Saisonnalité du coronavirus : l'hiver propice à la contagion

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"Saisonnalité du coronavirus : l'hiver propice à la contagion"

L'arrivée de l'hiver et des basses températures devrait renforcer l'épidémie Covid-19 en France, selon les déclarations des scientifiques. Saison du coronavirus, sensibilité à la chaleur, aux températures, à l'été... Point sur les connaissances.

[Mise à jour le vendredi 18 décembre à 11h46] Si la question s'est posée au début de savoir si le nouveau coronavirus (Sars-CoV-2) responsable de la maladie Covid-19 serait saisonnier comme plusieurs coronavirus, aujourd'hui, cela ne semble plus faire de doute. "Nous entamons une saison à haut risque : l'hiver. La température, l'humidité, le vent, semblent être des facteurs aggravants de l'épidémie" a déclaré Jérôme Salomon, Directeur général de la Santé le 17 décembre alors que l'épidémie causait plus de 15 000 nouveaux en 24 heures. Les mécanismes associés à la saisonnalité relèvent aussi bien du virus que de l'hôte, soulignait Santé Publique France dans une synthèse publiée le 23 juillet. Eléments de réponse. L'hiver est plus propice aux rassemblements en intérieur ce qui favorise la circulation du virus entre les personnes.

Une transmission accentuée l'hiver

L'arrivée de l'hiver devrait être propice à une hausse de la circulation du coronavirus Sars-CoV-2. "Ce virus a une interaction avec le climat, c'est clair, a déclaré  le professeur Jean-François Delfraissy sur RTL le 16 décembre. (...) De très bonnes études de Météo-France suggèrent qu'il y a une corrélation avec ça". Le lendemain, le Directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, confirmait que "nous entamons une saison à haut risque : l'hiver. La température, l'humidité, le vent, semblent être des facteurs aggravants de l'épidémie". Des études ont prédit une diminution estivale de la dynamique de transmission suivie d'une recrudescence hivernale dans l'hémisphère nord et l'inverse dans l'hémisphère sud. Santé Publique France avait alors estimé "qu'une éventuelle saisonnalité ne permettra pas de contrôler à elle-seule la transmission du virus, sans autres mesures de contrôle (masque obligatoire, distanciation sociale...). Ces projections à long terme dépendent fortement de l'immunité acquise." Une donnée pour laquelle les scientifiques manquent encore de recul.

Le coronavirus Sars-CoV-2 sensible à la chaleur ?

"Il a été démontré expérimentalement que le virus SARS-CoV-2 peut être inactivé par une augmentation de la température" confirme Santé Publique France le 23 juillet. Une exposition du coronavirus à 56°C pendant 20 à 30 minutes et à 65°C pendant 5 à 10 minutes permet d'anéantir le potentiel infectieux du Sars-CoV-2 ont précisé le Pr Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Tenon à Paris, le Dr Anne Goffard, enseignante-chercheuse et médecin virologue au CHU de Lille, et Manuel Rosa-Calatrava, directeur de recherche de l'Inserm et directeur adjoint du laboratoire VirPath à Lyon, dans les colonnes de Libération et Ouest France. De ce fait, passer ses vêtements en machine à une température de 60°C avec une lessive habituelle éliminerait le virus qui a pu se poser sur les tissus, selon les données scientifiques.

"L'effet de la température sur la transmission est mesuré comme modeste voire nul"

Un virus qui circule moins l'été ?

Partant du fait que d'autres coronavirus ont une saisonnalité, la question s'est posée pour le Sars-CoV-2 : va-t-il disparaître cet été ? D'après la synthèse d'études publiée par Santé Publique France, "plusieurs études convergent pour montrer une corrélation négative entre la température et la transmission". Ainsi "l'effet de la température sur la transmission est mesuré comme modeste voire nul". On voit d'ailleurs en France que la circulation du virus est en hausse depuis la mi-juillet et que dans d'autres pays, comme en Espagne, elle reprend aussi. L'atténuation attendue de la diffusion du virus durant cet été 2020 aurait été limitée par l'immunité préexistante vis-à-vis du SARS-CoV-2 qui est "nulle ou négligeable dans la première phase d'expansion de l'épidémie" argue Santé Publique France. Trop peu de gens sont immunisés pour que la transmission du virus ralentisse vraiment, comme on peut le voir avec le virus de la grippe par exemple.

Un virus sensible à l'humidité de l'air ?

Parmi les facteurs climatiques susceptibles d'influer sur la transmission de ce nouveau coronavirus, la température et l'humidité ont été les plus explorés, "probablement en raison de la facilité d'accès à ces données" justifie Santé Publique France. Les résultats concernant l'humidité de l'air "vont de l'absence d'une association significative au ralentissement de la transmission si l'humidité augmente" indique l'agence.

A noter : des études menées sur les rayonnements ultra-violets montrent qu'ils semblent ralentir la transmission du SARS-CoV-2, au moins pour un niveau modéré de rayonnement. Même chose lors de l'augmentation de la vitesse du vent

Comment anéantir le coronavirus chez soi ?

Le coronavirus Sars-CoV-2 pourrait survivre à l'état de traces, de fines gouttelettes sur les surfaces de plusieurs heures à plusieurs jours. Mais bonne nouvelle, il est sensible aux désinfectants usuels. Il peut donc être éliminé en nettoyant les surfaces, matériaux et objets à l'eau de Javel à 5 %, à l'eau oxygénée ou encore à l'alcool à 70%. Il est donc préconisé de procéder à un nettoyage régulier de son environnement, à domicile ou au bureau notamment. Les études ont permis de déterminer que le coronavirus survit jusqu'à 3 heures dans l'air après sa diffusion en fines gouttelettes (après un éternuement, une toux, des postillons). Mais "il ne peut pas se balader pas dans les airs, ni parcourir de longues distances" a précisé le Pr Olivier Schwartz responsable de l'Unité virus et immunité à l'Institut Pasteur, invité sur BFMTV le 23 mars. Les particules virales tombent au sol ou se déposent sur les surfaces dans un alentour immédiat (de 1 à 1,5 mètres) selon le Pr Olivier Schwartz, Leur infectiosité décroit dans le temps mais les études ont permis de déterminer que le coronavirus Sars-CoV-2 survit jusqu'à 4 heures sur du cuivre, jusqu'à 24 heures sur du carton et jusqu'à 2 à 3 jours sur du plastique et de l'acier inoxydable, avec une diminution progressive de son infectiosité.

Sources :

Synthèse rapide COVID-19 23 juillet 2020. Saisonnalité de la transmission du Sars-CoV-2 SAISONNALITE DE LA TRANSMISSION DU SARS-COV-2

Covid-19