Le coronavirus s'affaiblit sous les rayons UV du soleil

Le coronavirus Sars-CoV-2 est sensible à la chaleur et aux rayons UV. La montée des températures et l'ensoleillement en juin devraient faire reculer l'épidémie. Le virus pourrait-il totalement disparaître cet été ? Revenir à la fin de la période estivale ? Survivre en espace climatisé ? A quelle température perd-t-il son potentiel infectieux ? Le point sur les dernières connaissances scientifiques mondiales.

Le coronavirus s'affaiblit sous les rayons UV du soleil
© vladischern - 123RF

Le nouveau coronavirus (Sars-CoV-2) responsable de la maladie Covid-19 ne résiste pas une température supérieure à 60 degrés et il s'affaiblit sous les rayons UV produits par le soleil notamment. En revanche, d'après les données disponibles à ce jour, ce virus peut se transmettre dans toutes les régions du monde, y compris les zones chaudes et humides rappelle l'OMS. Son comportement pose encore de nombreuses questions dans de multiples situations. Survivra t-il cet été, notamment dans les espaces climatisés ? Les recherches scientifiques se poursuivent pour dresser le portrait d'un des virus les plus virulents de la planète. Les connaissances actuelles sont compilées et rapportées dans la récente évaluation des risques du coronavirus réalisée par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), travaillant de concert avec l'OMS.

Le coronavirus Sars-CoV-2 peut-il être détruit par la chaleur ?

Les connaissances actuelles permettent de dire qu'une exposition du coronavirus à 56° C pendant 20 à 30 minutes et à 65° C pendant 5 à 10 minutes permet d'anéantir le potentiel infectieux du Sars-CoV-2 ont précisé le Pr Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Tenon à Paris, le Dr Anne Goffard, enseignante-chercheuse et médecin virologue au CHU de Lille, et Manuel Rosa-Calatrava, directeur de recherche de l'Inserm et directeur adjoint du laboratoire VirPath à Lyon, dans les colonnes de Libération et Ouest France. De ce fait, passer ses vêtements en machine à une température de 60° C avec une lessive habituelle éliminerait le virus qui a pu se poser sur les tissus, selon les données scientifiques actuelles.

"Le virus survivra t-il dans les lieux climatisés cet été, dans les hôpitaux ou les Ehpad ?"

Le coronavirus peut-il disparaître à l'arrivée de l'été ?

"Il est possible que ce virus (Sars-CoV-2) soit en partie sensible à certains aspects climatologiques (chaleur et humidité) qui pourraient jouer un rôle, a déclaré le Pr Jean-François Delfraissy Président du conseil scientifique Covid-19 sur la Chaîne de télévision LCP le 15 avril, mais il y a encore beaucoup d'inconnu." Une étude brésilienne en laboratoire montre qu'à des températures comprises entre 16 et 25 degrés, chaque degré d'augmentation diminue la transmission du virus de 4 %. "Ce type de virus respiratoire diminue très largement au moment de l'été, complète le Pr Delfraissy sur BFMTV lundi 27 avril. Est-ce que le nouveau coronavirus aura cette saisonnalité : il y a un certain nombre d'indices qui le suggère, poursuit-il. Par contre on peut s'attendre à l'automne à une récidive possible, (et donc) à une deuxième vague (épidémiologique)." Une étude américaine publiée le 22 avril dans la revue MedRxiv corrobore ces hypothèses : "Les premiers résultats d'études en laboratoire sur les coronavirus apparentés ont prédit que Covid-19 diminuerait à des températures, une humidité et une lumière ultraviolette plus élevées. (...) Nous avons constaté que la lumière ultraviolette était le plus fortement associée à des taux de croissance de Covid-19 plus faibles." L'étude conclue ainsi : "Les projections suggèrent qu'en l'absence d'intervention, Covid-19 diminuera temporairement pendant l'été, rebond à l'automne et pic l'hiver prochain. Cependant, l'incertitude reste élevée et la probabilité d'un taux de doublement hebdomadaire est restée supérieur à 20% tout au long de l'été en l'absence de contrôle. Par conséquent, des interventions politiques agressives seront probablement nécessaires malgré les tendances saisonnières." Une autre inquiétude sur la période estivale : les médecins et virologues s'interrogent sur les espaces climatisés, comme dans les Ehpad et les hôpitaux qui maintiennent une fraîcheur artificielle et créés les conditions favorables à la survie du virus. Quand sera t-il ? La réponse reste en suspens. Les quatre coronavirus endémiques connus dans les populations humaines sont responsables de 10 à 15% des infections hivernales courantes. Ils présentent une saisonnalité marquée dans les climats tempérés, avec un pic entre décembre et avril. Et ils sont à peine détectés pendant les mois d'été. La saisonnalité des coronavirus existe bien et peut être expliqué en partie en fonction :

  • des conditions environnementales : les coronavirus sont plus stables sous une humidité relative basse et moyenne (20–50%). 
  • de la sensibilité des voies respiratoires de chaque humain, de son système immunitaire, et de sa génétique.

Cependant, sur la base d'analyses préliminaires de l'épidémie de COVID-19 en Chine et dans d'autres pays, des taux de reproduction élevés ont été observés non seulement dans les districts secs et froids mais aussi dans les districts tropicaux à forte humidité absolue, comme au Guangxi et à Singapour (source ECDC). Il n'y a aucune preuve à ce jour que le SRAS-CoV-2 affichera une saisonnalité hivernale marquée, comme d'autres coronavirus humains dans l'hémisphère nord. "Cette analyse souligne l'importance de mettre en œuvre des mesures d'intervention fortes telles que le confinement, sans relâcher les efforts à l'arrivée des "beaux jours".

Comment anéantir le coronavirus chez soi ?

Le coronavirus Sars-CoV-2 pourrait survivre à l'état de traces, de fines gouttelettes sur les surfaces de plusieurs heures à plusieurs jours. Mais bonne nouvelle, il est sensible aux désinfectants usuels. Il peut donc être éliminé en nettoyant les surfaces, matériaux et objets à l'eau de Javel à 5 %, à l'eau oxygénée ou encore à l'alcool à 70%. Il est donc préconisé de procéder à un nettoyage régulier de son environnement, à domicile ou au bureau notamment. Les études ont permis de déterminer que le coronavirus survit jusqu'à 3 heures dans l'air après sa diffusion en fines gouttelettes (après un éternuement, une toux, des postillons). Mais "il ne peut pas se balader pas dans les airs, ni parcourir de longues distances" a précisé le Pr Olivier Schwartz responsable de l'Unité virus et immunité à l'Institut Pasteur, invité sur BFMTV le 23 mars. Les particules virales tombent au sol ou se déposent sur les surfaces dans un alentour immédiat (de 1 à 1,5 mètres) selon le Pr Olivier Schwartz, Leur infectiosité décroit dans le temps mais les études ont permis de déterminer que le coronavirus Sars-CoV-2 survit jusqu'à 4 heures sur du cuivre, jusqu'à 24 heures sur du carton et jusqu'à 2 à 3 jours sur du plastique et de l'acier inoxydable, avec une diminution progressive de son infectiosité.

Sources :

Covid-19