Pollution de l'air : causes, conséquence, quelles solutions ?

40 000 décès prématurés par an sont causés par la pollution de l'air aux particules fines en France, selon Santé publique France. La pollution se définit par une modification de la composition de l'air par des polluants nuisibles à la santé et à l'environnement. Causes, conséquences, définition et conseils.

Pollution de l'air : causes, conséquence, quelles solutions ?
© 123rf-torwai

40 000 décès prématurés par an sont causés par la pollution de l'air aux particules fines en France, selon Santé publique France. Les effets de la pollution atmosphérique sur la santé sont donc avérés. Or, les concentrations de particules et d'oxydes d'azote dépassent les normes européennes dans plusieurs agglomérations. Quelles sont les causes de la pollution dehors ? Que faire ? Qui est particulièrement à risque ? Définition et conseils.

"Recosanté" : un nouvel outil officiel à découvrir

A l'occasion de la Journée nationale de la qualité de l'air du 14 octobre 2021, le ministère de la Transition Ecologique a créé le service Recosanté pour aider les citoyens à connaître la qualité de l'air dans leur ville. Quatre outils sont proposés sur le site : 

  • un tableau de bord pour accéder aux données sur la qualité de l'environnement autour de soi,
  • des informations à recevoir sous forme d'alerte par email ou notification,
  • une lettre d'information numérique hebdomadaire qui propose des recommandations pour comprendre son environnement et protéger sa santé,
  • un simulateur pour afficher les indicateurs environnementaux selon la localisation (qualité de l'air, risque d'allergie aux pollens, indice UV, vigilance météorologique). 

C'est quoi la pollution de l'air ?

La pollution se définit par une modification de la composition de l'air par des polluants nuisibles à la santé et à l'environnement. On distingue deux familles de polluant ; les polluants primaires (directement issus des sources de pollutions : monoxyde d'azote, dioxyde de soufre, monoxyde de carbone, particules (ou poussières), métaux lourds, composés organiques volatils, hydrocarbures aromatiques polycycliques) et les polluants secondaires (formés par une transformation chimique des polluants primaires : ozone, dioxyde d'azote, particules). En France, la surveillance de la qualité de l'air est obligatoire depuis 1996. Un réseau d'environ 600 stations et 1 800 points de mesure surveille dans chaque région la concentration de 12 polluants atmosphériques.

Qu'est-ce qu'une particule fine ?

Appelée également PM (de l'anglais Particulate Matter), les  particules fines correspondent à des particules de très petites taille en suspensions dans l'air. On retrouve les PM10 et les PM2,5, dont la taille est inférieure à 10 et à 2,5 micromètre, respectivement. La très petite taille des particules fines, notamment des PM2,5, leur permet de passer au travers des alvéoles pulmonaires et de rejoindre la circulation sanguine. Les particules fines augmentent le risque de développer une maladie coronarienne, notamment par l'épaississement de la paroi des artères. Au niveau du système respiratoire, elles causent une réaction inflammatoire qui peut alors provoquer ou aggraver les réactions allergiques et l'asthme. 

Quelles sont les causes de pollution ?

Trois polluants sont particulièrement problématiques dans l'air car ils dépassent souvent les normes autorisées :

► les oxydes d'azote émis lors de la combustion des moteurs thermiques des véhicules, chauffage, production d'électricité.

► les particules fines PM10 et PM2.5 issues des combustions et de l'industrie manufacturière. Le chauffage biomasse est le premier émetteur de particules, spécifiquement en période hivernale. L'agriculture et les transports émettent aussi des polluants qui peuvent se transformer en particules secondaires.

► l'ozone (O3) produit dans l'atmosphère sous l'effet du rayonnement solaire par des réactions entre certains polluants primaires.

Sources principales de pollution de l'air
Sources de pollution de l'air par polluants © Ministère de la Transition Ecologique

Quels sont les seuils de référence ?

L'OMS a révisé ses lignes directrices pour les principaux polluants de l'atmosphère en septembre 2021 afin de mieux protéger la santé des populations de la pollution de l'air ambiant.

SEUIL DE REFERENCE DE L'OMS pour les polluants de l'air
Seuils de référence OMS des polluants de l'air en 2021 vs 2005 © OMS-Santé Publique France

μg = microgramme 
a 99ème percentile (3 à 4 jours de dépassement par an). 
b Moyenne de la concentration moyenne journalière maximale d'O3 sur 8 heures au cours des six mois consécutifs où la concentration moyenne d'O3 a été la plus élevée. 

Quelles conséquences sur la santé ?

L'être humain a besoin de 12000 à 15000 litres d'air quotidiennement pour vivre. Les polluants présents dans l'air ont des effets directs sur la santé qu'ils pénètrent dans l'organisme par voie respiratoire, digestive (via l'alimentation) ou cutanée. Leurs effets dépendent de la composition chimique des polluants, de la taille des particules, de nos caractéristiques (âge, sexe…), du mode de vie (tabagisme…) et de l'état de santé. Selon Santé publique France, l'exposition à la pollution de l'air ambiant par les particules fines (PM2,5) représente en moyenne pour les personnes âgées de 30 ans et plus une perte d'espérance de vie de près de 8 mois et chaque année près de 40 000 décès peuvent être attribués à cette exposition en France. Parmi les conséquences de la pollution de l'air : 

Schéma relatif à la pénétration des particules dans l’organisme (réalisé sur la base d’un dessin du Dr J. Harkema)
Schéma relatif à la pénétration des particules dans l'organisme (réalisé sur la base d'un dessin du Dr J. Harkema) © ANSP
  • irritations oculaires, crises d'asthme,
  • des effets cardiovasculaires (athérosclérose...) pouvant conduire à un décès prématuré.
  • le développement de maladies telles que le diabète et les maladies neurodégénératives,
  • le développement de cancer : en 2013, la pollution de l'air extérieur a été classée cancérigène par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). 
  • des effets indésirables pendant la grossesse et à la naissance (faible poids à la naissance, naissance prématurée…),
  • des maladies respiratoires chez l'enfant telles que l'asthme.

Quelles sont les personnes à risque ?

Certaines personnes sont plus vulnérables ou plus sensibles que d'autres à la pollution de l'air, du fait de leur capital santé ou de leur âge. Par rapport à la population générale, les personnes vulnérables ou sensibles à la pollution de l'air vont présenter plus rapidement ou plus fortement des symptômes si elles sont exposées à la pollution. Les populations vulnérables et sensibles à la pollution de l'air ont été définies dans l'arrêté du 20 août 2014.

Personnes vulnérables à la pollution Personnes sensibles à la pollution

Femmes enceintes

Nourrissons et jeunes enfants

Personnes de plus de 65 ans

Personnes souffrant de maladies cardiovasculaires

Insuffisants cardiaques ou respiratoires

Asthmatiques.

Personnes se reconnaissant comme sensibles lors des pics de pollution et/ou dont les symptômes apparaissent ou sont amplifiés lors des pics (par exemple : personnes diabétiques, personnes immunodéprimées, personnes souffrant d'affections neurologiques ou à risque cardiaque, respiratoire, infectieux).

Comment se protéger ?

Pour améliorer la qualité de l'air, il faut réduire les émissions de polluants atmosphériques. Parmi les options possibles : 

Pour les déplacements : 

  • Privilégier la marche, le vélo et les transports en commun plutôt que la voiture ou le 2 roues.
  • Choisir le covoiturage
  • Entretenir son véhicule, vérifier la pression des pneus
  • Pratiquer l'écoconduite (vitesse souple et réduite, usage modéré de la climatisation…).
  • Acheter un véhicule faiblement émetteur et l'identifier grâce au certificat qualité de l'air, Crit'Air.

Pour se chauffer à la maison : 

  • Choisir un appareil performant (chaudière à condensation, label Flamme verte...)
  • Isoler son logement et réduire la température
  • Faire entretenir son appareil de chauffage
  • Utiliser un combustible de qualité (bois sec et non traité)

Au jardin : ne pas brûler ses déchets verts à l'air libre ou dans des incinérateurs (c'est interdit). Opter plutôt pour le compostage, le paillage ou le broyage, les apporter en déchèterie ou les jeter lors des collectes dédiées dans la ville.

Pour les travaux : Utiliser des peintures, des vernis et des colles émettant moins de polluants.

Sources : 

Mieux respirer, c'est ça l'idée ! Ministère de la Transition Ecologique. Juin 2021.

Pollution de l'air : l'OMS révise ses seuils de référence pour les principaux polluants atmosphériques. Santé Publique France. 22 septembre 2021.

WHO 2021 Air quality guidelines: Global update 2021.

Air extérieur et santé. Direction générale de la Santé. Septembre 2016.

WHO 2006, Air quality guidelines: Global update 2005

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