Anti-inflammatoires stéroïdiens : liste, définition, des corticoides ?
Cortisone, prednisone, hydrocortisone : tout savoir sur les anti-inflammatoires stéroïdiens, leur utilisation et leurs précautions d'emploi avec le pharmacien Nicolas Vinel.
Les anti-inflammatoires sont des médicaments symptomatiques : ils ne luttent pas contre la cause d'une maladie, mais contre l'un de ses symptômes, l'inflammation. Cette réaction immunitaire face à une agression extérieure est tout à fait normale, mais elle peut s'avérer douloureuse et gênante.
C'est quoi un anti-inflammatoire stéroïdien ?
"Il existe deux grands types d'anti-inflammatoires, explique Nicolas Vinel, pharmacien dans le 11e arrondissement de Paris. Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens, parmi lesquels les plus connus sont l'aspirine ou l'ibuprofène. Les anti-inflammatoires stéroïdiens, eux, sont des corticoïdes, dérivés du cortisol et de la cortisone, et ont un effet plus puissant." Parmi les anti-inflammatoires stéroïdiens les plus utilisés, on trouve la prednisone, la prednisolone et la méthylprednisolone. D'autres molécules comme la bêtaméthasone ou la dexaméthasone ont un effet plus prolongé dans l'organisme.
Quelle est la différence entre les anti-inflammatoires stéroïdiens et non stéroïdiens ?
La différence principale est simple : les anti-inflammatoires stéroïdiens contiennent de la cortisone (ou des dérivés de cortisone appelés corticoïdes), contrairement aux anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l'ibuprofène ou l'aspirine qui n'en contiennent pas. La cortisone est beaucoup plus puissante pour lutter contre l'inflammation, mais elle entraîne aussi davantage d'effets secondaires. C'est pourquoi les corticoïdes sont généralement réservés aux inflammations sévères et nécessitent une prescription médicale, alors que de nombreux anti-inflammatoires non stéroïdiens sont disponibles sans ordonnance pour traiter les douleurs et inflammations du quotidien.
Mécanisme d'action : quels sont les effets des anti-inflammatoires stéroïdiens ?
Les anti-inflammatoires stéroïdiens agissent en imitant une hormone naturellement produite par notre organisme : le cortisol. Cette hormone, sécrétée par les glandes surrénales, joue le rôle d'anti-inflammatoire naturel en calmant les réactions inflammatoires face à une infection, une blessure ou une allergie. "Mais en cas de grosse infections, la sécrétion est insuffisante (pour contrôler l'inflammation NDLR)" explique le pharmacien. Les corticoïdes (prednisone, dexaméthasone...) sont donc des molécules fabriquées en laboratoire qui reproduisent la structure du cortisol, mais en version plus concentrée et plus efficace, avec un effet anti-inflammatoire beaucoup plus fort et rapide.
Liste et exemples d'anti-inflammatoires stéroïdiens
Les anti-inflammatoires stéroïdiens regroupent tous les médicaments à base de corticoïdes. On distingue principalement :
► Les glucocorticoïdes (les plus utilisés pour leur action anti-inflammatoire) :
- prednisone (ex : Cortancyl®)
- prednisolone (ex : Solupred®)
- methylprednisolone (ex : Medrol®, Solumédrol®)
- dexamethasone (ex : Decadron®, Neofordex®)
- betamethasone (ex : Célestène®, Diprostène®)
- hydrocortisone (formes locales ou injectables)
- triamcinolone (ex : Kenacort®)
► Les minéralocorticoïdes : principalement utilisés pour remplacer certaines hormones en cas d'insuffisance surrénalienne (Fludrocortisone - Florinef®).
► Certains corticoïdes peuvent également être associés à d'autres médicaments dans des formulations combinées :
- Célestamine® (corticoïde + antihistaminique)
- associations locales (crèmes, collyres, gouttes auriculaires…)
Quels effets secondaires ?
Les anti-inflammatoires stéroïdiens sont efficaces, "mais à long terme, il peut y avoir des effets secondaires" prévient le pharmacien. Les principaux sont des réactions cutanées comme une peau qui peau peut se fragiliser avec l'apparition de vergetures, d'une sécheresse de la peau, de difficultés pour cicatriser, mais également une prise de poids. "Il peut y avoir une tendance à gonfler des joues et une rétention d'eau", précise le pharmacien. Il y a également un risque plus élevé d'infections du fait de la diminution de l'immunité, des troubles digestifs (ulcères notamment), l'apparition ou l'aggravation d'un état diabétique, l'apparition ou l'augmentation d'une hypertension artérielle. "A plus haute dose et sur le long terme, on peut avoir des troubles de la vision (voire une cataracte) et une fragilisation des os liée à l'ostéoporose." Il peut y avoir aussi des atteintes psychiatriques (hyperexcitation puis dépression).
Précautions : régime sans sel, douleurs d'estomac...
La prise de corticoïdes à long terme peut faire gonfler. "Il est ainsi nécessaire de suivre un régime sans sel, de boire beaucoup d'eau et parfois, d'apporter un supplément en potassium", explique le pharmacien. Par ailleurs, ils peuvent entraîner des douleurs d'estomac même sur une prise très courte de 2-3 jours. "Pour éviter les problèmes d'estomac, il vaut mieux prendre les médicaments au milieu du repas. En cas d'aigreurs d'estomac, il faut associer le traitement à un anti-sécrétoire acide, type Omeprazole®", ajoute le professionnel de santé. En cas de prise d'anti-inflammatoires stéroïdiens au long cours, il est préférable de prendre une supplémentation en calcium et en vitamine D pour prévenir la déminéralisation osseuse.
Conseils à l'arrêt du traitement
Dans une prise de corticoïdes de longue durée, le pharmacien recommande d'être prudent à l'arrêt du traitement : "La prise de ces médicaments a comme effet secondaire de mettre au repos notre propre production de cortisol. Il faut donc arrêter le traitement progressivement pour que l'organisme ait le temps de se remettre en route."
Peut-on en avoir sans ordonnance ?
"Les anti-inflammatoires stéroïdiens ne peuvent pas être vendus sans ordonnance", répond le pharmacien Nicolas Vinel. Ces médicaments sont trop puissants pour être pris sans contrôle médical. La consultation avec un médecin est indispensable pour déterminer la bonne posologie. Chaque cas étant différent.