Dépistage organisé du cancer du col de l'utérus : qui est concerné ? Pourquoi ?

C'est officiel, toutes les femmes entre 25 et 65 ans sont invitées dès 2019 à faire un frottis, gratuitement, tous les 3 ans.

Dépistage organisé du cancer du col de l'utérus : qui est concerné ? Pourquoi ?
© Denis Ismagilov - 123 RF

[Mis à jour le 6/02/19] Toutes les femmes âgées entre 25 et 65 ans pourront désormais bénéficier d'un dépistage du cancer du col de l'utérus, intégralement remboursé par l'Assurance maladie. Dans les prochaines semaines, chacune d'entre elle recevra un courrier leur proposant de réaliser deux premiers tests de dépistage "normaux" espacé d'un an, puis un dépistage tous les trois ans. Cette généralisation s'inscrit dans le cadre du "Plan Cancer 2014-2019" et s'ajoute ainsi aux deux programmes existants (cancer du sein et cancer colorectal)L'occasion de rappeler que si la réalisation d'un frottis du col de l'utérus était déjà recommandée, 40 % des femmes n'en font pas régulièrement. Pourtant, son rôle est essentiel pour détecter les lésions précancéreuses et cancéreuses du col, afin de les traiter (si besoin) le plus tôt possible. En effet, "un repérage précoce des lésions précancéreuses permet d'éviter le développement d'un cancer", souligne le dossier de presse "Plan Priorité Prévention", diffusé en mars 2018 par le ministère de la Santé.

Quelles femmes sont concernées ?

Concrètement, chaque femme de 25 à 65 ans pourra désormais bénéficier d'un dépistage régulier, tous les trois ans, du cancer du col utérin. Celles n'ayant pas réalisé de frottis dans les trois dernières années seront invitées à le faire, avec une prise en charge à 100 % du frottis par l'Assurance maladie. "La première vague d'invitation au dépistage devrait concerner les femmes de plus de 50 ans, en particulier celles qui n'ont encore jamais fait de frottis", rapportait jeudi 10 janvier 2109 le Dr Christine Bergeron, anatomo-cyto-pathologiste et vice-présidente de la Société française de colposcopie et de pathologie cervico-vaginale (SFCPCV) lors d'un congrès. Rappelons que le dépistage permet, d'une part, d'identifier et de traiter des lésions précancéreuses avant qu'elles n'évoluent vers un cancer et, d'autre part, de détecter des cancers à un stade précoce, dont le pronostic est bien meilleur qu'à un stade avancé. Même vaccinée contre les papillomavirus, cet examen est indispensable. De fait, le vaccin ne protège pas de tous les papillomavirus. Enfin, quel que soit son âge, l'absence de rapports sexuels ne dispense pas d'un dépistage régulier. 

Pourquoi un dépistage organisé ? 

L'objectif est d'atteindre les femmes ne réalisant pas de frottis tous les trois ans et parvenir à une couverture générale de 80 %. Grâce à un dépistage organisé, les femmes ménopausées seront ainsi davantage surveillées. En effet, après 55 ans, une femme sur deux ne fait pas de frottis, contre une femme sur trois avant cet âge. Or les frottis demeurent utiles, même après la ménopause. En effet, les anomalies liées aux papillomavirus humains (HPV) évoluent lentement et peuvent donc être diagnostiquées de nombreuses années plus tard (jusqu'à 30 ans). Autre population cible, les femmes de catégories socio-économiques les moins favorisées ou habitant certains départements à faible densité médicale. "49% des femmes bénéficiaires de la CMU-C ne font pas de frottis régulièrement, de même que 61 % des femmes résidant dans des lieux considérés comme les plus défavorisés", précisait l'Inca en 2017.

Comment ? Pour l'heure, près de 9 frottis sur 10 sont réalisés par les gynécologues à l'occasion des visites gynécologiques de routine. S'ils ne pratiquent pas eux-mêmes le frottis, les médecins généralistes peuvent toutefois orienter leurs patientes vers un autre professionnel de santé ou une autre structure pratiquant cet examen (centres de santé, laboratoires d'analyses avec une prescription médicale, centres d'examens de santé dans le cadre du bilan de santé, centres de planification). Les sages-femmes peuvent également effectuer cet examen avant, pendant et après la grossesse. A noter qu'un quart des femmes enceintes ne font pas de frottis, pourtant recommandé durant la grossesse s'il n'a pas été réalisé dans les 2 à 3 ans précédents.

Le cancer du col de l'utérus touche 3 000 femmes chaque année

Le cancer du col de l'utérus est un cancer qui démarre après une infection au virus HPV que 80 % des femmes rencontrent au début de leur vie sexuelle. Il s'agit d'une infection banale et sans complication, qui disparaît spontanément. Il arrive, plus rarement, dans environ 5 % des cas, que ce virus provoque des lésions génitales, mais qui vont régresser spontanément. L'évolution vers les lésions précancéreuses est très rare (on les détecte chez moins de 1 % des femmes), mais environ 60 % d'entre elles peuvent évoluer vers un cancer. En France, 3 000 femmes développent chaque année un cancer du col et 1 100 en décèdent. 

Pour prévenir le cancer du col de l'utérus, 2 dispositifs complémentaires sont donc proposées aux femmes :

  • un examen de dépistage, le frottis du col de l'utérus, à partir de 25 ans, qui permet de dépister des lésions précancéreuses et des cancers à un stade permettant plus facilement la guérison ;
  • un vaccin avant 19 ans contre le principal facteur de risque de ce cancer, le papillomavirus. Alors qu'il est régulièrement perçu comme nocif et inefficace, ce vaccin contre le HPV demeure "sûr, efficace et essentiel pour éliminer le cancer du col de l'utérus", a rappelé l'Organisation mondiale de la Santé dans un communiqué publié le lundi 4 février 2019. 

La vaccination, bientôt élargie aux garçons ?

C'est ce que recommandent une vingtaine de pays comme l'Australie ou la Suède. La France, pays dans lequel la vaccination est préconisée seulement aux jeunes filles (et aux jeunes hommes homosexuels), est en train de réfléchir à la possibilité d'étendre cette recommandation à tous les jeunes garçons. L'objectif ? Augmenter la couverture vaccinale et éviter le développement de certains cancers de la gorge ou de l'anus par exemple, pouvant être induits par ces mêmes papillomavirus. 

  • En savoir plus : Cancer de l'utérus, les réponses à vos questions sur le site de l'Inca.
  • En vidéo : comment se passe le dépistage du cancer de l'utérus ?

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