Allergie au platane : période, toux, que faire ?

Des yeux rouges et larmoyants, des éternuements à répétition, de la toux… Voici quelques symptômes d'une allergie au platane, un arbre qui pollinise à la période d'avril. Quelle en est la cause ? Qui consulter ? Que faire ? Quels traitements ?

Allergie au platane : période, toux, que faire ?
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Quelle est la période de l'allergie au platane ?

Le platane, arbre d'ornement et d'alignement des rues, pollinise au cours du mois d'avril (comme le bouleau). De nombreuses personnes présentent des manifestations allergiques qu'elles attribuent à cet arbre. "Cependant, l'allergie au platane est rare car ses pollens ont un faible pouvoir allergisant : ce sont plutôt les poils de ses fruits (akènes), reconnaissables aux amas jaunâtres qu'ils déposent dans les rues) qui ont un pouvoir très irritant", explique le Dr. Dalila Nouar, allergologue-immunologue.

Quels sont les symptômes d'une allergie au platane ?

Les poils des fruits du platane plantent dans les muqueuses du nez et au bord des yeux. Ils peuvent provoquer :

  • Des yeux rouges et larmoyants
  • Parfois, une conjonctivite
  • Des éternuements
  • Un écoulement nasal clair
  • De la toux

Chez les personnes très allergiques, ils peuvent être responsable d'asthme, c'est-à-dire une inflammation de la muqueuse des bronches entrainant des symptômes tels que de la toux, un sifflement respiratoire, un essoufflement et une sensation d'oppression thoracique.

Quelle est la cause d'une allergie au platane ?

L'allergie est un dérèglement du système immunitaire : chez la personne allergique, l'organisme perçoit à tort l'allergène comme "dangereux". Lorsqu'il se trouve en contact avec le pollen du platane, il produit, pour se défendre des anticorps spécifiques de l'allergie (les IgE). Ces derniers provoquent la libération de plusieurs médiateurs chimiques dont le premier est l'histamine. C'est elle qui fait enchaîner toute la cascade de symptômes gênants. Un terrain familial et/ou une exposition répétée sont souvent en cause.

Qui consulter en cas d'allergie au platane ?

Votre médecin traitant dans un premier temps. Celui-ci vous proposera un traitement pour soulager vos symptômes. "Il vous orientera vers l'allergologue si les symptômes sont anciens et insuffisamment contrôlés par le premier traitement (en particulier rechute immédiate après arrêt des médicaments) qui confirmera le diagnostic par des tests cutanés et/ou un dosage des IgE vis-à-vis du platane et instaurera un traitement adapté", précise le Dr. Nouar.

Traitement : comment soigner une allergie au platane ?

Lors de la période de pollinisation, il est recommandé d'éviter de vous promener ou de faire du sport dans des zones où se trouvent quantité de cet arbre, d'aérer votre intérieur soit tôt le matin soit tard le soir et de ne pas faire sécher votre linge à l'extérieur. En parallèle, un traitement pourra être prescrit par votre médecin afin de traiter les symptômes touchant le nez et les yeux. "Il consiste en la prise d'antihistaminique de deuxième génération (car mieux toléré) par voie orale ainsi que des corticoïdes sous forme de spray nasal pour dégager le nez et de gouttes oculaires pour calmer les irritations qui touchent les yeux", précise le Dr. Nouar. Le traitement peut durer de quelques jours à quelques semaines, selon l'importance des symptômes et leur évolution. Si l'allergie provoque de l'asthme, seront ajoutés un bronchodilatateur, un médicament qui permet d'ouvrir les bronches pour soulager les symptômes, et un traitement de fond anti-inflammatoire par corticoïdes inhalés au long cours.

Quand envisager la désensibilisation à l'allergie au platane ?

La désensibilisation est une autre solution. "Elle vise, par l'administration de doses croissantes de l'allergène (quelques gouttes tous les jours pendant 6 mois sous la langue), à induire une tolérance vis-à-vis de cet allergène, explique l'allergologue. Le traitement doit être réalisé durant 3 ans. Peu à peu, l'effet de désensibilisation vis-à-vis du pollen de platane s'instaure et les symptômes gênants s'atténuent, voire disparaissent". Le taux d'efficacité avoisine les 80% pour la plupart des allergènes disponibles.

Merci au Dr Dalila Nouar, allergologue-immunologue.

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