Lumière bleue et santé : définition, sommeil, écran, dangers

Ampoules, télévision, smartphones et autres écrans... La lumière bleue émise par les LED est partout dans notre quotidien. Toutefois, elle endommagerait la rétine et favoriserait les troubles du sommeil. C'est quoi la lumière bleue ? Est-elle nocive ? Quels sont ses dangers ? Comment s'en protéger ? Conseils.

Lumière bleue et santé : définition, sommeil, écran, dangers
© Viacheslav Peretiatko - 123RF

Ecrans de télévision, ordinateurs, tablettes, smartphones, décorations lumineuses, jouets, robots de cuisine... La lumière bleue, émise par les dispositifs à LED, est partout ! Côté éclairage, nous sommes beaucoup à avoir troqué nos ampoules halogènes ou fluo-compactes contre des ampoules à LED, qui ne contiennent ni mercure ni gaz polluant et avec une durée de vie plus longue. Or, la lumière bleue serait nocive pour la rétine, perturberait les rythmes biologiques et le sommeil. L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) le confirmait dans une expertise présentée en septembre 2020, au regard des dernières connaissances scientifiques. Dans le cadre du quatrième plan national santé environnement (PNSE 4), Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique et Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé ont annoncé le 7 mai 2021 que l'Etat prévoyait d'interdire les lumières bleues les plus dangereuses dans les jouets des enfants. Quels sont les effets sur le sommeil ? Les yeux ? La rétine ? Comment s'en protéger ? Avec des lunettes anti lumière bleue ? Réponses. 

Définition : qu'est-ce que la lumière bleue ?

La lumière bleue est une lumière produite naturellement par le soleil, à une diffusion faible et constante, ce qui ne la rend pas dangereuse pour la santé. En revanche, elle est émise à plus forte intensité par les dispositifs à LED (les diodes électroluminescentes). Ces LED sont "des composants électroniques sources de lumière utilisées dans différents systèmes d'éclairage, rétro-éclairages d'écrans et objets lumineux", définit l'Anses. A l'origine, les LED n'existaient qu'en rouge, jaune et vert et ne servaient que de témoins lumineux pour les équipements électroniques (réveils, télécommandes, jouets...). Aujourd'hui, les LED utilisées pour éclairer sont bleues et recouvertes d'une couche de phosphore jaune, la combinaison jaune/bleu permet de créer une lumière blanche suffisamment intense. 

Ecrans, téléphone, soleil : où se trouve la lumière bleue ?

Sécrétée naturellement et à très faible intensité par le soleil, la lumière bleue est surtout émise par les dispositifs à LED. Elle représente environ un tiers de la lumière visible que l'on reçoit. Elle est présente dans :

  • les écrans : smartphones, ordinateurs, tablettes, télévisions...
  • les éclairages domestiques (ampoules LED, lampes...),
  • les éclairages publics,
  • les feux des véhicules,
  • les enseignes lumineuses.

Quels sont les dangers de la lumière bleue ?

Les ampoules ou les écrans à LED émettent des rayons de longueur d'onde variées, dont de la lumière bleue, une onde qui se situe juste avant les ultra-violets (entre 380 et 500 nanomètres). Puisque la lumière bleue n'est pas totalement filtrée par les yeux, elle peut être très nocive pour la santé, notamment le sommeil et la vue. 

Quels effets sur le sommeil ?

"Une exposition, même très faible, à de la lumière bleue le soir et la nuit, perturbe les rythmes biologiques et donc le sommeil", alerte l'Anses. Et ce, particulièrement chez les enfants et ados qui sont beaucoup exposés aux écrans (smartphones, tablettes, TV...) juste avant de s'endormir. Les plus jeunes constituent en effet une population très sensible car leur cristallin, encore en développement, n'est pas capable de filtrer totalement la lumière bleue. 

Quels effets sur les yeux ?

Plusieurs études scientifiques - dont l'une publiée dans la revue Nature en 2018 par des chercheurs américains - ont démontré que la lumière bleue, sur le long terme (plusieurs années à raison de 8 heures par jour), pouvait provoquer des lésions photochimiques au niveau de la rétine (membrane qui tapisse le fond du globe oculaire et qui reçoit reçoit les signaux lumineux) et du cristallin (lentille transparente, située juste derrière l'iris, qui a pour rôle de concentrer les rayons de lumière et de les projeter sur la rétine). Or, des photorécepteurs de la rétine endommagés ne peuvent pas se régénérer. Dans son avis, l'Anses confirme ces effets et indique qu'une exposition sur le court ou long terme à une lumière bleue :

Quelles sont les personnes les plus à risque ?

La lumière bleue est particulièrement nocive pour les personnes sensibles comme :

  • Les enfants et adolescents.
  • Les personnes sans cristallin ou porteuses d'un cristallin artificiel.
  • Les personnes atteintes de certaines maladies oculaires et cutanées.
  • Les personnes consommant des substances photo-sensibilisantes.

Comment se protéger de la lumière bleue ?

Pas d'éclairage de groupe 2 ou 3 à la maison !

Afin de limiter l'exposition de la population à la lumière bleue et au vu des résultats de son expertise, l'Anses a émis une série de recommandations pour se protéger des effets néfastes. 

  • Privilégiez des éclairages domestiques de type "blanc chaud" (température de couleur inférieure à 3 000 K) en optant pour un éclairage indirect ou en utilisant des diffuseurs : une lumière de couleur rouge-orangé favorise la relaxation et est idéale dans les espaces de vie comme le salon, la salle à manger, la cuisine et les chambres. 
  • Limitez l'usage des écrans à LED (téléphones, tablettes, ordinateurs, TV...) avant le coucher et pendant la nuit, particulièrement chez les enfants et adolescents. "L'écran émet de la lumière bleue et cela peut inhiber la sécrétion de mélatonine, l'hormone qui régule les cycles veille/sommeil d'un individu, nous explique le Dr François-Marie Caron, pédiatre. Concrètement, lorsqu'on regarde un écran juste avant de dormir, notre œil absorbe la lumière bleue, donne une fausse information au cerveau qui pense alors qu'il est en "plein jour". Conséquences : notre endormissement est retardé et la qualité de notre sommeil est altérée
  • Bannissez les écrans "une à deux heures avant de se coucher", recommande le Dr Marc Rey, neurologue spécialiste du sommeil et Président de l'InSV (Institut national du sommeil). 
  • Minimisez toutes les sources d'éclairage (écrans, voyants lumineux des appareils électroniques, éclairages urbains, veilleuses...) qui peuvent interrompre ou fragmenter le sommeil. Si vous n'avez pas de volets ou de rideaux occultants, vous pouvez porter un masque de nuit.
  • Optez pour des éclairages comportant la norme européenne EN 62 471 : la mention 0 (exempt de risque) ou 1 (risque faible) est obligatoire sur toutes les sources lumineuses et sur tous les appareils utilisant des lampes (lampes à incandescence, lampes halogènes, lampes fluocompactes, lampes sodium, iodures métallique, lampes à LED). Attention, elle ne l'est pas sur les éclairages portatifs (lampes torches, lampes frontales) ainsi que sur les smartphones, les ordinateurs, les tablettes ou les jouets pour enfants. Les éclairages les plus à risque (groupes 2 et 3) sont, quant à eux, réservés à des utilisations professionnelles dans des conditions garantissant la sécurité des travailleurs. Il ne faut pas les utiliser à la maison !
  • Baissez la luminosité des écrans et faites des pauses en cas de longues expositions aux écrans. 
  • Limitez l'intensité lumineuse des phares des véhicules, tout en respectant la sécurité routière. 

Que penser des lunettes anti lumière bleue ?

L'efficacité des lunettes anti lumière bleue n'a pas été prouvée.

Concernant les moyens de protection disponibles pour le grand public tels que les verres traités anti lumière bleue, les lunettes de protection ou les écrans spécifiques, l'Anses précise que leur efficacité contre les effets sur la rétine de la lumière bleue est très variable. Et surtout que "leur efficacité pour la préservation des rythmes circadiens n'est pas prouvée aujourd'hui", conclut l'Anses. Dans ce contexte, l'Agence souhaite la mise en place de normes définissant les critères de performance des équipements de protection pour la lumière bleue.

Lumière bleue contre l'acné : efficace, quels risques ?

Lumière bleue contre l'acné
Principe de la lumière bleue contre l'acné © Etude Low-level laser (light) therapy (LLLT) in skin - PubMed

Les traitements LED (luminothérapie) auraient une efficacité contre la réduction de l'acné. La lumière bleue agirait comme un antibactérien capable de s'attaquer à la bactérie (P. Acnes) responsable des boutons d'acné. Puisqu'elle est diffusée à faible intensité (à 400 nanomètres en moyenne) et en combinaison avec une lumière rouge qui favorise le processus de cicatrisation et qui réduit l'inflammation, elle ne serait pas nocive. Plusieurs études scientifiques vont dans ce sens (dont l'une publiée en 2013 sur PubMed). La lumière bleue agirait également sur les cicatrices, les rides ou encore la chute de cheveux (alopécie). Il convient toutefois d'en parler avec un dermatologue avant d'envisager ce type de traitement. 

Merci au Dr François-Marie Caron, pédiatre et au Dr Marc Rey, neurologue spécialiste du sommeil

Sources : Effets sanitaires des systèmes d'éclairage utilisant des diodes électroluminescentes, 7 septembre 2020, Anses / Effets sur la santé de l'exposition à la lumière bleue, 30 octobre 2019, Ministère de la Santé.

Sommeil