Saignement de nez : d'où vient-il et que faire pour l'arrêter ?

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"Saignement de nez : d'où vient-il et que faire pour l'arrêter ?"

Vous avez le nez qui saigne ? Votre enfant ? Pas de panique ! Généralement, ce type de saignement s'arrête rapidement en pratiquant les bons gestes. Quand il devient fréquent, il faut consulter pour en savoir plus. Zoom sur les causes et solutions en cas de saignement du nez avec nos médecins.

Définition

Le saignement de nez (aussi appelé épistaxis) est un trouble ORL généralement bénin, qui touche principalement les enfants de 2 à 10 ans et les adultes après 70 ans. Mais il peut concerner n'importe qui, à n'importe quel âge. Ce saignement traduit une lésion du réseau vasculaire qui irrigue la muqueuse nasale, le plus souvent au niveau d'une zone appelée "tache vasculaire". Généralement "un saignement s'arrête au bout de 5 minutes, comme les plaquettes arrivent très vite" explique le Dr Sebastian Marciano, médecin aux Urgences médicales de Paris. Plusieurs causes peuvent expliquer cette hémorragie, de la plus bénigne à la plus grave.

Causes

  • Le saignement peut survenir après un mouchage ou un éternuement un peu fort lors d'une rhino-pharyngite ou d'une sinusite par exemple.
  • Un changement de température brutale - surtout chez l'enfant - peut faire saigner du nez, par exemple quand on passe du froid à l'intérieur au chaud à l'extérieur.
  • Il peut également être provoqué par un traumatisme (comme un grattement) au niveau de la tache vasculaire, un traumatisme nasal avec ou sans fracture, ou même un effort violent.
  • La présence d'un corps étranger – notamment chez les jeunes enfants – peut également expliquer le saignement. À savoir que certains facteurs environnementaux (changement d'altitude, température froide, air sec, etc.) peuvent parfois être en cause.
  • "Le saignement ne résulte pas toujours d'un problème de muqueuse, ajoute le Docteur Richard Handschuh, généraliste. Il peut également provenir d'une anomalie vasculaire (défaut de coagulation, hypertension artérielle). 
  • Certains médicaments (anticoagulants, antiagrégants plaquettaires (aspirine), spray nasaux décongestionnants) peuvent faire saigner du nez : "Il suffit que la personne se mouche un peu fort ou qu'il fasse chaud pour qu'elle saigne du nez pendant une demi-heure, trois-quart d'heure, on est parfois obligé de les envoyer à l'hôpital pour les mécher plus profondément car il y a un risque d'anémie" explique le Dr Marciano.
  • "La consommation de drogue ou d'alcool peuvent également entraîner l'apparition d'un saignement. Si l'épistaxis est généralement bénin, les personnes souffrant d'alcoolisme devront être plus vigilantes face à ce symptôme, qui peut dans ce cas révéler un problème hépatique", précise le Docteur Handschuh.
  • "Il faut aussi faire attention à ce que l'air ne soit pas trop sec parce que la sécheresse des muqueuses favorise les saignements" explique le Dr Sebastian Marciano.

Une allergie ?

"Quand le saignement est chronique, on peut penser à l'allergie, poursuit le Dr Marciano. L'allergie en soi ne fait pas saigner du nez, c'est le fait de se moucher trop qui fait saigner." 

Une montée de stress

Une grosse montée de stress peut faire saigner du nez. "On voit d'ailleurs pas mal d'étudiants saigner du nez au moment du baccalauréat" fait remarquer le Dr Marciano. Pour cause, "une montée de stress, de tension vasodilate les vaisseaux sanguins". 

Un signe de cancer ORL ?

Cela peut arriver. "Quand il y a une tumeur, il y a une hyper-vascularisation, les artères sont fragilisées" explique le Dr Marciano. Quels types de cancer ? Le cancer du cavum (partie supérieure du pharynx) ou un cancer de la sphère ORL. "Un tabagique qui fume énormément ou qui inhale beaucoup de fumée a plus de risque de faire un cancer ORL. S'il saigne beaucoup du nez c'est un signe de cancer, poursuit le médecin. Un ébéniste, un menuisier ou quelqu'un qui travaille dans les produits chimiques et qui saigne du nez depuis une semaine, on va aussi rechercher un cancer.

Symptômes

Dans la plupart des cas, l'épistaxis est bénin : le saignement est peu abondant (goutte à goutte) et unilatéral. Il n'a en outre aucun impact sur l'état général de la personne. "Souvent, le saignement est surévalué, dans le sens où les personnes qui en sont atteintes oublient que l'écoulement ne contient pas que du sang, souligne le Docteur Handschuh. Le nez se met à couler par la même occasion, ce qui donne parfois une impression de flux abondant." En revanche, dans les cas les plus sévères, le saignement est abondant et touche les deux narines. L'écoulement peut aussi s'effectuer vers l'arrière (des caillots de sang sont alors observés dans les crachats) et altérer l'état général (pâleur, fatigue importante).

Comment arrêter un saignement de nez ?

En cas de saignement bénin, il faut :

  •  rester assis et garder la tête droite (ne surtout pas pencher la tête en arrière sinon le sang s'écoulera dans la gorge).
  • faire une compression bi-digitale c'est-à-dire appuyer non pas sur les narines mais sur le haut du nez car c'est là que se trouvent tous les vaisseaux, pendant au moins 2 minutes.
  • se moucher délicatement pour évacuer les caillots.
  • si le saignement continue, il est conseillé d'insérer une mèche hémostatique (type Coalgan) dans la narine pour permettre la coagulation.
  • au bout de 30 minutes, si le saignement ne s'arrête pas ou est très abondant, consulter un médecin ou aller aux Urgences.
  • en cas de sécheresse du nez, mettre une crème type Homéoplasmine à l'entrée du nez pour hydrater les muqueuses.

Quand consulter ?

Si le saignement de nez est sévère, s'il se répète fréquemment et/ou s'il dure longtemps, il est nécessaire de consulter rapidement un médecin pour en identifier précisément la cause, "s'il n'y a pas des polypes, une infection, plus rarement un cancer ORL" explique le Dr Marciano. Dans de rares cas, un saignement de nez peut révéler la présence d'une pathologie sous-jacente. La cautérisation de la tache vasculaire au cabinet médical est parfois envisagée en cas de saignements répétés, pour réduire le risque de récidive.

Merci aux Drs Sebastian Marciano des Urgences médicales de Paris et Richard Handschuh, médecin généraliste. 

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