Chenille urticante : Covid-19, piqûres, durée des démangeaisons

Le printemps est le retour de la chenille processionnaire urticante à cause de ses poils susceptibles de provoquer des réactions allergiques chez l'homme. Dans le Grand Est, l'Agence régionale de Santé recommande de ne pas faire sécher son masque contre le Covid-19 dehors en cette période.

Chenille urticante : Covid-19, piqûres, durée des démangeaisons
© Francisco Javier Conejero Manzano - 123RF

[Mis à jour le mercredi 20 mai 2020 à 08h46] Dès le mois d'avril, les chenilles processionnaires urticantes font leur retour et vont aller s'enfouir sous la terre pour préparer la reproduction et la ponte de leurs oeufs à partir du mois de mai. Ces dernières années des épisodes de prolifération de chenilles processionnaires du pin et du chêne sont observés en France, particulièrement en Île-de-France (les Yvelines), dans les Vosges, en Moselle, en Aquitaine... Les communes y sont vigilantes et mettent rapidement en garde la population dès leur détection car elles peuvent entraîner de vives réactions allergiques à cause de leurs poils urticants, comme des éruptions cutanées, des démangeaisons, des œdèmes et des décollements de la rétine s'ils entrent en contact avec les yeux. On les redoute particulièrement chez les enfants et chez les animaux car elles sont à leur portée, sur l'herbe et à proximité des pins et des chênes. Dans un communiqué du 19 mai, l'ARS du Grand Est recommande de ne pas faire sécher en extérieur les masques respiratoires utilisés dans le cadre de l'épidémie de COVID-19. A quelle période faut-il faire le plus attention ? Quels sont les dangers d'une piqûre de chenille processionnaire ? Quel traitement pour la soulager ?

Définition : c'est quoi une chenille processionnaire ?

La chenille processionnaire est la larve d'un papillon de nuit. On rencontre en France deux types de chenilles processionnaires qui ont chacune leur cycle biologique :

chenille processionnaire du chêne
Chenille processionnaire du chêne © Ben Schonewille-123RF
  • la chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) : le cycle de reproduction dure 1 an. Les premières chenilles éclosent dès le mois d'octobre. Elles quittent leur nid vers mars-avril et se déplacent en se tenant les unes aux autres, en procession, vers le sol pour s'enfouir à quelques centimètres de profondeur et se transformer en nymphe puis en papillon au cours de l'été.
  • la chenille processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea) : Les œufs éclosent vers mars-avril. La chenille se déplace en fin de journée et la nuit en procession sur les feuilles pour se nourrir. Vers le mois de juin-juillet, les chenilles fabriquent leur nid au niveau du tronc et des branches les plus solides. Ce nid renfermera les chrysalides qui se métamorphoseront en papillon en août. Les papillons vont ensuite s'accoupler, pondre des œufs et donner naissance à de nouvelles chenilles urticantes. 

Période et saison de la chenille processionnaire

  • La chenille processionnaire du pin est urticante d'octobre à mars.
  • La chenille processionnaire du chêne est urticante d'avril à juin.

Carte de la chenille urticante en Ile-de-France

Carte communes ile-de-france chenilles processionnaires
Carte des communes colonisées par les chenilles urticantes en Ile-de-France © ARS Ile-de-France

Quels dangers en cas de contact ?

Chaque chenille possède des poils microscopiques volatiles qui contiennent une protéine urticante, la "thaumétopoéine". Ces poils s'accrochent facilement à la peau et aux muqueuses et peuvent provoquer diverses réactions chez l'homme : intenses démangeaisons de la peau, apparition de boutons, conjonctivites au niveau des yeux, toux d'irritation, maux de gorge. Plus gravement, le contact avec les poils d'une chenille processionnaire peut entraîner un choc anaphylactique avec : urticaire, œdème dans la bouche et la gorge, difficultés à respirer, hypotension, perte de connaissance. 

Même si la chenille est tuée, ses poils restent urticants. Ils peuvent voler dans les maisons, être dans les sols.

Que faire en cas de piqûres ?

En cas de contact avec la peau :

  • Retirer les vêtements avec des gants, les laver à fortes températures et les sécher au sèche-linge pour les débarrasser des poils.
  • Laver la zone touchée avec de l'eau et du savon.
  • "On peut éventuellement se servir de papier collant pour décrocher les poils urticants de la peau, un peu à la manière d'une épilation" indique l'Agence Régionale de Santé du Grand-Est.
  • Brosser les cheveux.
  • Consulter un médecin pour recevoir un traitement antihistaminique permettant de calmer les signes allergiques tels que les démangeaisons et l'éruption de boutons.

En cas de contact avec les yeux : rincer les yeux et consulter un ophtalmologue qui procédera à un examen minutieux pour décider des suites du traitement à administrer.

En cas de contact avec les voies respiratoires : consulter un médecin qui pourra prescrire les traitements indiqués en fonction des symptômes observés (antihistaminiques, corticoïdes).

En cas d'ingestion : boire un grand verre d'eau, consulter un médecin ou appeler directement le 15.

En cas de vomissements, de vertige et de fièvre, de difficultés respiratoires, d’œdème, consulter le service d'urgence le plus proche.

Comment se protéger des chenilles urticantes ?

Si un nid de chenilles processionnaires s'est installé dans votre jardin, sachez qu'il ne faut pas s'en approcher et encore moins les toucher. Il est aussi conseillé de :

  • Ne pas se promener sous un arbre porteur d'un nid.
  • Porter des vêtements couvrants lors de balades en forêt (manches longues, pantalons longs)
  • Eviter de se frotter les yeux en cas d'exposition mais aussi pendant et au retour d'une balade.
  • En cas de doute quant à une exposition aux poils des chenilles, prendre une douche et changer de vêtements en rentrant.
  • Si vous habitez à côté d'un arbre infesté : ne pas sécher le linge dehors surtout s'il y a du vent, laver soigneusement les fruits et légumes du jardin, faire attention en tondant la pelouse.
  • Ne pas laisser jouer les enfants à proximité d'un arbre infesté et à distance, les munir de vêtements protecteurs (voire chapeau et lunettes également). 
  • En présence d'un nid de chenilles processionnaires, ne cherchez pas à le détruire immédiatement et demandez conseil à des professionnels. Si vous avez un doute, ne secouez pas les branches de l'arbre et ne remuez pas le sol pour faire tomber l'éventuel nid. Ne consommez pas les fruits qui se trouveraient en-dessous.

Comment s'en débarrasser ?

Pour détruire les chenilles processionnaires, il y a plusieurs solutions :

  • Soit en détruisant leur nid, en suivant les conseils d'un professionnel ou en faisant appel à un spécialiste qui détruira le nid à votre place.
  • Soit en appliquant sur le nid un traitement adapté à base de Bacillus thuringiensis, un produit disponible dans les jardineries.
  • Soit en introduisant ses prédateurs naturels, grâce à des nichoirs, comme le coucou ou la mésange qui se nourrissent des larves de chenilles processionnaire.
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