Comment arrêter de fumer grâce à l'hypnose ?

Pour se libérer du tabac, de plus en plus de fumeurs se tournent vers l'hypnose. Tout le monde peut-il être réceptif ?Comment marche cette méthode ? Combien de séances faut-il faire ? Quels sont les prix ? Tout savoir avec le docteur Jean-Marc Benhaiem, hypnothérapeute.

Définition : en quoi consiste l'hypnose ?

L'hypnose médicale intéresse de plus en plus aujourd'hui les malades, mais aussi les praticiens. Grâce au mécanisme de la suggestion, il est possible d'améliorer sa vie quotidienne grâce à l'hypnose : elle permet de se libérer d'une addiction, mais aussi du stress, d'une phobie ou de problèmes de sommeil. "L'hypnose n'a pas vocation à soigner des maladies, mais la relation que nous avons à notre corps. Ainsi, on peut se libérer du tabac, de l'alcool, ou d'une drogue, en modifiant la perception que nous avons de ces substances", explique ainsi le docteur Jean-Marc Benhaiem, directeur de l'Association Française pour l'Etude de l'Hypnose Médicale et auteur de "Hypnose-toi toi-même" . Pour le tabac, "cette approche vise à modifier le rapport du fumeur à la cigarette en prenant appui sur ses croyances ou ses rituels ", détaille-t-il. L'hypnothérapeute va donc s'appuyer sur les croyances et les habitudes du patient pour les modifier, les déconstruire : " Pour les addictions spécifiquement, le patient se trouve dans une perception restreinte. Il se dit : '"Le tabac, c'est convivial, c'est mon antistress, c'est ma pause'. Il ne se visualise que les bons côtés, pas le côté 'accro' ni les dangers. Il en a conscience, mais n'arrive pas à les prendre en compte", explique le docteur. "On va donc lui permettre d'ouvrir sa perception. Le patient aura alors un déclic, il va se dire : 'Donc je calme mon stress avec une plante mortelle'. Il sera de nouveau capable de voir tous les éléments, et donc de changer", explique-t-il.

Indications : pour qui ?

Pour le docteur Benhaiem, tout le monde peut guérir en s'aidant de l'hypnose : " Au fond, ce qui est important, c'est vraiment de vouloir changer. Une personne qui a déjà fait la démarche d'aller voir un hypnothérapeute a déjà commencé son autohypnose ", avance-t-il. "Au contraire, pour quelqu'un qui a été poussé par un proche, mais qui ne veut pas vraiment arrêter, ça ne peut pas bien fonctionner." Quand la personne a eu le déclic, le rôle du praticien est donc d'accompagner la personne dans ce changement, pas seulement pas l'hypnose, mais aussi par le côté thérapie. Bien sûr, le patient peut s'aider d'autres techniques : "Il y a des personnes chez qui avoir quelque chose dans la main est très important, ils peuvent donc associer l'hypnose à la cigarette électronique. Mais cela dépend du caractère de la personne", explique l'hypnothérapeute.

Comment se passe une séance ?

  • Pour commencer, lors d'un premier rendez-vous, le praticien et le patient discutent des attentes de celui-ci. L'hypnothérapeute doit voir si la décision de la personne est solide ou pas. Il cherche également à comprendre quel est son rapport au tabac, ses habitudes, mais aussi ce qui le dérange le plus dans son addiction. "Chez un patient qui en a marre du goût du tabac, on va utiliser ce sens pour que le patient ressente la nausée", détaille-t-il. Chez certaines personnes, la motivation va être le coût de plus en plus élevé du paquet, pour d'autres encore, le risque de mourir.
  • Après avoir travaillé sur ce point, si la personne est vraiment motivée, la séance de l'hypnose arrive. " On demande à la personne de s'installer confortablement, et on s'appuie sur ce qu'elle nous a dit" explique l'hypnothérapeute. Pour la personne qui en a marre du goût du tabac, il lui demandera de se remémorer cette sensation de "bouche pâteuse", pour ceux chez qui le tabac permet de relâcher la pression, on leur demandera de se remémorer cette sensation de soulagement… "Le patient est toujours bien installé dans le fauteuil et ferme les yeux. Il est en train d'entrer dans un état d'esprit, il ressent des choses. Ensuite, dans une deuxième étape, si le tabac l'étouffe, on va lui faire ressentir la respiration. Si ça l'inquiète, on va lui faire ressentir le soulagement maintenant que la menace est partie, s'il se sent prisonnier, on va lui faire visualiser ce que c'est que d'être libre du tabac, etc." Il s'agit de désidéaliser la relation avec le tabac. Le patient va se dire "je n'ai plus tellement de plaisir" et dès que le déclic se fait, la personne a de nouveau la capacité d'arrêter. "Ensuite, le manque sera progressivement calmé par le corps. C'est une grande découverte des années 70 : on sait que nous fabriquons ces fameuses endorphines, cette dopamine et cette sérotonine. Pour preuve, les fumeurs arrivent bien à dormir huit heures par nuit sans fumer, ils arrivent bien à ne pas fumer pendant 10 heures dans un avion dès qu'ils sont motivés", explique le médecin, rappelant qu'il y a 18% de patients qui arrivent à arrêter tout seuls.

Combien de séances ?

Une séance ou deux séances sont souvent suffisantes, selon les dires de notre interlocuteur. "Si le patient n'est pas encore réellement libéré de son addiction, ou qu'il a besoin d'une autre étape, il revient encore une fois, et, en général, c'est suffisant", explique le docteur.

Efficacité

Quand le patient est vraiment motivé, une séance d'hypnose (après une séance de discussion avec le praticien) peut s'avérer très efficace. Certains pourront avoir besoin d'associer cette méthode avec une cigarette électronique par exemple, ou pourront avoir besoin d'autres séances. Tout dépend de la personnalité et des habitudes du patient : "Il doit avant tout se sentir libre de pouvoir revenir nous voir quand il le veut", ajoute le praticien.

Le coût de la cigarette dépasse les 3000 euros par an.

Risques éventuels ?

Si l'on s'adresse à un praticien qui a les compétences nécessaires, mais aussi les qualités humaines requises pour ce type de thérapie, il n'y a aucun risque à pratiquer l'hypnothérapie. "Mais avant de contacter un hypnothérapeute, il faut bien s'assurer des diplômes et de l'expérience de celui-ci" conseille notre interlocuteur. Ainsi, assurez-vous de contacter un vrai professionnel de santé, que ce soit docteur ou même une sage-femme qui s'est ensuite formée à l'hypnose thérapeutique. "C'est un soin de santé qui ne doit pas être improvisé", insiste notre interlocuteur.

Contre-indications

Il n'y a pas vraiment de contre-indication à la pratique de l'hypnose médicale : " Simplement, il faut être prudent face aux patients qui font des délires psychotiques – et c'est le travail du médecin. Cela ne concerne qu'un patient sur 500, mais il faut tout de même vérifier ses antécédents psychiatriques, et y aller doucement ", précise-t-il.

Prix d'une séance et remboursement

Les honoraires d'un hypnothérapeute sont libres – cela signifie que le praticien fixe lui-même ses prix, ils ne sont pas encadrés et en général pas remboursés. Une séance se chiffre souvent à une, voire plusieurs centaines d'euros. Mais si l'on compare avec le coût de la cigarette dans une vie, le patient s'y retrouve facilement. Pour rappel, au rythme d'un paquet par jour, le coût de la cigarette dépasse les 3000 euros par an.

Comment arrêter de fumer grâce à l'hypnose ?
Comment arrêter de fumer grâce à l'hypnose ?

Sommaire Définition Indication Déroulé d'une séance Combien de séances ? Efficacité Risques Contre-indication Prix, remboursement Définition : en quoi consiste l'hypnose ? L'hypnose médicale intéresse...