Hépatite E : transmission, contagion, quels traitements ?

Des rats auraient transmis le virus de l'hépatite E (VHE) à plusieurs personnes à Hong Kong. Moins connue que les hépatites B et C, l'hépatite E est aussi une maladie du foie. Comment se fait la transmission ? Est-ce contagieux ? Quels sont les symptômes d'alerte et quels dangers ? Le point sur cette affection hépatique.

Hépatite E : transmission, contagion, quels traitements ?
© Josep Suria - 123RF

Le 30 avril 2020, un homme de 61 ans a été testé positif au virus VHE du rat à Hong Kong. Selon les autorités, une dizaine d'habitants de Hong Kong ont été testés positifs à l'hépatite E provenant des rats, une maladie également connue sous le nom de VHE du rat. Quels risques ? Quels symptômes ? Quels traitements ? Explications.

Définition : qu'est-ce que l'hépatite E ?

L'hépatite E est une maladie provoquée par un virus. Celui-ci se transmet par voie féco-orale, principalement dans les pays d'Asie et d'Afrique, où le niveau d'hygiène est bas. Cependant, depuis le début des années 2000, il a fait son apparition dans des pays industrialisés, comme la France.

La maladie est souvent asymptomatique.

Symptômes

Le plus souvent, la maladie est asymptomatique. Elle passe donc totalement inaperçue. "Mais parfois, après une période d'incubation de 6-8 semaines, elle peut se manifester par des symptômes tels que la jaunisse, des douleurs musculaires, des maux de tête voire de la fièvre, des nausées et des vomissements, une importante fatigue, des douleurs abdominales, des urines foncées et des atteintes des fibres nerveuses", explique le Pr. Christophe Bureau, hépato-gastro-entérologue et Secrétaire Général de la Société Française d'Hépatologie.

Incubation

La période d'incubation suivant l'exposition au virus de l'hépatite E va de 2 à 10 semaines, avec une moyenne de 5 à 6 semaines, selon l'OMS. Les personnes infectées excrètent le virus de quelques jours avant l'apparition de la maladie à 3-4 semaines après.

Fréquence

Dans le monde, cette maladie touche 20 millions de personnes chaque année, entraînant la mort de 44 000 personnes, selon l'OMS. En France, cette maladie se répand : entre 2006 et 2016, le nombre de personnes contaminées est passée de 583 à 76 000 cas, selon l'Anses, principalement dans les régions du Sud.

Causes

L'hépatite E est causée par un virus qui se transmet par la consommation d'eau et d'aliments souillés.

HEPATITE E EN CHIFFRES

L'OMS estime que l'hépatite E a été responsable d'environ 44 000 décès en 2015.

Chaque année, on estime qu'il se produit 20 millions d'infections par le VHE dans le monde, ce qui génère, selon les estimations, 3,3 millions de cas symptomatiques d'hépatite E;

Transmission

Principalement par la consommation d'une eau non potable et de denrées alimentaires contaminées, d'aliments infectés par une eau souillée (les coquillages, les légumes et les fruits) ou encore de produits issus d'un animal porteur du virus (porc, sanglier ou lapin). "En France, c'est principalement par la consommation de viande de porc que le virus se transmet à l'homme, en particulier les saucisses sèches de foie", précise le Pr. Bureau.

Diagnostic

Le diagnostic de l'hépatite E se pose par la description des symptômes (examen clinique), l'historique du patient (ses voyages ou sa consommation alimentaire) et se confirme par une analyse de sang.

Traitement : soigner une hépatite E

Le plus souvent, la maladie régresse seule au bout de trois à cinq semaines. Mais chez les personnes immunodéprimées et chez celles qui ont déjà souffert d'une affection au foie, cette maladie nécessite la prise de Ribavirine, un antiviral déjà utilisé contre l'hépatite C. Il est prescrit pour une durée de trois mois. En 2011, la Chine est parvenue à mettre au point un vaccin contre cette maladie. Mais il n'est, pour le moment, disponible que dans ce pays.

Evolution et complication

Parfois, la maladie se complique et devient " fulminante " (insuffisance hépatique aiguë). Elle nécessite alors une transplantation de cet organe.  Dans 1 à 4 % des cas, la maladie entraine la mort du patient.

Merci au Pr Christophe Bureau, hépato-gastro-entérologue et Secrétaire Général de la Société Française d'Hépatologie.