Miction fréquente, douloureuse, difficile : quels troubles ?

Une envie pressante et récurrente d'uriner, une miction douloureuse ou difficile sont souvent associés à la cystite. Ces symptômes peuvent aussi être le signe d'autres maladies. Comment les distinguer ? Tour d'horizon des soucis urinaires les plus fréquents avec le Dr Odile Bagot, gynécologue.

Définition d'une miction

La miction est le terme médical qui désigne l'évacuation des urines de la vessie. Elle est rendue possible grâce au relâchement du sphincter de la vessie qui apparaît de façon concomitante à la contraction du muscle de la vessie, le détrusor. Une miction est considérée comme normale, lorsque cet acte, commandé par la volonté, est indolore et permet de vider complètement la vessie. Dans le cas contraire, on parle de troubles de la miction. 

Miction normale : à quelle fréquence, quelle couleur ?

Le nombre de mictions dépend de la quantité de boissons absorbées et de l'activité physique. "Il faut surtout être attentive à l'abondance des urines, sachant que des mictions fréquentes de petites quantités alertent sur un trouble mictionnel, alors qu'une femme qui boit beaucoup aura plus de mictions mais d'abondance normale. Quant à la couleur, elle doit être jaune clair, si les urines sont foncées et donc concentrées, il faudra boire davantage. Des urines troubles seront plutôt le témoin d'une infection, le trouble étant lié à la présence de globules blancs (leucocyturie). Certains médicaments ou aliments peuvent aussi colorer les urines ou leur donner une odeur particulière. Si les urines sont rouges, on recherchera toujours une hématurie (présence de sang) car elle peut être être le signe de calculs, polypes voire d'un cancer. Notons d'ailleurs que le cancer de la vessie est lié au tabac", explique le Dr Odile Bagot.

Maladies de la miction

Les troubles de la miction regroupent tout ce qui est susceptible de gêner l'émission de l'urine et la vidange de la vessie.

Miction fréquente : quel trouble ?

La pollakiurie se caractérise par l'augmentation de la fréquence des mictions le jour ou la nuit. Elle est le plus souvent le résultat d'une irritation de la vessie causée par une inflammation de la vessie type cystite, des calculs ou un adénome de la prostate. Elle peut s'accompagner de besoins urgents d'uriner ou de brûlures lors de la miction. 

Miction douloureuse : quel trouble ?

Le plus souvent, la miction douloureuse est le signe d'une infection urinaire. "Cela peut aussi être des calculs ou parfois des douleurs liées à des adhérences post-opératoires. Quant à la cystite à urines claires, elle engendre les mêmes symptômes que l'infection urinaire, mais sans germe (mictions fréquentes, douloureuses, impression de ne pas vider sa vessie)", précise la gynécologue.

Miction difficile : quel trouble ?

Lorsque la miction est difficile, on pense en premier lieu à une infection urinaire. "Mais il peut aussi s'agir de calculs vésicaux, de polypes ou de cancer, même si c'est plus rare. C'est également possible dans le cadre de suites opératoires, de chirurgie du prolapsus ou de l'incontinence", commente la spécialiste.

Miction impérieuse : quel trouble ?

Les fuites urinaires surviennent soit sous forme d'incontinence urinaire par impériosité, c'est-à-dire par incapacité de retenir les urines contenues dans la vessie, soit sous forme d'incontinence urinaire d'effort, qui apparaît en cas de toux, ou d'éternuement par exemple et qui peut correspondre à une déficience du sphincter de l'urètre ou à une descente de la vessie (prolapsus).

Miction par regorgement : quel trouble ?

"Elle se manifeste par une sensation de ne pas réussir à vider sa vessie et parfois une petite incontinence (gouttes) après la miction. Elle augmente aussi le risque d'infection urinaire à répétition", observe la gynécologue.

Miction nocturne : quel trouble ?

L'énurésie est un trouble de la miction qui correspond à une émission d'urine involontaire et inconsciente, le plus souvent la nuit chez un enfant qui a dépassé l'âge de la propreté.

Qui et quand consulter ?

Il faut consulter un médecin traitant, gynécologue ou urologue rapidement.

Merci au Dr Odile Bagot, gynécologue, auteure de "Perturbateurs endocriniens, la guerre est déclarée !" chez Mango.