Mycose vaginale : comment la reconnaître et soigner les démangeaisons

C'est l'une des infections vaginales la plus fréquente chez la femme : la mycose vaginale est causée par un développement de champignons microscopiques. Il s'agit le plus souvent du Candida albicans, présent normalement en très faible quantité dans le vagin.

Définition 

La mycose vaginale est due à un champignon, le plus fréquent est le candida albicans. C'est l'infection vaginale la plus courante, elle n'est pas grave, mais doit être traitée. Il existe deux types d'infections du vagin

  • Il y a la mycose, qui se caractérise par une démangeaison de la vulve et du vagin (cela peut ne toucher que l'un des deux), des pertes blanchâtres et épaisses (qui font penser à du lait caillé) et des douleurs lors des rapports sexuels et de la miction. Celle-ci est due à un champignon du nom de candida albicans, explique le docteur Philippe Deruelle, gynécologue et secrétaire général du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF).
  • Il y a aussi la vaginose. Elle se caractérise par des pertes jaunâtres/verdâtres et odorantes (souvent une odeur de poisson). Il s'agit là d'une infection bactérienne : les "bonnes" bactéries du vagin sont en moins grand nombre que les mauvaises bactéries, ce qui provoque un déséquilibre de la flore vaginale.

Causes

Les mycoses et les vaginoses peuvent être causées par différents facteurs. L'utilisation d'un savon trop agressif, une irritation de la muqueuse vaginale, des protège-slips qui assèchent la vulve, la prise d'antibiotiques, une hygiène locale trop importante, certaines pilules contraceptives ou encore du stress… D'autres causes, plus sérieuses peuvent intervenir, comme du diabète, une infection sexuellement transmissible, une diminution de l'immunité suite à certaines maladies. Mais ne paniquez pas, la plupart du temps, la cause est bénigne.

Mode de transmission

La mycose et la vaginose ne sont pas des maladies sexuellement transmissibles (MST) explique le gynécologue Philippe Deruelle. Elles ne sont pas vraiment transmissibles d'ailleurs : une femme peut la transmettre à son partenaire masculin, mais en général il ne s'en rendra pas compte. La mycose se développe davantage chez une femme que chez un homme. Le risque principal est que l'homme la retransmette ensuite à sa partenaire. La vaginose est strictement personnelle, elle peut embêter le partenaire (aspect, odeur) mais dans la mesure où c'est un déséquilibre de la flore, elle ne concerne que la personne touchée.

Quand consulter ?

"En cas de gêne au niveau du vagin, il vaut mieux consulter le plus vite possible", selon le docteur Deruelle. Si la mycose et la vaginose ne sont pas des infections graves, elles doivent être traitées rapidement pour éviter des désagréments plus importants.

Traitements

En terme de traitements, il existe plusieurs possibilités. En cas de mycose, une crème pour éviter les démangeaisons peut être prescrite, un antifongique pour lutter contre le champignon ou encore, si l'infection s'aggrave, des antibiotiques. Quoi qu'il en soit, votre gynécologue adaptera son traitement à votre type d'infection. Si vous ne parvenez pas à aller chez le gynécologue assez rapidement, vous pouvez obtenir un ovule (capsule à insérer dans le vagin) sans ordonnance en pharmacie.

Pour les vaginoses, il faut reconstruire la flore vaginale. On fait une cure de probiotiques pour réensemencer la flore en lactobacilles (bonnes bactéries pour le vagin). Cela permet de rééquilibrer son PH et de renforcer ses mécanismes de défenses. Les lactobacilles permettent de former un biofilm protecteur dans le vagin qui le défend contre les agressions internes et externes.

Comment les prévenir ?

"Pour éviter les mycoses ou vaginoses, il faut faire attention à sa toilette intime. Evitez les gels douches qui sont corrosifs, optez plutôt pour un lavant doux sans savon, limitez le nombre de douches et surtout ne faites que des toilettes intimes externes. Portez des sous-vêtements dans lesquels vous êtes à l'aise, pas trop serrée", conseille le docteur Deruelle.

Merci au Dr Philippe Deruelle, gynécologue et secrétaire général du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF).

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