Myélome : définition, pronostic, traitements

Le myélome, aussi appelé myélome multiple ou maladie de Kahler, est un cancer de la moelle osseuse. Qu'est-ce qu'un myélome indolent ? Quels sont les symptômes et les chances de guérison ? Réponses du Pr Xavier Leleu, hématologue, chef du service d'hématologie et de thérapie cellulaire au CHU de Poitiers.

Myélome : définition, pronostic, traitements
© Ivan Shidlovski - 123RF

Définition : qu'est-ce qu'un myélome ?

Le myélome est un cancer de la moelle osseuse, c'est à dire une hémopathie. "Nous avons dans cette moelle des cellules qui produisent les anticorps (les plasmocytes) dont l'organisme a besoin pour se défendre contre les infections. Mais il arrive que ces cellules deviennent malignes et se multiplient en très grand nombre, ce qui devient nocif pour le corps, les reins et les os notamment" explique le Pr Leleu.

Le myélome affecte principalement les seniors : l'apparition de la maladie se fait majoritairement vers 65-70 ans bien qu'il puisse y avoir des formes chez des patients plus jeunes.

Myélome multiple : définition

Dans un organisme sain, lorsqu'une bactérie ou un virus pénètre dans l'organisme, les lymphocytes "B" se transforment en plasmocytes pour produire des anticorps qui permettent de lutter contre la bactérie ou le virus, ainsi arrêter l'infection et permettre une mémoire de l'infection. Dans le myélome multiple, ces plasmocytes sont produits en trop grand nombre et deviennent incapables d'effectuer correctement leur travail. Ces cellules prennent également la place des cellules sanguines normales (globules rouges, autres globules blancs, plaquettes).

Le myélome multiple est donc un cancer du plasmocyte. "La moelle osseuse est comme la sève de l'arbre, illustre le Pr. Leleu. Comme tous les cancers, le myélome va apprendre à survivre et à proliférer jusqu'à envahir la moelle osseuse. Le plasmocyte malin va aussi transformer le reste de la moelle osseuse en une cellule de travail pour la cellule tumorale à l'image d'une fourmilière qui va travailler pour la reine". "Un fois la sève de l'arbre attaquée, la maladie va s'attaquer à l'écorce, c'est à dire à la corticale qui est la structure de soutien des os et va faire des mini-trous causant ainsi des douleurs et des fractures". Comme les plasmocytes tumoraux envahissent la moelle osseuse, ils "polluent" la moelle osseuse saine : les patients vont développer une anémie et risquent des infections. 

Myélome indolent : définition

Le processus de développement du cancer peut être parfois très rapide mais il peut aussi être très lent. Dès lors, il est possible de diagnostiquer un myélome en création. "Vous ne souffrez pas encore des symptômes de gravité du myélome mais vous avez déjà le myélome, en d'autres termes vous êtes porteur du cancer mais de façon assez surprenante, vous allez avoir une période de temps durant laquelle vous serez diagnostiqué, surveillé, et pour autant ne pas avoir nécessité de traitement". explique le Pr. Leleu. Ce myélome indolent est donc en quelque sorte un myélome latent parfois à l'évolution particulièrement lente.

Symptômes

Il n'y a que peu de symptômes caractéristiques du myélome ce qui peut rendre son diagnostic initial difficile ou tardif dans le contexte de la médecine générale. Le myélome multiple se manifeste par une fatigue progressive due à l'anémie, des douleurs osseuses qui sont, la plupart du temps, modérées au départ et sont davantage une gêne que le patient n'écoute pas forcément ou qu'il laisse traîner.

Causes

Comme pour tous les cancers, il y a trois risques qui s'intriquent : 

  • Le risque génétique, transmis par nos parents, c'est-à-dire un risque familial,
  • L'âge
  • Les facteurs environnementaux, comme les pesticides qui augmentent le risque s'il y a déjà un risque génétique.

"Il est impossible, aujourd'hui, d'établir un lien de causalité direct pour un patient avec les facteurs environnementaux: il faut un contact à un certain âge pendant une durée suffisante", précise notre interlocuteur. Le facteur principale du myélome reste d'avoir la phase précancéreuse (MGUS)

Diagnostic

Le diagnostic, suite à la déclaration d'un symptôme, repose en premier lieu sur une analyse sanguine. Celle-ci met en évidence une anémie avec des caractéristiques spécifiques, des anomalies de calcium, des anomalies rénales et la présence d'un anticorps spécifique secrété par la cellule tumorale. Il y a ensuite des examens complémentaires :

  • Le myélogramme est un examen indispensable pour confirmer le diagnostic de myélome. Il s'agit d'un prélèvement de moelle osseuse, dans le sternum ou la crête iliaque. Cet examen est également appelé ponction médullaire ou ponction de moelle osseuse.
  • Un bilan d'imagerie pour analyser les os: bilan radiographique du squelette, et la moelle osseuses: IRM du rachis et du bassin…

L'appréciation pronostic des patients se fait dans le cadre du diagnostic.

Stades

La notion de stades fait référence au pronostic du myélome et donc de l'agressivité de la cellule tumorale (sa capacité de résistance au traitement et/ou son caractère récidivant)

Traitements

Le traitement dépendra toujours de caractéristiques dépendantes du patient, tel que l'âge et les antécédents, et de caractéristiques dépendantes du myélome, gravité de la maladie.

Ces traitements reposent sur les chimiothérapies orientées vers deux grandes familles :

  • les thérapies ciblées
  • l'immunothérapie

La fatigue est aujourd'hui le principal effet indésirable décrit par les patients. "Il y a aussi un aspect sur lequel on a beaucoup appris ces dernières années, explique le Pr. Leleu, Ce sont les soins de support, c'est à dire tous les traitements que l'on donne en parallèle qui n'ont pas d'action directe sur le cancer mais permettent d'éviter les complications." La surveillance biologique du patient est le troisième volet de la prise en charge.

Guérison

Aujourd'hui, le myélome ne guérit pas même si l'espérance de vie médiane s'est nettement améliorée au cours des dernières années.

Pronostic

Le pronostic du myélome est totalement dépendant de la maladie elle-même. Chez certains patients, le myélome peut être très grave alors que pour d'autres les patients pourront vivre avec la maladie pendant encore 15 ou 20 ans. Il est donc difficile, même pour un spécialiste, de se prononcer au départ de façon catégorique sur la durée de vie avec un myélome .

Merci au Pr. Xavier Leleu, hématologue, chef du service d'hématologie et de thérapie cellulaire au CHU de Poitiers.

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