Test de Fagerström : définition, déroulé, résultats

Plusieurs tests permettent de mesurer la dépendance psychique et comportementale au tabac. Le questionnaire de Fagerström permet d'évaluer le degré de dépendance tabagique. Comment interpréter son score ? Comment arrêter de fumer en fonction de ce score ? Le point avec Bertrand Dautzenberg, ancien pneumologue des hôpitaux de Paris et tabacologue à l'institut Arthur Vernes.

Test de Fagerström : définition, déroulé, résultats
© Andrea De Martin

Définition : qu'est-ce que le test de Fagerström ?

Le test de Fagerström évalue la dépendance physique d'un fumeur à la cigarette et à la nicotine à l'aide de six questions. Les scores obtenus varient entre 0 et 10, établissant plusieurs degrés de dépendance, de la plus faible à la plus forte. Les résultats obtenus permettent d'adapter les traitements qui seront proposés pour aider à arrêter de fumer.

Indications : quand le faire ?

N'importe qui peut réaliser le test de Fagerström n'importe quand. "Il est disponible en ligne ou sur des brochures de substituts nicotiniques en pharmacie", précise Bertrand Dautzenberg. Le test de Fagerström est un bon indicateur et s'adresse à n'importe quel fumeur qui veut savoir où il en est par rapport à la cigarette et évaluer sa dépendance.

Quel est le déroulé de ce test ?

Le test de Fagerström comporte six questions :

1 - Dans quel délai, après le réveil, fumez-vous votre première cigarette ?

  • moins de 5 minutes : 3 points
  • de 6 à 30 minutes : 2 points
  • de 31 à 60 minutes : 1 point
  • plus d'une heure : 0 point

2 - Avez-vous des difficultés à ne pas fumer dans les endroits interdits (cinéma, bibliothèque...) ?

  • Oui : 1 point
  • Non : 0 point  

3 - Quelle cigarette est la plus indispensable pour vous ?

  • La première de la journée : 1 point
  • Une autre : 0 point

4 - Combien de cigarettes fumez-vous par jour ?

  • Moins de 10 = 0 point
  • 11 à 20 = 1 point
  • 21 à 30 = 2 points
  • 31 ou plus  = 3 points

5 - Fumez-vous lorsque que vous êtes malade ?

  • Oui : 1 point
  • Non : 0 point

6 - Fumez-vous à intervalles plus rapprochés durant les premières heures de la matinée que durant le reste de la journée ?

  • Oui : 1 point
  • Non : 0 point

Test simplifié de Fagerström

  • Combien de temps après vous être réveillé fumez-vous votre première cigarette ?
  • Combien de cigarettes par jour fumez-vous ?

"Avec ces deux réponses on a à peu près la réponse au test de Fagerström", explique Bertrand Dautzenberg. Les réponses à ces deux questions sont en effet les plus révélatrices de la dépendance à la nicotine. "Quand je reçois un patient en consultation, je pose les deux questions du test court de Fagerström et je connais la dépendance du patient", poursuit le spécialiste.

Comment interpréter ses résultats ?

'Combien de temps après vous être réveillé fumez-vous votre première cigarette ?' : "Cette première question est la plus importante du test car elle mesure le temps qu'on peut rester sans nicotine. Ceux qui prennent leur cigarette cinq minutes après le réveil ont en général commencé à fumer vers l'âge de 15 ans. Ils présentent une dépendance physique importante et ont dans leur organisme un nombre considérable de récepteurs nicotiniques, dont ils sont malgré eux victimes", analyse notre expert."Les autres, ceux qui fument pas le matin, ne fument pas dehors quand il pleut, quand ils sont malades... Ils ont une dépendance physique beaucoup moins forte et relève davantage d'une dépendance psycho-comportementale. Chez un fumeur régulier, les cigarettes prises dans l'heure du lever sont quasiment toujours de la dépendance physique", déclare le tabacologue.

Quelles sont les méthodes recommandées en fonction du score ?

Plus le score d'un fumeur au test de Fagerström est élevé, plus il aura du mal à arrêter de fumer seul.

→ "A partir de 3 ou 4 au test de Fagerström, je conseille vivement de se faire aider d'un spécialiste pour arrêter. Plus le score au test de Fagerström est élevé plus vous êtes une victime du tabac. Vous êtes victime (et non coupable) de la dépendance tabagique, une maladie mortelle, que l'assurance maladie prend en charge", insiste Bertrand Dautzenberg. "Celui qui fume au réveil doit se faire aider pour éviter la souffrance et les fortes prises de poids en le faisant tout seul. Il faut réduire le besoins en saturant les récepteurs par les médicaments de l'arrêt (substituts nicotinique ou varénicline). Arrêter de fumer après avoir réduit la dépendance nicotinique et donc réduit le nombre de cigarette et les rendre moins bonnes permet un arrêt confortable dans de bonnes conditions. Avec les substituts nicotiniques, notamment les patchs de nicotine, on fait du sur-mesure, donc il faut se faire accompagner pour savoir comment les utiliser et monter les doses pour saturer vos récepteurs", explique-t-il.

En dessous de 3 ou 4 au test de Fagerström, on peut envisager d'arrêter de fumer sans aide. "Je conseille quand même d'être suivi pour réussir plus facilement à analyser les choses, comme on le fait pour une personne qui ne fume plus que 4 ou 5 cigarettes par jour avec une bonne saturation des récepteurs nicotiniques. Il faut analyser pourquoi cette personne allume une cigarette, si elle est bonne jusqu'au bout et pourquoi il la fume. C'est à ce moment-là qu'on aborde le domaine psychologique et l'addiction comportementale", conclut Bertrand Dautzenberg.

Merci à Bertrand Dautzenberg, ancien pneumologue des hôpitaux de Paris et tabacologue à l'institut Arthur Vernes à Paris.