride et le Médiator. De plus, la Haute autorité de santé (Has) déclare que dès 1999 elle s'était prononcée contre le remboursement du Médiator, jugeant qu'il ne présentait pas d'intérêt médical.

18 décembre 2010 : Une étude de l'Afssaps évalue à 1000 à 2000 morts dues au Médiator.

28 décembre 2010 : Le Figaro révèle que l'Agence du médicament avait été saisie du dossier Médiator dès 1998 par l'Assurance maladie de Bourgogne qui, à l'époque, remettait en cause l'efficacité et la sécurité du médicament.

6 janvier 2011 : Jacques Servier, président et fondateur des laboratoires qui portent son nom, déclare que "Le Médiator, ce n'est que trois morts".

11 janvier 2011 : Révélation qu'une étude sur la dangerosité potentielle du Médiator a été demandée en 1999 par l'Agence européenne du médicament aux laboratoires Servier qui l'auraient rendue en 2001. Les autorités françaises n'en auraient pas eu connaissance. Plus d'une centaine de plaintes ont été déposées contre le laboratoire et de nombreuses autres sont en attente.

16 janvier 2011 : L'Inspection générale des affaires sociales (Igas) rend son rapport au ministère de la Santé, mettant en cause les laboratoires Servier qui seraient à l'origine de pressions pour maintenir le Médiator en vente. L'Igas conclut aussi que le retrait de commercialisation aurait du intervenir 10 ans plus tôt et que le nombre de décès est estimé à 500 à 2 000 personnes, selon l'Afssaps. Xavier Bertrand, le ministre de la Santé, quant à lui, affirme que les victimes seront indemnisées rapidement et que le système de sécurité sanitaire sera refondé pour aboutir à une indépendance totale entre les instances jugeant les médicaments et les laboratoires pharmaceutiques qui, jusqu'ici, finançaient l'Afssaps.

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