Vaginite : cause, symptômes, comment la soigner ?

La vaginite est une inflammation du vagin, le plus souvent due à une infection. Elle est presque toujours associée à une irritation de la vulve, voilà pourquoi on l'appelle une vulvo-vaginite. Quels sont les symptômes pour la reconnaître ? Comment la soigner ? Qui consulter ? Comment prévenir les récidives ? Eclairage du Dr Elisabeth Paganelli, gynécologue médicale.

Vaginite : cause, symptômes, comment la soigner ?
© Siriluk Kongkead - 123RF

Définition : qu'est-ce qu'une vaginite ?

Une vaginite est une inflammation du vagin. "Elle est presque toujours associée à une irritation de la vulve" précise d'emblée le Dr Elisabeth Paganelli, gynécologue médicale et secrétaire générale du Syndicat des gynécologues et obstétriciens de France (Syngof). On parle alors d'une vulvo-vaginite. Les vaginites les plus fréquentes sont :

  • la mycose vaginale,
  • la vaginose bactérienne (parfois appelée vaginite à Gardnerella ou vaginite à anaérobies)
  • la vaginite à Trichomonas qui est une infection sexuellement transmissible (IST).

Quels sont les symptômes pour la reconnaître ?

Selon la gynécologue médicale, la vaginite se signale par :

  • des démangeaisons (prurit) ,
  • des pertes vaginales anormales appelées leucorrhées qui sont différentes selon la nature du germe en cause :

- blanchâtres, épaisses et ressemblant à du lait caillé dans les vaginites dues à un champignon (vaginite mycosique ou mycose vulvovaginale) ;

- fluides, abondantes, grisâtres ou jaunâtres et malodorantes dans les vaginites bactériennes ;

- mousseuses et verdâtres dans  les vaginites parasitaires, des douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunie),

  • des brûlures en urinant ou difficultés à uriner,
  • des grandes lèvres enflées, rouges et douloureuses 
Schéma vaginite, inflammation et pertes vaginales
Vaginite : inflammation du vagin, caractérisée par des pertes vaginales blanchâtres © Siriluk Kongkead - 123RF

Quelles sont ses causes ?

"La vaginite peut être infectieuse, due à un champignon (mycose vaginale), une bactérie (Chlamydia par exemple), un virus (comme l'herpès) ou un parasite (trichomonas par exemple) ou être liée à une irritation non infectieuse du vagin" informe le Dr Elisabeth Paganelli.

Lorsque la vaginite n'est pas infectieuse, il peut s'agit d'une allergie à un produit d'hygiène ou une toilette intime trop énergique, certains produits allergisants (le chlore par exemple), un manque de lubrification pendant les rapports sexuels, entraînant une irritation. Après la ménopause, une vaginite peut apparaître suite à une diminution des sécrétions hormonales.

Qui et quand consulter ?

Les vaginites peuvent évoluer en infections génitales hautes (utérus et trompes).

"Des symptômes évoquant une vaginite doivent faire consulter un professionnel de santé : médecin (gynécologue, médecin traitant) ou sage-femme qui adressera au médecin en cas de pathologie" recommande le Dr Paganelli. En présence de fièvre et de douleurs abdominales, une consultation médicale par un médecin en urgence est impérative. Les vaginites peuvent évoluer en infections génitales hautes (utérus et trompes), notamment les vaginites bactériennes à chlamydia et gonocoques et, non soignées, qui peuvent entraîner une péritonite et une stérilité. Le diagnostic est clinique (examen de la vulve et du vagin avec un spéculum) et un prélèvement de sécrétions vaginales peut être effectué afin d'identifier le germe en cause.

Quels traitements pour la soigner ?

"Le traitement des vaginites infectieuses est adapté au germe : vulvo-vaginite à herpès génital, vaginite à Trichomonas, vaginite à Chlamydia, vaginite à Mycoplasme, vaginite à Gonocoque", liste le Dr Paganelli. Et d'ajouter, "il s'agit soient de traitements antimycosiques ou antibactériens locaux (crème et ovules gynécologiques) ou de traitements par voie orale" :

  • antifongiques pour les candidoses à répétition,
  • anti-herpétiques (inhibiteurs de l'ADN viral) pour l'herpès
  • un ou plusieurs antibiotiques adaptés aux germes responsables de la vaginite par voie générale, contre le trichomonas, le Chlamydia, le Gonocoque etc…

"En cas d'allergie ou d'intolérance à des produits mis sur la vulve (gel douche ou savon, spermicides ou préservatifs, produits antimycosiques à usage local, lingettes ou d'irritation vulvo-vaginale mécanique (sous-vêtements synthétiques et serrés, serviettes hygiéniques...) le traitement consiste à supprimer tous les produits qui contiennent l'allergène" indique le Dr Elisabeth Paganelli. Des corticostéroïdes peuvent être appliqués sur la vulve pour soulager les symptômes. Enfin, "les vaginites dues à la sécheresse vaginale après la ménopause sont traitées avec un gel ou des ovules contenant des œstrogènes à prendre par voie vaginale", indique la gynécologue médicale.

Prévention : comment éviter les récidives ?

La prévention dépend de la cause. Les vaginites dues à une IST (Trichomonas, Chlamydia…) peuvent être prévenues par le port du préservatif. 

En prévention des vaginites bactériennes et des mycoses vaginales, il est important :

  • d'avoir une flore vaginale équilibrée.
  • de ne pas laver cette zone fragile avec des produits parfumés et ne pas se laver de façon excessive,
  • de bien sécher la vulve après chaque toilette,
  • de porter des sous-vêtements en coton,
  • de ne pas rester avec un bas de maillot mouillé après une baignade,
  • de se changer après le sport

"En prévention des vaginites irritatives, il est recommandé de se rincer à l'eau seule le plus souvent possible, conseille le Dr Elisabeth Paganelli. Il n'y a pas si longtemps les femmes se rinçaient souvent la vulve à l'eau, lors des règles, après être allée aux WC. C'était l'usage des bidets. Ces règles d'hygiène en cas de vaginite récurrente si on accès à ces facilités".

En cas de vaginite récurrente, le Dr Elisabeth Paganelli conseille également "de tout connaître sur la composition des savons et des gels en apprenant à décrypter la liste des ingrédients, de savoir éliminer des produits si vous avez des vulvo-vaginites à répétition, de changer de slip et de protections souvent en cas de sueurs ou lors des périodes de règles, d'utiliser des préservatifs". On peut conseiller "d'éviter la répétition des antibiotiques en cas de mycose à répétition (revoir leur indication avec le prescripteur) mais parfois nous devons expliquer que les mycoses cesseront quand la cure des antibiotiques sera finie (par exemple en cas de traitement de plusieurs mois d'une tuberculose, d'une salpingite)", conclut-elle.

Merci au Dr Elisabeth Paganelli, gynécologue médicale et secrétaire générale du Syndicat des gynécologues et obstétriciens de France (Syngof)

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