Coronavirus chez l'enfant : symptômes, transmission, que sait-on ?

Les enfants peuvent contracter le coronavirus mais présentent généralement des symptômes bénins comparés à l'adulte. Dans une nouvelle étude, des chercheurs estiment que les plus jeunes, de moins de 5 ans, peuvent être des facteurs importants de transmission du virus. Que sait-on à date ?

Coronavirus chez l'enfant : symptômes, transmission, que sait-on ?
©  Jelena Dragovic -123RF

[Mise à jour le vendredi 31 juillet 2020 à 16h01] L'école est finie, les enfants sont en vacances... mais le virus Sars-CoV-2 responsable de la pandémie de coronavirus dans le monde circule encore et il faut redoubler de vigilance pour s'en protéger et éviter une deuxième vague (les plus de 11 ans doivent ainsi porter le masque dans les lieux fermés). Les enfants sont susceptibles d'être infectés par le nouveau coronavirus mais présentent généralement des symptômes bénins par rapport aux adultes. On sait qu'ils transmettent facilement des affections respiratoires (rhume, grippe) et gastro-intestinales (gastro-entérite) mais les doutes persistent quant à leur transmission du virus Sars-CoV-2. Les études restent contradictoires. Une étude menée par des chercheurs américains, publiée dans JAMA Pediatrics le 30 juillet revient sur le sujet et met en évidence un risque de contamination plus élevé par les très jeunes enfants, âgés de moins de 5 ans. Ils ont réalisé des tests de dépistages du virus dans le nez sur 145 patients atteints d'une forme légère à modérée de l'infection Covid-19, du 23 mars au 27 avril : 46 enfants de moins de 5 ans, 51 enfants âgés de 5 à 17 ans et 48 adultes entre 18 et 65 ans. "Nos analyses suggèrent que les enfants de moins de 5 ans atteints de COVID-19 léger à modéré ont des quantités élevées d'ARN viral du SRAS-CoV-2 dans leur nasopharynx par rapport aux enfants plus âgés et aux adultes" expliquent les auteurs dans leurs conclusions. La présence du SARS-CoV-2 était "10 à 100 fois supérieure" dans les voies respiratoires de ces enfants. Combien de cas de coronavirus chez l'enfant à date ? Quels symptômes ? Sont-ils plus contaminants que les adultes ? Point sur les connaissances à date.

Combien de cas de coronavirus chez les enfants en France et dans le monde ?

Comme l'a confirmé le Directeur général de la santé Jérôme Salomon le 23 avril lors d'une audition à l'Assemblée nationale, en France "il y a fort peu d'enfants admis à l'hôpital et encore moins en réanimation. Les extrêmement rares décès sont parvenus chez des enfants ayant des pathologies extrêmement lourdes". Toutefois les enfants semblent autant sujets à l'infection par le SARS-CoV-2 que les adultes : en Chine, le taux d'attaque secondaire au sein de clusters (foyer) intrafamiliaux était d'environ 15 % chez les enfants, similaire à celui observé chez les adultes, et le taux d'infection chez les enfants de moins de 10 ans (7,4 %) était similaire à la moyenne de la population (7,9 %) (1). Les données de la Corée du Sud et de l'Islande – pays ayant entrepris des tests communautaires - suggèrent un taux d'infection significativement plus faible chez les enfants de moins de 10 ans (6,7 %) que chez ceux de plus de 10 ans (14 %). Le nombre global de cas pédiatriques de Covid-19 rapportés dans le monde est toutefois faible, à ce jour, représentant 1 à 5 % de l'ensemble des cas de Covid-19 diagnostiqués :

  • 2 % des cas en Chine âgés de 0 à 19 ans
  • 1,8 % des cas en Italie âgés de 0 à 19 ans
  • 1,7 % des cas aux États-Unis âgés de moins de 18 ans
  • moins de 1,5 % des cas rapportés en France (au 22/04/2020) dans la tranche d'âge 0 à 19 ans.

Les cas les plus graves ont été rapportés aux Etats-Unis avec l'annonce des premiers décès : un bébé de neuf mois mort du coronavirus, le 29 mars, puis d'un second âgé de six semaines, quelques jours plus tard. Au Royaume-Unis un enfant de 5 ans est décédé du Covid-19 le 4 avril. En Italie, pays le plus endeuillé par l'épidémie de coronavirus, au 23 mars, sur les près de 58 000 cas Italiens, 597 étaient des enfants et adolescents de moins de 18 ans (soit 1%). Le taux d'hospitalisation des enfants était à cette date de 11% (17,5% chez les moins de 1 an et 7% chez les plus de 7 ans). Aucun enfant n'a eu recours aux soins intensifs, selon les données de Istituto Superiore di Sanità italien. En Chine, pays d'où la pandémie est partie, la revue Pediatrics rapporte 2 143 cas d'enfants chinois, dont 125 cas graves mais seulement 18 critiques et 1 seul décès. En France, dans le détail, entre le 1er mars et le 24 avril 2020, les cas de moins de 18 ans représentent 0,16 % des cas hospitalisés (sur un total de 86 657) et 0,04 % des décès (sur un total de 13 852) survenus à l'hôpital (données Santé publique France) :

  • 54 enfants de moins de 3 ans ont été hospitalisés pour Covid-19 (2,48 pour 100 000 habitants), dont 7 en réanimation et aucun décès.
  • 12 enfants âgés 3 à 5 ans ont été hospitalisés pour Covid-19 (0,51 pour 100 000 habitants), dont 5 en réanimation et 2 décès (0,85 par million d'habitants).
  • 23 enfants de 6 à 11 ans ont été hospitalisés (0,46 pour 100 000 habitants), dont 6 en réanimation, aucun décès.
  • 52 adolescents de 12 à 17 ans ont été hospitalisés (1,04 pour 100 000 habitants, dont 9 en réanimation et 3 décès (0,60 par million d'habitants).

Néanmoins, face à l'émergence de cas, le doute existe. Depuis le 26 mars, des décès de mineurs, entre 12 et 18 ans, sont rapportés : un en France, un second en Grande-Bretagne, un troisième en Belgique, trois au Portugal ; faisant craindre des cas de décès chez les plus jeunes. C'est dans ce contexte que l'Inserm a lancé un groupe de travail dédié afin d'accélérer la recherche et les progrès pour les jeunes malades, à travers Pedstart, réseau national de recherche clinique pédiatrique qui regroupe une quinzaine d'études françaises.

Quels symptômes du coronavirus chez les enfants ?

Selon l'étude Ped-Covid coordonnée par l'hôpital Necker (AP-HP, Paris) et l'Institut Pasteur auprès de 775 enfants (de 0 à 18 ans), les enfants positifs au Covid-19 sont peu symptomatiques dans la majorité des cas : 69,4% de ces enfants n'avaient jamais eu de symptômes évocateurs. "Cette étude confirme que le plus souvent les jeunes enfants, lorsqu'ils sont infectés par ce nouveau coronavirus, ne développent pas de symptômes de la maladie ou présentent des symptômes mineurs qui peuvent ne pas conduire à évoquer le diagnostic. Les signes très caractéristiques que sont la perte du goût et la perte de l'odorat, n'ont jamais été observés chez les enfants de moins de 15 ans alors qu'ils ont été rapportés par la moitié des adultes " ajoute Bruno Hoen, co-auteur de l'étude et directeur de la recherche médicale à l'Institut Pasteur. Quand elle se manifeste, c'est le plus souvent "par un syndrome grippal banal" nous explique le Dr Fabienne Kochert, pédiatre. 

→ Les formes graves et la létalité chez l'enfant sont exceptionnelles. Elle semblent un peu plus fréquentes chez les très jeunes enfants, souligne le rapport de synthèse de Santé publique France le 4 mai. Dans de rares cas, plusieurs signes de gravité doivent alerter : la toux ou des difficultés respiratoires associées à l'un des signes suivants : cyanose (coloration bleutée de la peau et des muqueuses), détresse respiratoire aiguë (geignement), signes de pneumonie avec un signe d'alarme : la prise de boisson ou l'allaitement est impossible, une perte de connaissance ou des convulsions peuvent survenir.

Sont-ils plus contagieux ?

La première mesure face à l'épidémie de coronavirus en France a été de fermer les écoles pour endiguer la transmission du virus par les enfants que l'on percevait comme de grands vecteurs de contamination. Or, aujourd'hui, les études tendent à montrer que ce n'est pas le cas, que les enfants ne ramènent pas le virus à la maison mais que c'est l'inverse. La majorité des enfants infectés le sont par l'intermédiaire d'une exposition intrafamiliale à un cas suspecté ou confirmé chez un adulte, comme l'a montré une étude publiée le 23 juin par l'Institut Pasteur et menée sur  1 340 personnes reliées aux écoles primaires de Crépy-en-Valois (Oise). La transmission à partir d'enfants infectés, éventuellement asymptomatiques, est possible mais n'a pas été observée. "La principale information nouvelle apportée par cette étude est que les enfants infectés n'ont transmis le virus ni aux autres enfants, ni aux enseignants et ni aux autres personnels des établissements scolaires" a commenté le Dr Arnaud Fontanet, premier auteur de l'étude, responsable de l'unité Epidémiologie des maladies émergentes à l'Institut Pasteur et professeur au Cnam. Une étude menée par l'Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa), publiée le 4 juin sur MedRxivmenée auprès de 605 enfants de moins de 15 ans a aussi conclu que les enfants sont moins contaminés et moins contaminants : "Le taux de tests positifs (RT-PCR) pour les enfants était de 2 à 7 fois inférieur à celui des adultes" précisent les auteurs. 

Les moins de 5 ans, à part ? Une étude menée par des chercheurs américains, publiée dans JAMA Pediatrics le 30 juillet montre que les jeunes enfants peuvent potentiellement être des facteurs importants de transmission du virus. Ils ont réalisé des tests de dépistages dans le nez sur 145 patients atteints d'une forme légère à modérée de l'infection Covid-19, du 23 mars au 27 avril : 46 enfants de moins de 5 ans, 51 enfants âgés de 5 à 17 ans et 48 adultes entre 18 et 65 ans. "Nos analyses suggèrent que les enfants de moins de 5 ans atteints de COVID-19 léger à modéré ont des quantités élevées d'ARN viral du SRAS-CoV-2 dans leur nasopharynx par rapport aux enfants plus âgés et aux adultes" expliquent les auteurs dans leurs conclusions. La présence du SARS-CoV-2 était "10 à 100 fois supérieure" dans les voies respiratoires de ces enfants.

Que faire en cas de doute ou de symptômes ?

Votre bébé présente des symptômes tels que fièvre, toux, fatigue, maux de tête ? Il peut s'agir d'une infection virale comme la grippe mais si votre bébé a été en contact avec des personnes porteuses du coronavirus, on ne peut pas exclure que ses symptômes y soient liés. En cas de signes d'infection respiratoire (fièvre, toux, difficultés respiratoires aiguë), ou des signes cliniques de pneumonie aiguë (grave ou non) sur un terrain fragile présentant au moins une comorbidité, les autorités sanitaires françaises demandent de :

  • Contacter par téléphone un médecin (pédiatre si possible) en faisant état des symptômes perçus.
  • Eviter les contacts avec l'entourage et porter un masque.
  • Ne pas se rendre chez le médecin traitant ou aux urgences sans contact téléphonique préalable, pour éviter toute potentielle contamination.
  • "Faire un test PCR, il s'agit du même test par écouvillon dans le nez que pour l'adulte, détaille le Dr Sylvie Hubinois, médecin pédiatre. Très peu de laboratoires acceptent de pratiquer le test sur les bébés" mais il est indispensable "en cas de symptômes de maladie. Les tests salivaires instantanés se développent, nous espérons une disponibilité d'ici quelques mois", ces tests seront plus faciles à réaliser sur les très jeunes enfants. En cas de positivité du test, "il faudra s'isoler en quatorzaine à la maison, pendant 1 à 2 semaines. Une enquête de cas contact sera lancée sur l'entourage familial, le personnel de la crèche..." explique la pédiatre.

Le médecin va analyser la situation, mettre en place les premières mesures de prise en charge et orienter si besoin vers un laboratoire pour pratiquer un test PCR. La télé-consultation avec des médecins généralistes et pédiatres est possible depuis les plateformes de prise de rendez-vous en ligne. L'indication d'hospitalisation sera portée par le pédiatre selon les mêmes critères que ceux habituellement utilisés pour la prise en charge des enfants atteints d'une infection respiratoire aiguë ou de toute autre pathologie.

Quels risques si l'enfant contracte le coronavirus ? 

Dans une récente étude publiée le 14 juillet dans la revue Nature Communications, des médecins français rapportent le premier cas confirmé de contamination intra-utérine au Covid-19 : "Nous avons montré que la transmission de la mère au foetus est possible via le placenta dans les dernières semaines de grossesse", a expliqué à l'AFP le docteur Daniele De Luca de l'hôpital Antoine Beclere de Clamart, après la naissance en mars d'un nouveau-né, souffrant de symptômes neurologiques associés à la maladie. A l'heure actuelle, les connaissances permettent de dire que "Les enfants ne sont pas épargnés par le Covid-19 même s'ils font en général des formes modérées, détaille le Dr Fabienne Kocher. Il semblerait que le coronavirus se réplique moins chez eux", pour des raisons que l'on ignore encore. "Dans la littérature internationale et sur une cohorte de patients hospitalisés en France comportant plus de 200 enfants, aucun facteur de risque spécifique n'a été identifié pour les quelques formes graves décrites chez l'enfant, du fait de la rareté de ces formes", précise l'AFPA et le GPIP. 

"Plus de formes graves chez les nourrissons"

Néanmoins, "les nourrissons de moins de 1 an, globalement peu atteints, sont plus à risque de formes sévères" prévient Fabienne Kochert. Les données de Santé publique France confirment que les formes graves semblent un peu plus fréquentes chez les très jeunes enfants avec une atteinte des voies aériennes supérieures plus fréquentes que celle des voies aériennes inférieures."Les adolescents sont un peu plus exposés" souligne aussi Jérôme Salomon. Une étude menée mi-mars en Islande sur un groupe cible de 564 enfants de moins de 10 ans, rapporte que 38 d'entre eux (soit 6,7%) se sont révélés positifs au SARS-CoV-2, tandis que 1183 des 8635 personnes âgées de 10 ans ou plus (soit 13,7%) ont obtenu des résultats positifs. Dans les analyses impliquant des participants jusqu'à 20 ans, il a été observé une augmentation progressive avec l'âge du pourcentage de tests positifs. 

Chez les enfants infectés, le délai médian rapporté de détection du SARS-CoV-2 dans les prélèvements naso-pharyngés est de 12 jours après le diagnostic. Il existerait une excrétion prolongée dans les selles, en l'absence de diarrhée, fréquemment retrouvée chez près de 80 % des enfants, jusqu'à 30 jours après le diagnostic et deux semaines après négativation des prélèvements naso-pharyngés, suggérant la possibilité d'une transmission fécale prolongée, sans que les spécialistes sachent précisément si le virus détecté dans les selles par RT-PCR est infectant ou non, et sans qu'il soit aujourd'hui possible d'estimer le poids de la transmission fécale liée à cette excrétion, rapporte Santé publique France le 4 mai.

Existe-t-il un risque de transmission du virus par le lait maternel ?

La transmission du coronavirus par le lait maternel n'est pas prouvée. Les recherches sont en cours. Une très petite étude sur le lait maternel de deux mères infectées au Sars-CoV-2, menée par le laboratoire Elsevier, et publiée dans la revue The Lancet le 21 mai 2020, démontre néanmoins la présence de "l'ARN du SRAS-CoV-2 dans le lait de la mère 2 aux jours 10 (après l'accouchement) (...) et pendant 4 jours consécutifs. Les échantillons prélevés par la suite étaient négatifs." La recherche doit se poursuivre. Le risque de transmission principale lors de l'allaitement réside dans le contact rapproché et prolongé entre la mère et son enfant. Les mères souhaitant allaiter et ayant des symptômes évocateurs du Covid-19 (toux, fièvre, difficultés à respirer) doivent contacter un médecin. Compte tenu des bénéfices de l'allaitement et du rôle très faible du lait humain dans la transmission des virus respiratoires, une mère infectée peut continuer à allaiter. Cependant, des précautions doivent être prises pour éviter toute contamination de la mère à l'enfant par contact direct : il est nécessaire de porter un masque médical sur le visage quand on allaite, de se laver les mains avant et après la tétée et de nettoyer et désinfecter les surfaces contaminées. 

Eviter d'emmener les bébés dans une collectivité de gens fragiles.

Comment protéger les bébés ?

L'enfant pouvant attraper la maladie sans la développer, il est important de "de leur apprendre dès le plus jeune âge à bien se laver les mains fréquemment", rappelle le Dr Pierre Parneix, médecin de santé publique expert sur le Covid-19. Par ailleurs, la vigilance sur le coronavirus peut faire "passer à côté d'autres problèmes de santé. Nous rappelons qu'il est nécessaire de vacciner les nourrissons le plus tôt possible pour ne pas les exposer à d'autres pathologies" rappelle le Dr Fabienne Kochert, pédiatre et présidente de l'Afpa.

Sortie du confinement, la Haute Autorité de Santé (HAS) relaye l'appel du directeur général de la santé, Jérome Salomon lancé le 24 mars dernier, à reprendre d'urgence les vaccinations, en priorité chez les nourrissons et les personnes fragiles (en maladies chroniques). "Poursuivre la vaccination des nourrissons (permet) d'éviter la surmortalité avec les autres infections (à pneumocoques par exemple). La vaccination permet de les protéger des formes graves de ces maladies" dans le contexte de l'épidémie de coronavirus.

La Société française de néonatalogie recommande : 

  • Bien se laver les mains avant de s'occuper du nouveau-né mais aussi après.
  • Ne mettez pas à la bouche la tétine de votre enfant.
  • Le port de masque est indiqué en présence de symptômes respiratoires.
  • L'allaitement est possible.

Mesures barrières à adopter avec les bébés.

Geste 1 : se laver les mains régulièrement;

Geste 2 : se couvrir le nez et la bouche quand on tousse ou éternue;

Geste 3 : se saluer sans se serrer la main, éviter les embrassades;

Geste 4 : se moucher dans un mouchoir à usage unique, le jeter et se laver les mains;

Geste 5 : Porter un masque uniquement si vous présentez des symptômes respiratoires. N'hésitez pas à prendre contact rapidement avec l'équipe médicale.

Quels sont les risques pour mon nouveau-né à la maternité ?

"Les nouveau-nés à la maternité et sortant de la maternité ne présentent pas de risque plus importants qu'avec les autres viroses saisonnières, On sait également que les mamans infectées par le virus n'ont pas donné naissance à des bébés malades en France", indique Fabienne Kochert. Par ailleurs, une petite étude de cas menée sur 9 femmes enceintes atteintes du coronavirus en Chine en janvier 2020 et publiée dans The Lancet a montré qu'il n'y avait pas de transmission du virus à leurs bébés. A la naissance, des échantillons de liquide amniotique, de sang de cordon, d'écouvillon de gorge néonatal et de lait maternel pour 6 patientes ont été testés pour le SRAS-CoV-2, et tous les échantillons ont été négatifs.

Quels sont les risques pour les enfants à la santé fragile ?

Les données Françaises (provenant de Santé publique France) confirme le caractère bénin de l'infection chez les enfants (les cas graves et les décès sont extrêmement rares), mais ne propose pas d'étude sur les facteurs de risques chez les enfants. En Espagne, la description de 365 enfants testés à Madrid (les tests étaient faits chez les enfants hospitalisés ou les enfants avec des comorbidités et des symptômes compatibles avec le Covid-19) rapporte un taux de positivité des prélèvements d'environ 6% la première semaine et 11% à la fin de la 2ème. Parmi les 41 enfants positifs pour le Covid-19, 4 ont eu besoin d'un support respiratoire et 11 avaient des comorbidités. Le "caractère bénin de l'infection à Covid-19 chez l'enfant semble également vrai chez l'enfant atteint d'une pathologie chronique, précisaient l'association française de pédiatrie ambulatoire (l'AFPA) et le groupe de pathologie infectieuse pédiatrique (GPIP) le 27 avril. Il est toutefois possible que la protection particulière apportée à ces enfants par leur famille ait limité leur exposition au Covid-19, faisant ainsi sous-estimer la possibilité de complications induites par le Covid-19 chez ces enfants, soulignent les pédiatres. Par ailleurs, la rareté de certaines conditions pathologiques peut rendre difficile l'identification d'un risque spécifique à ces conditions. Pour ces raisons, les enfants avec certaines maladies chroniques doivent bénéficier de protections renforcées lors du retour en milieu scolaire, notamment les pathologies connues pour être à risque de décompensation sévère à l'occasion d'infections respiratoires virales. Il convient alors de s'assurer auprès du médecin référent des mesures complémentaires éventuelles." La vigilance s'impose chez les enfants qui présentent des facteurs de comorbidité. Les facteurs actuellement connus qui rendent les enfants fragiles en cas d'exposition au virus sont :

  • la mucoviscidose, l'asthme de stade 4 et 5, une malformation pulmonaire restrictive, une insuffisance respiratoire chronique ou bronchopathie sévère.
  • une cardiopathie congénitale sévère.
  • Les enfants en traitement de chimiothérapie ou sous traitement immunosuppresseur et souffrant de néphropathie sont également des cas plus à risque : insuffisance rénale chronique dialysée.
  • Une pathologie neuromusculaire. Le polyhandicap.
  • L'AFPA souligne qu'un environnement familial et social défavorable, ou la présence à domicile d'une personne fragile sont également des facteurs de comorbidité qui pourront être appréciés par le médecin lors de son diagnostic.

"Mais il n'y a pas d'inquiétude particulière à avoir concernant ces enfants. Ils doivent bénéficier de la même attention que lors d'une épidémie de grippe. Le plus important est de respecter les "mesures barrières" : toujours bien se laver les mains, éviter les lieux fréquentés et les personnes malades qui toussent", rappelle Fabienne Kocher.

Merci au Dr Fabienne Kochert, pédiatre et présidente de l'Association de formation professionnelle en pédiatrie (AFPA), et au Dr Sylvie Hubinois, pédiatre et ancienne présidente de l'Afpa.

Sources : Recommandations de l'Unicef et la Société Française de Pédiatrie

Etude sur la propagation du SRAS-CoV-2 dans la population islandaise parue dans The New England Journal of Medecine, 14 avril 2020.

Inserm, réseau Pedstart, communiqué du 16 avril 2020.

Pedstart : Réseau national d'investigation clinique pédiatrique / F-Crin, Réseau de recherches cliniques françaises.

Communiqué AFPA et GPIP, 27 avril 2020.

Synthèse COVID-19 chez l'enfant. État des lieux de la littérature au 24 avril 2020 en amont de la réouverture annoncée des crèches et des écoles, par Santé publique France. 4 mai 2020.

Décret n° 2020-545 du 11 mai 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire.

Société Française de Pédiatrie, Que sait-on du COVID-19 en pédiatrie ? 10 avril 2020.

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