Carence en fer : symptômes, causes, que faire ?

Indispensable à l'équilibre de l'organisme, le fer assure notamment le transport de l'oxygène dans le sang. Quels sont les signes d'une carence martiale ? Comment y remédier ? Le point avec Gaël Saintenoy, biologiste.

Carence en fer : symptômes, causes, que faire ?
© iakovenko -123RF

Définition

La carence en fer se traduit par plusieurs signes physiques et en premier lieu par une fatigue inhabituelle et une diminution de la force (endurance et énergie). On observe également des troubles cognitifs, des maux de tête, des palpitations, un essoufflement à l'effort, des vertiges et même une pâleur de la peau lorsque la carence en fer est marquée (on parle d'anémie ferriprive). Les carences en fer peuvent être dues à des hémorragies (on considère que les règles en font partie) ou à une alimentation trop pauvre en fer. 

Causes d'une carence en fer (martiale)

  • Des pertes sanguines visibles (règles abondantes, saignements entre les règles) et invisibles (saignements digestifs).
  • Un apport insuffisant en fer via l'alimentation (régime végétarien ou vegan).
  • Une maladie intestinale chronique ou auto-immune qui entraîne une malabsorption du fer au niveau du tube digestif.

Symptômes d'une carence en fer (martiale)

Ce sont les mêmes que l'anémie, à savoir :

  • Fatigue
  • Essoufflement
  • Modification de l'aspect des ongles
  • Une perte de cheveux un peu plus importante que d'habitude
  • Pâleur de la peau et des muqueuses
  • Étourdissements
  • Palpitations
  • Vertiges
  • Maux de tête
  • Difficultés à se concentrer
  • Manque de motivation
  • Diminution de la libido

Marqueurs du métabolisme du fer

Lors d'une carence en fer, plusieurs examens sanguins du métabolisme du fer peuvent être prescrits comme le dosage du fer, de la ferritine, de la transferrine et des récepteurs solubles de la transferrine. 

Quand et comment faire un dosage du fer ?

Lors de la suspicion d'une carence en fer, la Haute Autorité de Santé recommande en premier lieu le dosage de la ferritine sérique. Une ferritine sérique abaissée suffit à affirmer le diagnostic d'une carence en fer. Le dosage des autres marqueurs du métabolisme du fer n'est alors pas nécessaire. "Le dosage de la ferritine consiste en une prise de sang réalisée au sein d'un laboratoire d'analyses médicales. Le tube est centrifugé, passé à la machine puis ensuite, l'interprétation est fournie en fonction des résultats. Si le taux d'hémoglobine est inférieur à 12g/dL chez une femme et 13g/dL chez l'homme, alors l'anémie est démontrée", souligne Gaël Saintenoy.

Interpréter son taux

Les valeurs de référence pour le dosage de la ferritine sérique sont les suivantes :

  • Chez l'homme adulte : 20 à 200 μg/l ;
  • Chez la femme adulte avant la ménopause : 10 à 125 μg/l
  • Chez la femme adulte après la ménopause : 20 à 200 μg/l.

En savoir plus : 

"Un taux de ferritine inférieur à la valeur normale avec une CRP normale permettent de confirmer le diagnostic de carence en fer simple. Ensuite, on regarde le VGM (Volume Globulaire Moyen) et l'hémoglobine, car ce sont eux qui nous donnent l'atteinte finale au niveau de la carence en fer. Ce qui se passe d'un point de vue physiopathologique, c'est que l'on a une dépression des réserves en ferritine donc celle-ci baisse petit à petit. Pour compenser le fait que la synthèse de l'hémoglobine se fasse moins bien, les globules rouges sont de plus en plus petits pour être de plus en plus concentrés. Or, cela entraîne une diminution du VGM et de l'hémoglobine,
entraînant ainsi une anémie
", commente le biologiste.

Carence en fer : que faire ?

"Il faut consulter votre médecin afin qu'il vous prescrive une supplémentation en fer", conseille Gaël Saintenoy. On peut aussi augmenter son apport en fer via l'alimentation en privilégiant les aliments qui en sont riches : la viande rouge, les abats, le poisson, les fruits de mer, les légumineuses, les céréales complètes, les graines de sésame, la spiruline, les noix, noisettes, amandes, le persil, le chocolat noir ou encore les épinards.

Manque de fer sans anémie : comment est-ce possible ?

"Cela signifie qu'on est au début de la carence en fer et que l'atteinte n'est pas encore suffisamment importante pour parler d'anémie. En effet, quand on a un taux de ferritine qui est bas, cela veut dire qu'on a une carence en fer avérée mais que l'on n'est pas en anémie car celle-ci est signée par la baisse de l'hémoglobine", explique le spécialiste. 

Carence en fer et grossesse

Manquer de fer pendant la grossesse est courant et parfaitement normal. Néanmoins, il est important de la prévenir afin d'éviter une fatigue trop importante et de permettre au bébé de se développer correctement. Comment ? En commençant par intégrer dans son alimentation des aliments riches en fer ou en prenant une supplémentation si votre médecin juge cela nécessaire.

Merci à Gaël Saintenoy, biologiste.