Pensée sauvage : bienfaits et effets secondaires

Jolie violette tricolore, la pensée sauvage est la fleur des problèmes de peau : de l'acné juvénile, de l'eczéma et du psoriasis dont elle soulage les démangeaisons. Elle traite aussi les croûtes de lait des tout-petits et convient en cas de rhumatisme. Comment la prendre pour éviter sa toxicité ? Réponses avec Frédérique Laurent, naturopathe.

Pensée sauvage : bienfaits et effets secondaires
© Alp Aksoy-123RF

Nom de la plante

La pensée sauvage ou violette des champs, herbe de la Trinité ou violette tricolore de son nom latin Viola tricolor, est une plante herbacée annuelle, pluriannuelle ou vivace qui appartient à la famille des violacées. Elle est reconnaissable par ses fleurs violettes, au cœur blanc et jaune. Originaire d'Europe, d'Afrique du Nord et d'Asie, elle a également été introduite au Québec et pousse sur les prés et prairies rases, les terres en friche, ou à proximité des berges de fleuves et rivières.

Parties utilisées de la plante

Les fleurs et la partie aérienne de la plante sont utilisées en phytothérapie.

Bienfaits

La pensée sauvage possède des propriétés anti-inflammatoires utilisées "en dermatologie contre l'eczéma, l'impétigo, l'acné, le prurit, le psoriasis. Elle permet de traiter les séborrhées du cuir chevelu chez les enfants" décrit Frédérique Laurent, naturopathe. Cet effet anti-inflammatoire, combiné à ses propriétés diurétiques la recommande en rhumatologie : "dans le traitement des rhumatismes, de la goutte, et pour améliorer la circulation en cas d'artériosclérose et d'œdème généralisé. Elle peut également servir au foie en cas d'insuffisance hépatobiliaire." La plante contient aussi des tanins, des flavonoïdes, des anthocyanosides et des mucilages, qui lui confèrent des effets adoucissants à mettre à profit en cas d'affections pulmonaires, d'asthme et pour calmer la toux. Enfin, "la pensée sauvage est bénéfique aux diabétiques, aux hommes souffrant d'un adénome de la prostate, et l'usage populaire de cette plante la recommande aux femmes en cas de leucorrhée." 

Pensée sauvage et peau

Les fleurs de pensée sauvage contiennent de l'acide salicylique et ses dérivés (violutoside) responsables des effets anti-inflammatoires utilisés en dermatologie : "en traitement d'appoint contre l'eczéma infantile, les dartres, l'impétigo, l'acné juvénile et les boutons, le prurit (démangeaisons), les dermatoses", précise la spécialiste. En usage externe, en application locale, elle est utilisée pour "traiter les croûtes de lait chez le bébé, les séborrhées du cuir chevelu chez les enfants (dans le cadre de dermatite séborrhéiques légères)."

Pensée sauvage et psoriasis

La pensée sauvage est bénéfique en cas de problèmes cutanés, et notamment sur le psoriasis grâce à ses propriétés adoucissantes, anti-démangeaisons, et ses vertus dépuratives.

Posologie : tisane, infusion...

  • "En infusion : 40 à 60 g de plante séchée par litre d'eau bouillante. Laisser macérer à froid pendant 2 heures, puis porter à ébullition. Ôter du feu et laisser infuser pendant 10 minutes. Prendre 3 à 4 tasses par jour.
  • En infusion ou décoction de la plante fraîche : 20 à 50 g par litre d'eau bouillante. Procéder comme pour l'infusion.
  • En suc frais : 50 g de suc frais par jour.
  • En sirop : 3 g de plante entière pour 50 ml d'eau et 50 g de sucre.
  • En alimentation : les fleurs et feuilles de la pensée sauvage peuvent être consommées en salade."
  • En extrait sec : se conformer à la posologie indiquée sur le produit.
  • En extrait de plantes fraîches : se conformer à la posologie indiquée sur le produit.
  • En macération sur les croûtes de lait : pendant la nuit faire macérer 4 à 8 g de plante dans 250 ml d'eau chaude. Le lendemain, faire bouillir, passer, laisser tiédir et appliquer en compresse sur les zones concernées.

Cure de pensée sauvage : indications, posologie

"La cure de pensée sauvage n'a pas d'intérêt particulier. Il est préférable de l'utiliser ponctuellement, en cas de besoin."

Dangers

"La pensée sauvage ne doit pas être utilisée par voie orale chez les enfants de moins de 7 ans" avertit la naturopathe.

Précautions et contre-indications

L'usage de pensée sauvage est contre-indiqué en cas de plaies ouvertes et de problèmes cutanés étendus. Si vous êtes sous traitement médicamenteux, prenez soin de le préciser à votre médecin ou à votre pharmacien avant de vous faire prescrire un traitement phytothérapeutique. Ces conseils ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien. Si les symptômes persistent ou s'aggravent, il convient de consulter rapidement son médecin traitant.

Effets secondaires indésirables

"A forte dose la pensée sauvage est vomitive chez l'enfant comme chez l'adulte. Elle est contre-indiquée aux femmes enceintes et allaitantes" signale la spécialiste.

Une plante toxique ?

Il faut éviter de consommer la pensée sauvage fraîche, car elle peut se révéler légèrement toxique.

Merci à Frédérique Laurent, naturopathe à Annecy et auteure de plusieurs ouvrages aux éditions LEducs dont " 1000 ordonnances naturopathiques".

Phytothérapie