Implants mammaires et lymphome : quelles recommandations ?

La pose d'implants mammaires, pour motif esthétique ou médical, peut dans de rares cas, provoquer l'apparition d'un lymphome, selon l'Agence du médicament.

Implants mammaires et lymphome : quelles recommandations ?
© Aleksey Tugolukov - 123 RF

[Mis à jour le 20/12/18] Après l'affaire des prothèses mammaires PIP, les autorités sanitaires françaises s'étaient engagées à mettre en place des contrôles et une surveillance renforcée des effets indésirables consécutifs à la pose de ces dispositifs médicaux. Dans ce contexte de surveillance, "les dispositifs médicaux (implants mammaires et expandeurs tissulaires) des gammes Microcell et Biocell de la marque Allergan (identifiée dans la majorité des cas reportés de lymphomes) ne disposent plus du marquage CE depuis le 17 décembre 2018", informe l'Agence nationale de santé et du médicament dans un communiqué du 18 décembre 2018. Et de conseiller "aux professionnels de santé d'utiliser de préférence des implants mammaires à enveloppe lisse dans l'attente de l'avis d'un comité d'experts qui se réunira les 7 et 8 février prochains".  A l'issue de cette audition, l'ANSM prendra une décision quant à l'utilisation des implants mammaires à enveloppe texturée. Pour le moment, "l'ANSM n'a pas identifié de risque immédiat pour la santé des femmes porteuses des implants concernés", mais ces femmes doivent toutefois bénéficier d'informations complètes et claires et d'un suivi annuel, rappelle l'Agence.

Que sait-on de ces lymphomes ? 

En novembre 2018, 53 cas de femmes atteintes de lymphome anaplasique à grandes cellules ont été comptabilisés en France. Le groupe d'experts réunis d'urgence avait alors confirmé un lien "clairement établi" entre la survenue de ce cancer et le port d'un implant mammaire. Mais, l'Agence du médicament se veut rassurante : "cette pathologie reste rare comparée au nombre d'implants mammaires posés chaque année". En France, on estime que 400 000 femmes portent des prothèses mammaires. Par ailleurs, il existe encore de nombreuses interrogations, notamment concernant les causes possibles d'apparition de cette pathologie. Pour le moment, seules les prothèses de la marques Allergan sont retirés du marché français et européen.

Quelles recommandations pour les femmes ?

Même si le risque est rare, il existe. Il est donc susceptible d'inquiéter les femmes qui ont déjà une prothèse ou qui envisagent de s'en faire poser une. Mais les femmes doivent tout de même se faire surveiller régulièrement, même en l'absence de symptôme, afin de vérifier l'état de la prothèse. Quant à celles qui envisagent de le faire, l'ANSM rappelle qu'elles doivent être informées. Ainsi, les professionnels de santé ont "obligation d'apporter une information complète aux femmes concernées". De plus, "le choix de la pose d'un implant mammaire, que ce soit dans un contexte esthétique ou dans le cadre d'une reconstruction mammaire, doit pouvoir être évalué et décidé en connaissant les risques associés".

Les signes qui doivent alerter

En outre, les femmes doivent connaître les signes cliniques évocateurs d'une anomalie au niveau du sein : épanchement, masse au niveau de la prothèse, douleur, inflammation, ulcération, voire altération de l'état général avec de la fièvre. Dans tous les cas, il faut consulter un médecin, rappelle l'ANSM. "Il est recommandé de pratiquer une échographie. Si cet examen n'est pas suffisant, une IRM est préconisée en deuxième intention, précise l'agence. Quoi qu'il en soit, à titre préventif, il est important que la personne implantée soit suivie régulièrement par un médecin."

  • Les professionnels de santé et les patients sont invités à déclarer tous les signalements d'effets indésirables sur le portail : signalement-sante.gouv.fr

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