Médicament et drogue : mélanges à risque, dangers, que faire ?

Une drogue est une substance qui modifie la perception des choses, les émotions et la façon de se comporter. Associer drogues et médicaments n'est pas sans danger. Quels risques ? Quels symptômes et quelles précautions prendre ? Eclairage de Jean-Baptiste Lirot, chef de projet marketing pharmacien.

Médicament et drogue : mélanges à risque, dangers, que faire ?
©  stanislauv

Médicament ou drogue : quelle différence ? 

La frontière entre médicament et drogue est étroite. Une substance est reconnue comme médicament si elle est intéressante du point de vue de la santé. En revanche, une drogue est une substance qui est utilisée pour le plaisir et les loisirs. "On distingue 3 grandes familles de drogues", explique Jean-Baptiste Lirot, chef de projet marketing pharmacien :

  • Les substances stimulantes, qui donnent une sensation d'éveil ou d'énergie en stimulant le système nerveux central,
  • Les substances dépressives, qui engourdissent en ralentissant le fonctionnement du corps.
  • Les substances perturbatrices, qui modifient les sensations et les perceptions de la réalité à cause d'une modification des fonctions psychiques.

Quels dangers en cas de mélange ? 

Certaines personnes prennent des médicaments en même temps qu'une drogue. Ce type de mélange peut être dangereux et peut provoquer des effets souvent sérieux. "Les plus perceptibles peuvent être des anomalies du rythme cardiaque (arythmie, palpitations…), des difficultés respiratoires, des convulsions, des hallucinations ou encore une transpiration excessive", détaille notre interlocuteur.

Quels signes d'alerte ? 

Les signaux d'alertes sont souvent imprévisibles et dépendants du dosage ainsi que du type de substances. "Les plus perceptibles peuvent être des anomalies du rythme cardiaque (arythmie, palpitations…), des difficultés respiratoires, des convulsions, des hallucinations ou encore une transpiration excessive, détaille notre interlocuteur. Les effets peuvent cependant être plus discrets mais pas moins ravageurs sur le foie qui élimine la molécule thérapeutique et la drogue récréative. Notamment en cas de prise d'un traitement antiviral (Trithérapie contre le VIH) qui possède de nombreuses interactions à risque avec des diverses drogues (héroïne, cocaïne, ecstasy etc.) ".

Mélanger un médicament stimulant et une drogue stimulante potentialise les effets au risque de les décupler

Quels mélanges éviter ? 

Tout mélange est à éviter par mesure de précaution, pour sa santé immédiate mais également pour éviter de causer des lésions irréparables pour certains organes comme le foie ou les reins. "Cependant les mélanges entre drogue et médicaments ayant les mêmes propriétés sont fréquents et dangereux. Ainsi, mélanger un médicament stimulant et une drogue de la catégorie des stimulants potentialise les effets au risque de les décupler". Par exemple, le mélange cocaïne-amphétamines, accentue les effets de stimulation du système nerveux central, ce qui potentialise les risques d'hyperthermie, de déshydratation et de problèmes cardiaques. Un autre exemple connu est la prise d'alcool en étant sous traitement antibiotique. "Bien qu'une majorité des antibiotiques comme l'amoxicilline ne présentent pas d'interaction directe avec l'alcool, certains en possède comme les céphalosporines ou les molécules comme le métronidazole. En outre, l'alcool agressant les parois digestives, il peut occasionner des nausées et des vomissements compromettant la bonne absorption du traitement".

Quelles précautions prendre ? 

"La meilleure des précautions est d'éviter tout mélange de substances récréatives et thérapeutiques, insiste notre spécialiste. Néanmoins en cas de dépendance, il est important de ne pas être seul afin de pouvoir recevoir de l'aide. Pour la consommation d'alcool, le pharmacien peut expliquer au patient s'il est possible d'en consommer avec le traitement, sans oublier la modération".

Que faire en cas de mélange dangereux ?

"Bien souvent, si le mélange est dangereux les effets risquent d'empêcher la victime de réagir seule correctement à la situation, conclut Jean-Baptiste Lirot. Si vous êtes témoin d'effets indésirables ou de complications, vous pouvez contacter votre centre antipoison le plus proche ou d'appeler les services de secours au 15 et placer la victime en position latérale de sécurité. Veiller également à parler à la personne pour la rassurer et éviter une perte de connaissance".

Merci à Jean-Baptiste Lirot, chef de projet marketing pharmacien au sein du groupement Leadersanté.

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