Personne vulnérable à la Covid : définition, liste, vaccination...

PERSONNES A RISQUE COVID. Du fait de leur âge et/ou de leur état de santé, certaines personnes sont plus fragiles et vulnérables si elles contractent le virus de la Covid-19. Quelle est la liste des personnes à risque de Covid établie par le gouvernement ? Les prioritaires à la vaccination ? Au travail ? Infos à jour.

Personne vulnérable à la Covid : définition, liste, vaccination...
© Mailson Pignata -123RF

L'ensemble de la population est susceptible de contracter la maladie Covid-19 mais certaines sont plus à risque de formes graves. Du fait de leur âge et/ou de leur état de santé, elles sont considérées comme "vulnérables" à la maladie et doivent se protéger encore plus du virus. Elles ont d'ailleurs été désignées comme prioritaires à la vaccination qui a débuté fin décembre 2020 en France. Quelle est la définition des "personnes vulnérables" à la Covid pour les autorités de santé ? Quelles sont les maladies qui rendent vulnérables ? Qui peut être considéré comme un "salarié vulnérable" selon les critères fixés par le gouvernement ? Détails.

Qui sont les personnes vulnérables à la Covid-19 selon la HAS ?

Dans un communiqué de presse du 4 décembre 2020, la Haute Autorité de Santé (HAS) rappelle les situations qui exposent à un risque élevé de formes graves de Covid-19 selon les recommandations du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) du 29 octobre 2020. Ainsi, sont considérées comme à risque de formes graves de Covid, les personnes : 

  • âgées de 65 ans ou plus,
  • souffrant d'obésité (IMC>30²),
  • de troubles psychiques, 
  • de certaines maladies chroniques (diabète non équilibré ou compliqué, maladies cardiovasculaires, respiratoires (BPCO), insuffisance rénale chronique dialysée, cancer, cirrhose, immunodéficience, drépanocytose, sclérose en plaque....)
  • au 3ème trimestre de la grossesse
  • en situation de précarité sociale.

Quelles sont les maladies chroniques augmentant la gravité de la Covid-19 ?

Certaines maladies chroniques augmentent le risque de formes graves de la Covid-19. Dans son Avis du 29 octobre 2020, le Haut Conseil de la Santé Publique retient les suivantes ; 

  • pathologies cardio-vasculaires : hypertension artérielle (HTA) compliquée (avec complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales), antécédent d'accident vasculaire cérébral, antécédent de coronaropathie, antécédent de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ;
  • diabète non équilibré ou compliqué ;
  • pathologies respiratoires chroniques susceptibles de décompenser lors d'une infection virale : broncho pneumopathie obstructive, asthme sévère, fibrose pulmonaire, syndrome d'apnées du sommeil, mucoviscidose notamment ;
  • insuffisance rénale chronique dialysée ;
  • obésité avec indice de masse corporelle (IMC) ≥ 30 ;
  • cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie) ;
  • Patients atteints de cirrhose au stade B du score de Child Pugh au moins
  • Personnes avec une immunodépression congénitale ou acquise
  • Personnes présentant un syndrome drépanocytaire majeur ou ayant un antécédent de splénectomie
  • Affections neuromusculaires, pouvant altérer la fonction respiratoire : maladies du motoneurone, myasthénie grave, sclérose en plaques, maladie de Parkinson, paralysie cérébrale, quadriplégie ou hémiplégie, tumeur maligne primitive cérébrale, maladie cérébelleuse progressive.

Une étude française publiée le 9 février 2021 a permis de lister les maladies chroniques susceptibles de présenter un sur-risque d'hospitalisation ou de décès pour Covid-19. Elle souligne que la quasi-totalité des affections chroniques est associée à des risques accrus d'hospitalisation et de décès pour Covid-19, à l'exception de la dyslipidémie. Dans le détail, elle montre que les patients les plus vulnérables  face à ce virus sont ceux souffrant d'une des sept pathologies suivantes : 

  • trisomie 21  (7 fois plus de risque d'hospitalisation et 23 fois plus de risque de décès) ; 
  • retard mental  (4 fois plus de risque d'hospitalisation et 7 fois plus de risque de décès) ;
  • mucoviscidose  (4 fois plus de risque d'hospitalisation et 6 fois plus de risque de décès) ; 
  • insuffisance rénale chronique terminale sous dialyse (4 fois plus de risque d'hospitalisation et 5 fois plus de risque de décès) ;
  • cancer actif du poumon  (3 fois plus de risque d'hospitalisation et 4 fois plus de risque de décès),
  • transplantation rénale  (5 fois plus de risque d'hospitalisation et 7 fois plus de risque de décès) ; ou transplantation du poumon  (3 fois plus de risque d'hospitalisation et 6 fois plus de risque de décès).

Qui est considéré comme une "personne vulnérable" au travail ?

Selon un décret paru le 10 novembre, les salariés vulnérables placés en position d'activité partielle sont ceux répondant aux critères suivants :

Premièrement (au choix) :

  • Être âgé de 65 ans et plus ;
  • Avoir des antécédents (ATCD) cardiovasculaires : hypertension artérielle compliquée (avec complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales), ATCD d'accident vasculaire cérébral ou de coronaropathie, de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ;
  • Avoir un diabète non équilibré ou présentant des complications ;
  • Présenter une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d'une infection virale : broncho pneumopathie obstructive, asthme sévère, fibrose pulmonaire, syndrome d'apnées du sommeil, mucoviscidose notamment ;
  • Présenter une insuffisance rénale chronique dialysée ;
  • Être atteint de cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie) ;
  • Présenter une obésité (indice de masse corporelle (IMC) > 30 kgm2) ;
  • Être atteint de cirrhose au stade B du score de Child Pugh au moins ;
  • Présenter un syndrome drépanocytaire majeur ou ayant un antécédent de splénectomie ;
  • Être au troisième trimestre de la grossesse.
  • Être atteint d'une immunodépression congénitale ou acquise :
    • médicamenteuse : chimiothérapie anticancéreuse, traitement immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive ;
    • infection à VIH non contrôlée ou avec des CD4 < 200/mm3 ;
    • consécutive à une greffe d'organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques ;
    • liée à une hémopathie maligne en cours de traitement.
  • Depuis le 12 novembre 2020 : Etre atteint d'une maladie du motoneurone, d'une myasthénie grave, de sclérose en plaques, de la maladie de Parkinson, de paralysie cérébrale, de quadriplégie ou hémiplégie, d'une tumeur maligne primitive cérébrale, d'une maladie cérébelleuse progressive ou d'une maladie rare.

Deuxièmement, pour être considéré comme vulnérable, vous devez ne pas avoir la possibilité de recourir totalement au télétravail.

Troisièmement, vous devez ne pas pouvoir bénéficier des mesures de protection renforcées suivantes :

  • Isolement du poste de travail, notamment par la mise à disposition d'un bureau individuel ou, sinon, son aménagement, pour limiter au maximum le risque d'exposition, en particulier par l'adaptation des horaires ou la mise en place de protections matérielles ;
  • Respect, sur le lieu de travail et en tout lieu fréquenté par la personne à l'occasion de son activité professionnelle, de gestes barrières renforcés (hygiène des mains renforcée, port systématique d'un masque de type chirurgical lorsque la distanciation physique ne peut pas être respectée ou en milieu clos, avec changement de ce masque au moins toutes les 4 heures et avant ce délai s'il est mouillé ou humide) ;
  • Absence ou limitation du partage du poste de travail ;
  • Nettoyage et désinfection du poste de travail et des surfaces touchées par la personne au moins en début et en fin de poste, en particulier lorsque ce poste est partagé ;
  • Adaptation des horaires d'arrivée et de départ et des éventuels autres déplacements professionnels, compte tenu des moyens de transport utilisés par la personne, afin d'y éviter les heures d'affluence ;
  • Mise à disposition par l'employeur de masques de type chirurgical en nombre suffisant pour couvrir les trajets entre le domicile et le lieu de travail lorsque la personne recourt à des moyens de transport collectifs.

Si vous réunissez ces 3 conditions (pathologie ou situation inscrite dans la liste, recours au télétravail impossible et mesures de protection insuffisantes), vous devez alors remettre à votre employeur un certificat d'isolement établi par votre médecin.

Quels droits au travail quand on est considéré comme une personne vulnérable ?

Dans le secteur privé :

Votre employeur doit favoriser le télétravail. Si le télétravail est impossible :

  • soit des mesures de protection complémentaires doivent être prises pour travailler en présentiel : mise à disposition de masques chirurgicaux par l'entreprise, hygiène rigoureuse des mains, aménagement du poste de travail : bureau dédié ou limitation du risque (par exemple, installation d'un écran de protection) ; adaptation des horaires d'arrivée et de départ
  • soit vous êtes placé en chômage partiel. Vous devez alors remettre à votre employeur un certificat d'isolement établi par votre médecin.
  • Le télétravail doit être également favorisé autant que possible pour les travailleurs qui, sans être eux-mêmes à risque de formes graves, vivent au domicile d'une personne qui l'est.

Dans la fonction publique d'État

  • Le télétravail doit être favorisé pour toutes les personnes vulnérables. Lorsque le télétravail est impossible, vous êtes placé en autorisation spéciale d'absence (ASA). Vous devez, pour cela, remettre à votre employeur un certificat d'isolement établi par votre médecin.
  • Si vous vivez avec une personne considérée comme vulnérable, et si le télétravail est impossible, vous êtes placé en autorisation spéciale d'absence.

Peut-on bénéficier d'un arrêt de travail ou d'une mise en activité partielle ? 

Le télétravail est à privilégier pour les personnes considérées comme vulnérables. Lorsqu'il n'est pas possible, le travail présentiel doit être assorti de mesures de protection complémentaires (listées ci-dessus). Lorsque le respect de ces mesures n'est pas possible, l'activité partielle et les arrêts de travail dérogatoires seront maintenus, sur prescription du médecin, pour les personnes atteintes des pathologies telles que définies par le HCSP et listées dans le décret n° 2020-1365 du 10 novembre 2020, indique un communiqué du ministère de la Santé du 11 novembre. En pratique :

  • une personne salariée qui réunit les 3 conditions (pathologie ou situation inscrite dans la liste, recours au télétravail impossible et mesures de protection insuffisantes) doit remettre à son employeur un certificat d'isolement établi par votre médecin. Lorsque le salarié a déjà fait à ce titre l'objet d'un certificat d'isolement entre mai et août derniers, un nouveau justificatif ne sera pas nécessaire, sous réserve que les possibilités d'exercice de l'activité professionnelle en télétravail ou en présentiel n'ont pas évolué. Lorsque le salarié est en désaccord sur l'appréciation portée par l'employeur sur la mise en œuvre des mesures de précautions supplémentaires permettant l'exercice de l'activité en présentiel, il peut demander au médecin du travail d'évaluer la situation. Dans l'attente de cet avis médical, le salarié demeure en activité partielle, au regard du principe de précaution qui prévaut ;
  • une personne non salariée peut demander à bénéficier d'un arrêt de travail dérogatoire (sans délai de carence notamment) via le télé-service "declare.ameli.fr" ou pour les assurés du régime agricole sur le télé-service "declare2.msa.fr", sans consultation préalable d'un médecin.
  •  Professions libérales, artisans-commerçants, professionnels de santé, artistes auteurs, stagiaires de la formation professionnelle, gérants salariés, agents de la fonction publique ou contractuels de droit public, vous pouvez bénéficier d'un arrêt de travail sans application du délai de carence. Vous devez vous rendre sur declare.ameli.fr pour faire votre déclaration.

Si vous êtes en désaccord avec votre employeur sur l'appréciation de ces mesures de protection renforcées (des mesures insuffisantes, par exemple), vous devez vous adresser au médecin du travail qui se prononce sur la situation. Vous êtes alors placé en position d'activité partielle dans l'attente de l'avis du médecin du travail.

→Les personnes (salariées ou non salariées) qui cohabitent avec une personne vulnérable ne peuvent plus bénéficier d'un arrêt de travail dérogatoire indemnisé depuis le 1er septembre 2020.

Qui sont les personnes à risques prioritaires à la vaccination ?

Selon le site du gouvernement, sont éligibles à la vaccination :

Les personnes entre 16 et 17 ans inclus qui présente une pathologie à très haut risque de forme grave de Covid-19 ;

Les personnes entre 18 et 49 ans inclus atteintes de :

  • cancers et de maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie ;
  • maladies rénales chroniques sévères, dont les patients dialysés, transplantées d'organes solides, transplantées par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques ;
  • poly-pathologies chroniques et présentant au moins deux insuffisances d'organes, atteintes de certaines maladies rares et particulièrement à risque en cas d'infection;
  • trisomie 21.

Les personnes entre 50 et 54 ans inclus souffrant d'une ou plusieurs de ces comorbidités :

  • les pathologies cardiovasculaires ;
  • l'hypertension artérielle compliquée ;
  • un antécédent d'accident vasculaire cérébral ;
  • une insuffisance cardiaque ;
  • des diabètes de type 1 et 2 ;
  • des pathologies respiratoires chroniques susceptibles de décompenser lors d'une infection virale, notamment ;
  • une sclérose en plaques ;
  • un syndrome d'apnées du sommeil ;
  • une mucoviscidose...

et les personnes adultes de 50 à 54 ans atteintes de :

  • cancers et de maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie ;
  • maladies rénales chroniques sévères, dont les patients dialysés, transplantées d'organes solides, transplantées par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques ;
  • poly-pathologies chroniques et présentant au moins deux insuffisances d'organes, atteintes de certaines maladies rares et particulièrement à risque en cas d'infection;
  • trisomie 21.

La vaccination est également ouverte pour :

  • les personnes en situation de handicap, quel que soit leur âge, hébergées en maisons d'accueil spécialisées (MAS), foyers d'accueil médicalisés (FAM) et foyers pour personnes handicapées non médicalisés ;
  • les personnes hébergées dans des établissements médico-sociaux spécifiques (lits halte soins santé (LHSS), lits d'accueil médicalisés (LAM) et appartements de coordination thérapeutique (ACT)) ;
  • les proches (de plus de 16 ans) d'une personnes sévèrement immunodéprimée (résidant au même domicile ou apportant une aide quotidienne), sur la base d'un certificat médical du médecin traitant de la personne immunodéprimée ;
  • les femmes enceintes à partir du deuxième trimestre de la grossesse.

Peut-on toujours bénéficier de masques gratuits ?

Les personnes vulnérables peuvent bénéficier de 10 masques par semaine en pharmacie, à la condition qu'ils soient prescrits par un médecin.

Sources :

Covid-19 : Repérer les situations à risque pour proposer des mesures de prévention aux personnes les plus vulnérables. 4 déc. 2020.HAS.

AVIS relatif à l'actualisation de la liste des facteurs de risque de forme grave de Covid-19 29 octobre 2020. HCSP.

Décret n° 2020-1365 du 10 novembre 2020 pris pour l'application de l'article 20 de la loi n° 2020-473 du 25 avril 2020 de finances rectificative pour 2020.

"Personnes vulnérables : les critères établis le 31 août sont suspendus". 20 octobre 2020. Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)