GHB : effets, composition, test dans le sang

Le GHB (acide GammaHydroxyButyrique) est une drogue de synthèse aux propriétés sédatives et amnésiantes. Autorisé en médecine pour le traitement de la narcolepsie (trouble du sommeil chronique) et comme anesthésiant avant une opération, il est aussi de plus en plus pris comme drogue... On l'appelle "drogue du viol".

GHB : effets, composition, test dans le sang
© Richard Villalon-123RF

Définition

Le GHB (acide GammaHydroxyButyrique) appelé aussi "liquid ecstasy", "drogue du viol" ou du "violeur" se présente sous forme d'une poudre blanche soluble ou de liquide incolore, inodore et sans goût. Il est conditionné dans de petites fioles en verre ou en plastique. Il peut être versé, à l'insu d'une personne, dans une boisson, sans en changer l'aspect. Il se consomme en grande majorité par voie orale mais il peut aussi être injecté (mode de consommation plus marginal). Le GHB est une drogue classée comme stupéfiant, exception faite des préparations injectables réservées à un usage hospitalier.

GHB et GBL : quelle différence ?

Le GBL (Gamma-butyrolactone) est un compostant du GHB. C'est un produit chimique utilisé comme solvant-décapant par l'industrie. Il se transforme dans le corps, après absorption, principalement en GHB. C'est pourquoi on dit que le GBL un précurseur du GHB, et qu'ils ont les mêmes effets.

Prix

Son prix se situe entre 10 et 20 euros le demi-litre, ce qui en fait une drogue accessible, parfois moins chère que l'alcool.

Composition

Le GHB est un produit de synthèse qui se compose de deux substances : la Gamma-butyrolactone (GBL) et le 1,4 butanediol (1,4-BD). Le GBL est utilisé comme solvant dans l'industrie des peintures. Quant au 1,4-BD, il se présente sous la forme d'un liquide visqueux incolore utilisé dans des industries chimiques pour produire des résines et du polyester. Lorsqu'elles sont ingérées, ces substances sont converties en GHB par l'organisme.

Effets

Les effets varient selon le consommateur, le contexte de consommation, la quantité et la qualité de GHB. Ils durent environ 1 heure, seulement 15 à 30 minutes après l'absorption. Le premier effet est souvent celui d'une sensation de chaleur et d'ivresse comparable à celle de l'alcool. Pour des doses faibles à modérées, le consommateur ressent un sentiment de quiétude, une légère euphorie et une désinhibition. À forte dose, les effets du GHB sont ceux d'un somnifère puissant avec un risque de coma.

Effets secondaires

Les effets secondaires du GHB peuvent apparaître dès les plus petites doses avec un risque de surdosage. Il s'agit principalement de symptômes physiques comme des maux de tête, des vertiges, une sensation d'étourdissement, une hypersalivation, des nausées, des vomissements et de la somnolence. Une confusion et une amnésie peuvent apparaître en cas d'association avec l'alcool en particulier. Ils doivent alerter et nécessitent une prise en charge médicale rapide. Certains sportifs utilisent aussi le GHB pour stimuler leur développement musculaire car il facilite la libération de l'hormone de croissance. Le GHB est le plus souvent consommé dans les milieux festifs mais son utilisation peut aussi être détournée à des fins illégales à cause de son effet amnésiant et inducteur de sommeil. Il est souvent consommé avec de l'alcool ou d'autres drogues, augmentant ainsi les risques pour la santé.

Tests pour repérer le GHB dans le sang

Le GHB est dépistable dans le sang dans certains laboratoires d'analyses spécialisés. Il est présent pendant moins de 12 heures dans les urines et quelques heures dans le sang. Il est particulièrement difficile à détecter car il disparaît rapidement de l'organisme.

Signes de dépendance

La dépendance au GHB n'est pas établie scientifiquement et reste discutée. Les cas seraient rares car la substance ne serait pas très addictogène, c'est-à-dire qu'il n'y aurait pas ou peu d'accoutumance (besoin d'augmenter les doses pour avoir le même effet). Même si les sensations de quiétude, d'euphorie et d'ivresse peuvent inciter à renouveler les prises régulièrement, la consommation quotidienne reste marginale. Après une utilisation régulière, il est possible de ressentir un syndrome de sevrage sévère avec une forte angoisse, une agitation, des tremblements, des nausées et des vomissements.

Une prise en charge en addictologie est nécessaire,

Les symptômes peuvent aller jusqu'à une tachycardie, une insomnie et même des hallucinations et une psychose sévère nécessitant une prise en charge médicale en urgence.

Comment arrêter ?

Comme pour toute dépendance à un stupéfiant, une prise en charge en addictologie est nécessaire, que ce soit par un addictologue en libéral, à l'hôpital ou dans un CSAPA (Centres de Soin, d'Accompagnement et de Prévention en Addictologie). Il n'existe pas de traitement substitutif au GHB mais un traitement anxiolytique peut être prescrit si nécessaire, toujours en complément d'une psychothérapie. Certaines thérapies comme la TCC (Thérapie Cognitive et Comportementale) ont fait leur preuve dans ce type d'addition.

Mes conseils

Attention, le GHB est souvent présenté comme la "drogue du viol" suite à plusieurs affaires judiciaires dans lesquelles il était utilisé comme moyen de soumission chimique de la victime, même si son utilisation à des fins délictueuses reste marginale. Il peut être versé, à votre insu, dans une boisson, sans en changer l'aspect. Soyez donc prudent et attentif à votre boisson, en particulier en milieu festif. 

En savoir plus sur : Drogues Info Service 0800 23 13 13 (tous les jours de 8h à 2h, appel anonyme et gratuit depuis un poste fixe).