Lulibérine : définition, rôle, production, manque

Neurohormone produite par l'hypothalamus, la lulibérine contrôle les fonctions gonadiques de l'être humain. Comment est-elle sécrétée ? Quelles causes si on en manque ? Si on en a trop ? État des lieux avec le Dr Carol Burté, spécialisée en médecine sexuelle, sexologie et andrologie.

Lulibérine : définition, rôle, production, manque
© Sebastian Kaulitzki

Définition : c'est quoi la lulibérine ?

La lulibérine est une hormone sécrétée par l'hypothalamus. On l'appelle aussi GnRH (Gonadotrophine releasing Hormone) ou GHRH (Luteinizing Hormone Releasing Hormone).

Quel est son rôle ?

"La lulibérine stimule la fabrication de la FSH (Folliculine Stimulating Hormone / hormone folliculostimulante) et de la LH (Luteinising Hormone / hormone lutéinisante) qui sont sécrétées par l'hypophyse et servent à la régulation des gonades, c'est-à-dire des ovaires chez la femme, et des testicules chez l'homme. Plus globalement, les gonades sont responsables de la fertilité et de la sécrétion des hormones, estradiol et progestérone chez la femme (ainsi qu'un peu de testostérone) et testostérone chez l'homme", indique le Dr Carol Burté. Parfois surnommée "hormone des préliminaires" ou "hormone du désir", la lulibérine serait aussi libérée avant l'acte sexuel pour aider le corps à s'y préparer. Elle a donc pour vocation de stimuler le désir. 

Comment est-elle sécrétée ?

Pendant l'enfance, il y a peu de sécrétion de lulibérine. Elle commence à être produite au moment de la puberté pour stimuler la sécrétion des hormones sexuelles et favoriser le déploiement des fonctions reproductives. "Cela se fait de façon pulsatile, toutes les 90 minutes. Chez la femme, sa sécrétion varie en fonction du cycle menstruel, avec un pic au moment de l'ovulation. Durant la grossesse et l'allaitement, la GnRH n'est plus libérée par l'hypophyse", précise la spécialiste.

Peut-on faire un dosage ?

"Le dosage de la lulibérine est rarement utile. On dose plutôt la LH (hormone lutéinisante) et la FSH (hormone folliculostimulante), notamment pour explorer un retard ou une précocité de puberté", explique le Dr Carol Burté. Le dosage de ces hormones peut également être indiqué dans l'exploration et le diagnostic de l'infertilité et plus généralement des situations d'hypogonadisme. Toutefois, dans certains cas, un test de stimulation à la GnRH peut être réalisé pour spécifier une insuffisance gonadotrope, c'est-à-dire un trouble fonctionnel des testicules chez l'homme et des ovaires chez la femme. 

Quelles causes si on en manque ? 

La sécrétion de la GnRH peut être diminuée ou arrêtée dans le cadre d'une maladie de l'axe hypothalamo-hypophyso-gonadique telle que la présence d'un adénome hypophysaire, ou un hypogonadisme (insuffisance du fonctionnement des ovaires ou des testicules). "Le syndrome de KALLMANN est une pathologie rare dans laquelle la lulibérine n'est pas sécrétée, ce qui a pour conséquence d'empêcher le développement pubertaire et d'entraîner une infertilité", ajoute le médecin. 

Quelles causes si on en a trop ?

Chez la jeune fille, un taux anormalement élevé de lulibérine peut être le signe d'une puberté précoce.

 "Les analogues de la GnRH sont utilisés pour traiter certains cancers de la prostate car ils mettent au repos les gonades. Ils peuvent également être utilisés dans le cancer du sein hormono-dépendant chez la femme non ménopausée afin de bloquer la production d'œstrogènes par les ovaires. Ce traitement est également très efficace pour soulager les symptômes de l'endométriose", commente le Dr Carol Burté.

Dr Carol Burté, spécialisée en médecine sexuelle, sexologie et andrologie.