Fer : rôle, carence, dosage dans le sang, aliments, cure

Essentiel au transport de l'oxygène et à la formation des globules rouges dans le sang, le fer est un constituant de l'hémoglobine. Quand et comment faire un dosage ? Une cure ? Que faire en cas de carence ? De surdosage ? Quelles conséquences ? Le point avec le Dr Éric Atlani, médecin généraliste.

Fer : rôle, carence, dosage dans le sang, aliments, cure
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Définition : qu'est-ce que le fer ?

"Le fer est un oligo-élément qui circule dans le plasma ou qui peut être stocké dans les organes, définit le Dr Éric Atlani, médecin généraliste à Cannes. Il faut distinguer chez le patient lambda le fer sérique, qui désigne le taux de fer qui n'est pas fixé aux globules rouges mais qui est en circulation dans le plasma, et la ferritine, une protéine permettant le stockage du fer, et qui correspond aux réserves en fer du patient". Parfois, lorsqu'on analyse le fer chez un patient, "le fer sérique peut être élevé, mais le stockage (les réserves en fer) est un peu bas", précise-t-il.

Le fer héminique est le fer "ferreux" en provenance des aliments d'origine animale comme la viande, la volaille, les abats et les poissons. Il est associé à l'hémoglobine et la myoglobine, et représente environ 70% du fer présent dans l'organisme ;

► Le fer non-héminique est présent dans les végétaux : céréales, fruits, légumes, œufs, spiruline. 1 à 10% de ce fer seulement est absorbé par l'organisme.

Quel est son rôle pour l'organisme ?

Le corps humain ne fabrique pas naturellement de fer.

Le fer est un constituant de l'hémoglobine. Il sert à transporter l'oxygène par le biais des globules rouges dans tous les organes dits "nobles" (le cerveau, les reins, le cœur, les muscles...). Son rôle est donc essentiel. "Il faut savoir que le corps humain ne fabrique pas naturellement de fer. Son taux dans le corps dépend donc des apports et de l'utilisation du fer. C'est pour cela qu'il peut exister beaucoup de carences en fer", indique-t-il. 

Quels besoins quotidiens ? 

"De manière générale, les besoins en fer chez se situent entre 10 et 20 mg d'apports journaliers chez les hommes et les femmes, et au-dessus de 20 mg chez les femmes enceintes, les femmes qui ont des règles abondantes et chez les sportifs réguliers", observe le Dr Atlani. Chez les enfants, les besoins en fer se situent entre 6 et 10 mg par jour. En 2016, les références nutritionnelles de la population adulte ont été mises à jour* et sont estimées à exactement 11 mg/j pour :

  • L'homme ;
  • La femme ayant des pertes menstruelles faibles ou normales (80% de la population féminine non ménopausée) ;
  • La femme ménopausée et à 16 mg/j pour la femme non ménopausée ayant des pertes menstruelles élevées. 

Comment doser le fer ? 

"Le dosage du fer sérique (circulant dans le plasma) se fait grâce à une prise de sang", déclare le Dr Atlani. Il est également possible de réaliser une biopsie du foie pour avoir une notion du taux de fer dans le foie - ou encore de réaliser une IRM hépatique. Dans la vie de tous les jours cependant, la prise de sang est la plus courante. "Les deux derniers examens sont prescrits lorsqu'il existe un soupçon d'hémochromatose (maladie génétique caractérisée par une hyperabsorption intestinale de fer)".

Quand faire un dosage de fer ?

"On commence souvent par un dosage de ferritine simple pour regarder les réserves en fer. Si les réserves sont basses, ainsi que l'hémoglobine aussi, il existe un soupçon d'anémie ferriprive (diminution du nombre de globules rouges dans le sang ou de leur teneur en hémoglobine)", décrit le Dr Atlani, Dans ce cas, on réalise la plupart du temps :

Un dosage du fer sérique ;

Un dosage de la transferrine (pour connaître le coefficient de saturation, qui donne une bonne idée du transport du sang).

"Je préfère demander un dosage de ferritine dans tous mes bilans standards. Avec les régimes alimentaires comme le végétarisme ou le véganisme, de plus en plus adoptés par une partie de la population, il peut exister des carences en fer qu'il faut surveiller", observe notre interlocuteur.

Carence en fer : conséquences, que faire ?

"Le fer étant un constituant de l'hémoglobine, si le fer manque, cette dernière ne peut donc pas transporter efficacement l'oxygène", note le médecin. Une carence en fer peut se manifester par les symptômes suivants :

  • Fatigue (premier signe du manque de fer) ;
  • Lenteur idéatoire (impression de perdre ses capacités intellectuelles, manque de mots, de concentration…) ;
  • Dyspnée (essoufflement) ;
  • Pâleur notamment dans l'anémie ferriprive ;
  • Hypotension orthostatique (lors du passage de la position assise ou allongée à la position debout) ;
  • Baisse de libido chez certains patients ;
  • Phanères plus fragiles (pertes de cheveux surtout chez les femmes, ongles qui vont casser) ;
  • Prurit : les gens se grattent car ils ont la peau sèche, c'est une des conséquences d'une carence en fer ;
  • Saignements réguliers plus abondants (hémorroïdes, règles…) surtout dans le cadre d'une anémie ferrique.

Surcharge en fer : conséquences, que faire ?

Lorsqu'il existe une surcharge en fer, cela signifie que le fer est trop abondant dans le sang. "La principale cause recherchée est l'hémochromatose - le principal organe touché par cette maladie génétique étant le foie, on réalise une biopsie du foie ou une IRM hépatique. Il peut être possible de repérer une surcharge en fer grâce à une anomalie de la fonction hépatique, mais sinon, il n'y a pas de symptômes particuliers comme pour une carence en fer". Les seuls traitements de la surcharge en fer chez un porteur du gène de l'hémochromatose consistent en la surveillance ainsi que les saignées. "Souvent, la surcharge en fer est une découverte fortuite, ou bien il existe des antécédents familiaux d'hémochromatose qui ont motivé le dosage de ferritine", ajoute-t-il.

Quand faire une cure de fer ?

Une cure de fer est réalisée lorsqu'une carence en fer est diagnostiquée. La prise de médicaments à base de fer dure entre deux et trois mois. "Il faut au moins un mois pour que tout se mette en place, et bien deux mois pour faire les recharges de fer", explique le Dr Atlani. À noter que les médicaments à base de fer colorent les selles, il ne faut donc pas s'inquiéter si constatez ce phénomène. 

Quels sont les aliments riches en fer ?

Le thé vert fait perdre le fer, le thé noir en diminue l'absorption

  • La viande rouge, surtout le boudin noir cuit, le foie d'agneau… ;
  • Le foie de volaille ;
  • Le poisson et les fruits de mer (palourde, bulot…) ;
  • Les céréales (lentilles sèche, germes de blé, haricot blanc cuit ou sec…) ;
  • La spiruline ;
  • Les épices (romarin, sauge, curry...).

"Certaines substances, au contraire, diminuent le transit du fer : on peut citer le café par exemple, ou certains thés (le thé vert fait perdre le fer, le thé noir en diminue l'absorption). Il faut savoir que la vitamine C améliore l'absorption de fer. Il est donc conseillé de manger des aliments riches en vitamine C, comme le cassis, le chou, le persil, le citron, le poivron, le brocoli…", explique notre interlocuteur.

Fer pendant la grossesse

Pendant la grossesse, le volume sanguin augmente. La femme enceinte a donc besoin de plus de fer pour que ses organes fonctionnent correctement. "La consommation de fer sérique est plus importante chez la femme enceinte, indique le Dr Atlani. La moindre carence en fer peut aggraver des phénomènes d'hypotension orthostatique, d'essoufflement, de vertiges, de fatigue, etc.". En cas de carence en fer pendant la grossesse, une supplémentation en fer est prescrite par le médecin, souvent à partir du cinquième mois.

Merci au Dr Éric Atlani, médecin généraliste à Cannes.

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