Cluster de coronavirus : carte de France, liste, définition

18 cluster de coronavirus en Nouvelle Aquitaine, 37 dans le Grand Est, 27 en Ile-de-France... Où sont-ils localisés exactement ? Quelle est la définition d'un cluster ? Que faire si on est cas contact ? Guide.

Cluster de coronavirus : carte de France, liste, définition
© Santé Publique France

[Mise à jour le mercredi 3 juin 2020 à 12h00] Depuis le déconfinement, les personnes présentant des symptômes évocateurs du Covid-19 doivent être testées ainsi que leurs cas contacts si le test est positif. Ces tests massifs mettent en évidence de nouveaux clusters de contamination en France. Où sont-ils ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Que faire si vous êtes concerné ?

Définition : que veut dire "cluster" ?

Le terme de "cluster" a été employé dès le début de l'épidémie de coronavirus en France quand les premiers foyers de contamination ont été identifiés. "Cluster" est ainsi un terme anglais qui signifie en français "grappe" ou "groupe". Dans le cas de la pandémie de Covid-19, les autorités sanitaires emploient ce terme lors de la survenue d'au moins 3 cas confirmés ou probables, dans une période de 7 jours et qui appartiennent à une même communauté ou ont participé à un même rassemblement de personnes, qu'ils se connaissent ou non.

Où étaient les premiers clusters de coronavirus en France ?

Le virus Sars-CoV-2 étant très contagieux, plusieurs clusters ont été identifiés en France dès la fin du mois de février. Dans le compte-rendu du Conseil des ministres du 29 février 2020, le gouvernement confirmait :

  • Un premier "cluster" dans l'Oise, et en particulier sur les communes de Creil, Crépy-en-Valois, Vaumoise, Lamorlaye et Lagny-le-Sec ;
  • Un second "cluster" en Haute-Savoie, dans la commune de La Balme

En réaction à ces clusters et pour essayer de freiner la transmission du virus, le gouvernement avait décidé d'appliquer des mesures restrictives : interdiction des rassemblements collectifs dans les villes touchées, fermeture des établissements scolaires, limitation des déplacements... Le virus s'est ensuite largement répandu en France jusqu'au confinement de la population.

Où se trouvent les nouveaux clusters, depuis le déconfinement ?

Du 17 mars au 11 mai 2020, la population française a été confinée pour freiner l'évolution de l'épidémie de coronavirus et éviter un afflux massif de malades dans les hôpitaux. Le dépistage du coronavirus était alors réservé uniquement aux cas à risque et à certains professionnels comme les soignants. Il n'y avait pas de dépistage des cas contacts donc plus d'identification de "cluster". Depuis le déconfinement, les personnes présentant des symptômes évocateurs du Covid-19 doivent être testées ainsi que leurs cas contacts si le test est positif. Le but étant d'éviter de nouvelles chaînes de transmission et une deuxième vague épidémique. Le 29 mai, lors d'un point épidémiologique, Santé Publique France annonce qu'au 27 mai 2020, avec le développement de la capacité diagnostique, un total de 109 clusters (hors Ehpad et milieu familial restreint) ont été rapportés : 104 clusters en France métropolitaine et 5 dans les départements régions d'outre-mer. Parmi ces clusters, 64% ont plus de 5 cas. Ils concernent notamment des personnes en situation de précarité et de vulnérabilité (19% en établissements d'hébergement social et d'insertion, et 6% en communautés vulnérables), des établissements de santé (22%) et plus largement des entreprises (20% entreprises privées et publiques). 13% de ces clusters ont été maîtrisés (suivi des contacts en cours et absence de nouveaux cas 7 jours après le dernier cas), 7% sont clôturés (absence de nouveaux cas 14 jours après la date de début des signes du dernier cas et la fin de la quatorzaine de tous les contacts).

Parmi les clusters connus au 3 juin : 

Nombre de clusters en cours d’investigation, hors Ehpad et milieu familial restreint, par département.
Nombre de clusters en cours d'investigation, hors Ehpad et milieu familial restreint, par département. © Santé Publique France
  • 18 clusters en cours en Nouvelle Aquitaine sont confirmés le 1er juin par un communiqué de l'Agence régionale de Santé dont 1 en Charente-Maritime, 1 en Corrèze, 1 dans la Creuse, 2 en Gironde, 1 dans les Landes, 2 dans les Pyrénées-Atlantique, 5 dans les Deux-Sèvres, 5 dans la Vienne. Parmi les clusters identifiés dans cette région :  un à l'hôpital de Loudun où 280 personnes ont été testées et 23 sont positives au Covid-19)un dans un centre d'accueil pour demandeur d'asile, un dans un collège de Chauvigny (Vienne), un en Dordogne après des obsèques à Eglise-Neuve-de-Verg et un à l'Ecole Nationale des Sous-Officiers d'Active de St-Maixent. Dans un communiqué du 28 mai, l'ARS annonçait qu'un enseignant de l'école maternelle Montjovis à Limoges a été testé positif au COVID 19. En conséquence, l'école maternelle a été fermée et un dépistage collectif est organisé sur 49 personnes.
  • 37 clusters dans le Grand Est ont été signalés depuis le 11 mai (288 personnes en tout), selon le communiqué de l'ARS du 2 juin dont un nouveau cluster en EHPAD (51) le 2 juin. Ces clusters touchent 6 établissements sanitaires (dans le Bas-Rhin, Haut-Rhin et la Meuse), 24 établissements médicalisés pour personnes âgées (Aube, Marne, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle, Bas-Rhin, Haut-Rhin et Vosges), 4 établissements sociaux et médico-sociaux pour personnes âgées (Marne, Moselle, Bas-Rhin), 3 autres non précisés en Meuse et Moselle. 
  • 2 clusters en Centre Val-de-Loire : dans un abattoir de Fleury-lès-Aubrais dans le Loiret, près d'Orléans, 400 salariés sont en train d'être dépistés, 79 ont été testés positifs au Covid-19. Autre foyer à Tours, dans la résidence universitaire Grandmont, où 6 cas positifs ont été recensés sur 183 élèves testés au Covid-19.
  • 27 clusters en Ile-de-France dont 19 actifs selon Santé Publique France au 28 mai : La majorité concernait des établissements sociaux d'hébergement et d'insertion (16/27) du fait de campagnes de dépistages massives mises en place dans ces structures particulièrement sensibles. Parmi les clusters identifiés : un foyer de jeunes travailleurs de Clamart (Hauts-de-Seine), un foyer de travailleurs étrangers des Ulis (Essonne) où trois cas positifs de Covid-19 ont été confirmés vendredi 15 mai, un cluster de 9 personnes qui travaillaient sur un chantier à Villeneuve-le-Roi, un établissement social d'hébergement de Montgeron (Essonne), un EMS pour personnes handicapées d'Alfortville (Val-de-Marne).
  • 5 clusters en Normandie depuis le déconfinement (hors Ehpad et cluster familiaux) et 3 clusters encore en cours d'investigation sont confirmés par Santé Publique France au 28 mai.
  • 6 clusters en Auvergne-Rhône-Alpes : dans 4 départements. Deux ont été identifiés dans des établissements de santé (Allier, Isère), un cluster dans un centre d'accueil et d'orientation (Allier), un cluster dans une résidence sociale (Haute-Savoie) et deux clusters familiaux élargis (Savoie et Haute-Savoie).
  • "306 situations sensibles" en Occitanie : dans un communiqué du 2 juin, l'Agence régionale de Santé de la région indique que "des situations de cas groupés sont identifiés régulièrement, en particulier dans des collectivités où le virus a continué de circuler pendant le confinement". Elle annonce ensuite que "306 situations sensibles" ont été signalées et que "196 font toujours l'objectif d'un suivi attentif". Parmi ces "situations" (l'ARS n'emploie pas le terme de "cluster") identifiés en Occitanie : 30% concernaient des écoles fin mai et 20% des établissements médicaux-sociaux. Ces points chauds sont présents dans tous les départements, mais un peu plus dans le Tarn (avec notamment les cas de Covid-19 parmi le personnel municipal de Carmaux, aujourd'hui maîtrisé).
  • 15 clusters dans les Pays-de-la-Loire : dont 3 dans des Ehpad. Parmi les clusters déclarés : un cluster à l'hôpital de Saumur (Maine-et-Loire, 23 cas positifs ont été confirmés), dans l'abattoir des Herbiers, en Vendée (11 salariés testés positifs) et un au centre hospitalier du Mans. Trois membres du personnel soignant, affectés justement à l'unité de traitement des patients touchés par le coronavirus, se sont révélés positifs à la maladie, a déclaré l'ARS le 26 mai. Au-delà de ces cas confirmés, une quarantaine de personnes considérées comme "cas contacts" ont fait l'objet d'un dépistage "dont les résultats seront connus dans les prochaines heures" précise-t-elle. Le 24 mai, cinq personnes d'une même famille de Rom ont été hospitalisées, au CHU de Nantes, trois en réanimation ; deux autres au centre des maladies infectieuses et tropicales de Nantes, rapporte Ouest France. Une sixième personne, extérieure à la famille, a été hospitalisée le lendemain.
  • 11 clusters dans les Hauts-de-France : 6 dans le Nord, 3 dans le Pas-de-Calais et 1 respectivement dans l'Oise et la Somme, détaillait Santé publique France dans son bilan épidémiologique régional du 28 mai. "Quatre clusters ont été signalés en milieu professionnel, 3 en établissements de santé, 1 en établissement social d'hébergement et d'insertion, 1 au sein d'une communauté vulnérable en situation précaire, 1 sur une unité géographique limitée et le dernier au sein d'une autre structure de soins" poursuit l'Agence de santé. Dans le Nord, un cluster avait été déclaré dans l'usine Royal Canin, située à Les-Rues-des-Vignes.
  • deux clusters en Bourgogne Franche-Comté.
  • 3 clusters en Bretagne sont confirmés par Santé Publique France le 28 mai dont : 69 personnes travaillant dans l'abattoir Kerméné des Côtes-d'Armor testées positives au Covid-19 (200 ont été testées), et un cluster dans un hôpital de Lannion,
  • un cluster dans la région PACA, à Marseille : trois sans-abris ont été testés positifs au Covid-19 lors de prélèvements aléatoires réalisés dans un squat du 13e arrondissement. Une campagne de dépistage massif a été mise en place auprès de 160 personnes.
  • un cluster en Guyane, dans la ville de Saint-Georges de l'Oyapock.

Comment est identifié un cluster ?

Depuis le déconfinement, une personne qui présente des symptômes évocateurs d'une infection au Covid-19 doit être testée par PCR. Le patient doit respecter sans délai une période d'isolement strict, en attente du résultat du test (et jusqu'à 2 jours après la disparition des symptômes si son test est positif). Le "contact tracing" (tracement des cas contacts, en français) est immédiatement entamé pour identifier les personnes contacts avec le malade de 48h avant l'apparition des premiers symptômes jusqu'à l'isolement. Si le test du patient est positif, les cas contacts sont tous testés. C'est comme ça que de nouveaux clusters ont été identifiés depuis le 11 mai en France. 

Pour permettre le contact tracing de l'ensemble des malades, l'organisation suivante est mise en place : 

  • Niveau 1 – Le médecin consulté par le patient présentant les symptômes de Covid-19 est chargé de réaliser le contact tracing pour l'entourage proche du patient.
  • Niveau 2 – L'Assurance maladie étend la recherche des personnes contacts aux sphères professionnelle, amicale, de loisirs et autres. Elle prescrit aux personnes contacts un test PCR et peut délivrer un arrêt de travail pour les personnes contacts qui ne peuvent pas travailler.
  • Niveau 3 – L'Agence régionale de santé, avec les cellules régionales de Santé publique France, interviendront pour l'identification et l'investigation des clusters et situations complexes, en complément des niveaux 1 et 2.

Que faire si on est cas contact dans un cluster ?

Quand on est "cas contact", il faut : 

  • Porter systématiquement un masque grand public en contact avec d'autres personnes à l'extérieur ; 
  • Contacter un centre de dépistage pour prendre rendez-vous. Le test doit avoir lieu immédiatement si vous vivez dans le même foyer que la personne contaminée ou en observant un délai de 7 jours après votre dernier contact avec cette personne, si vous ne vivez pas avec elle ;
  • Se rendre au centre de dépistage avec sa carte d'identité, sa Carte Vitale et son ordonnance pour faire le prélèvement ;
  • Rentrer chez soi et rester confiné en attendant les résultats du test qui interviennent généralement dans les 24 heures au plus tard. 
  • Les cas contacts doivent respecter une période d'isolement pour une durée d'environ 14 jours selon la situation.

Les données collectées dans le cadre des examens de biologie Covid-19 pourront être réutilisées dans le cadre d'enquêtes sanitaires (suivi des patients diagnostiqués positifs au Covid-19 et/ou recherche des " cas contact "), de surveillance épidémiologique et de recherches via la plateforme des données de santé. Elles seront conservées pour une durée maximale d'un an. "Le patient qui effectue un test Covid-19 ne peut pas s'opposer au traitement de ses données dans l'outil SI-DEP, du fait de l'intérêt public que ce suivi représente" précise le gouvernement.

Sources

Protéger, tester, isoler : les mesures pour casser les chaînes de transmission du virus, communiqué de presse ARS Hauts-de-France, 13 mai 2020.

Tests et dépistage, Gouvernement.fr

Gestion de l'épidémie