Renforcer ses défenses immunitaires : plantes, aliments...

À l'approche de l'hiver, le système immunitaire peut être fragilisé par le changement de saison, l'apparition des virus avec le froid, la fatigue et le stress de la rentrée… Aliments, épices, plantes, homéopathie, huiles essentielles... Tour des solutions avec nos trois experts.

Renforcer ses défenses immunitaires : plantes, aliments...
© amaviael - 123RF

Définition : c'est quoi les défenses immunitaires ?

"Il s'agit d'un système de défense de notre organisme qui a le pouvoir de lutter contre toute forme d'agression pouvant déséquilibrer notre organisme", définit Émilie Kapps, naturopathe à Paris. On parle aussi bien d'agressions extérieures (virus, microbes, bactéries) que d'agressions intérieures (des cellules du corps qui peuvent se dégrader)". Le système immunitaire inclut tous les tissus, organes, cellules impliquées dans l'immunité et qui vont nous permettre de développer des anticorps : globules blancs, lymphocytes ou encore leucocytes selon l'organe qui les produit et la façon dont ils sont produits. "Ces anticorps vont empêcher la pénétration et l'attaque de tous ces germes, virus, microbes dans l'organisme, de réparer les agressions internes qui vont provoquer des déséquilibres voire des maladies", explique la naturopathe. Les principaux organes impliqués dans le système immunitaire sont :

  • La moelle osseuse ;
  • Le thymus (glande située dans la partie supérieure du thorax, juste sous le sternum entre les poumons) ;
  • Les ganglions ;
  • Les amygdales ;
  • La rate.

Booster son système immunitaire, cela se prépare. "Il faut le faire dès l'automne, car les jours raccourcissent, une petite fatigue se fait sentir, le changement de saison arrive, le métabolisme fonctionne un peu plus au ralenti, les virus avec le froid reviennent, le stress de la rentrée est là… Et peuvent déséquilibrer l'organisme. Il est nécessaire de préparer son système immunitaire à affronter tout cela !", ajoute-t-elle.

Avec l'alimentation ?

Maintenir son système immunitaire passe d'abord par l'hygiène de vie. "Il est conseillé de maintenir une activité sportive, avoir un bon sommeil et faire attention à gérer son stress, indique Émilie Kapps. Le premier réflexe à avoir quand on veut stimuler ou booster son immunité, c'est aussi changer son alimentation. L'idée n'est pas de faire un régime, mais de faire le plein d'aliments qui vont avoir une action sur le système immunitaire, grâce notamment à la vitamine C, D, E, le zinc, le magnésium et le sélénium". On en trouve dans divers aliments :

La vitamine C : "Elle est bonne pour le tonus, elle renforce le système immunitaire, réduit la fatigue", indique-t-elle. On la trouve dans les agrumes, l'acérola, le persil, le cassis, la salade, le chou, le poivron, le kiwi… ;

La vitamine E : "Elle est un stimulant du système immunitaire". On la trouve dans l'huile de germe de blé, les céréales complètes, les fruits oléagineux, la laitue, les épinards, les huiles végétales… ;

La vitamine D : essentielle au bon fonctionnement de notre organisme et impliquée dans le maintien de notre immunité on la trouve dans les poissons gras et l'huile de foie de morue ;

Le magnésium : "il lutte contre la fatigue, maintient le système immunitaire". On le trouve dans le cacao, le chocolat noir, les fruits oléagineux, le sésame, les lentilles, les fruits secs, l'eau minérale, les pois chiches… ;

Le zinc : "Au-delà d'être un puissant cicatrisant et antiinflammatoire, c'est un booster d'immunité". On le trouve dans les huitres, les fruits de mer, le poisson, la viande, les œufs, les graines de courges, légumes secs, les céréales complètes… ;

Le sélénium : "connu pour ses propriétés antioxydantes, il joue un rôle dans le système immunitaire". On le trouve dans les œufs, la viande, le lait, le fromage, l'ail, le brocoli, l'algue, par exemple.

"Si vous souhaitez avoir un système immunitaire optimal, il faut veiller à avoir une bonne dose de protéines, car les acides aminés essentiels qui se trouvent dans les protéines sont constitutifs du système immunitaire, ajoute Émilie Kapps. C'est dans les protéines animales qu'on trouve les huit acides aminés essentiels. Les végétariens et végétaliens vont devoir reconstituer méthodiquement la chaîne de protéines leur permettant de bénéficier de ces acides aminés".

Avec des plantes ?

La phytothérapie est une méthode qui utilise l'action des plantes médicinales. De nombreuses plantes peuvent renforcer le système immunitaire et aider à lutter contre la survenue d'infections hivernales comme les angines, les rhumes ou la grippe. Certains extraits de plantes, de fruits ou d'autres substances peuvent aider à la défense naturelle de l'organisme. Ces plantes se prennent généralement sous forme de comprimés, mais aussi sous forme d'huile à appliquer, de tisanes, d'homéopathie… "Il existe plusieurs plantes connues pour booster le système immunitaire, qui ont fait leurs preuves et qui reviennent en permanence", note la naturopathe.

L'échinacée : il s'agit d'une plante antivirale et antimicrobienne. "Elle se prend en infusion ou en gélule, en cure de trois semaines, avec une posologie qui dépend de la personne et du produit", conseille-t-elle. ;

► Les plantes adaptogènes : "ces plantes s'adaptent aux différents besoins de l'organisme, et vont stimuler sa capacité de résistance au stress, à la fatigue, au froid, aux virus…". On peut mentionner la rhodiola (tonifiante, fortifiante, revigorante, dynamisante) et l'astragale (recommandée pour tout ce qui est résistance à la fatigue, au froid…) ; "Attention, car on ne peut pas combiner les plantes adaptogènes, comme la rhodiola et l'astragale par exemple. Il faut toujours se renseigner auprès de son médecin, naturopathe, pharmacien, ou auprès d'une herboristerie avant de commencer une cure. Il faut prendre en considération ses traitements en cours, s'il existe des contre-indications, etc"

La propolis est une substance que les abeilles récoltent : elle est constituée d'un mélange de cire d'abeille, de résine et de pollens apportant des oligo-éléments et des vitamines. Elle possède des bienfaits antiseptiques, bactéricides, antiviraux et anti-infectieux et contribue au renforcement des résistances naturelles de l'organisme en particulier en saison hivernale. En usage interne ou externe (sous forme d'huile à appliquer sous la plante des pieds), il possède une grande efficacité dans la prévention des infections respiratoires et des rhumes ;

Le Ginseng est une plante chinoise possédant des vertus tonifiantes. Il permet d'augmenter l'oxygénation des cellules, participe à la stimulation des fonctions immunitaires et lutte contre les fatigues intenses ;

► Le camu camu compte parmi les fruits les plus riches en vitamine C. Il apporte ainsi beaucoup d'énergie et participe à la lutte contre les infections ;

La spiruline, algue verte aux nombreuses vertus.

"En général, il faut 3 semaines minimum pour que le corps réagisse aux signaux qu'on lui envoie, ajoute la naturopathe.On peut faire une pause d'une semaine et on renouvelle si nécessaire. Faire une cure tout l'hiver ne sert à rien : le corps s'adapte au message et ne réagit plus lorsque nécessaire. Une cure a un début ou une fin".

Avec des médicaments ?

"Il n'existe pas de médicament d'usage quotidien en médecine générale qui stimule directement l'immunité, indique le Dr François Mulet, médecin généraliste et homéopathe. Un médecin va essayer de comprendre pourquoi il y a cette baisse des défenses immunitaires, et va donner des compléments alimentaires en cas de carence (fer, magnésium, etc.). Ces derniers vont indirectement agir sur leur système immunitaire en reboostant les métabolismes cellulaires, et leur physiologie. Les médicaments qui existent pour booster l'immunité sont prescrits chez des personnes naturellement immunodéprimés, parce qu'elles ont une maladie auto-immune. Mais ce sont médicaments très spécifiques d'usage hospitalier ; le plus souvent permettant de stimuler le développement des globules blancs".

Avec des compléments alimentaires/vitamines ?

Vitamine C, D, E, zinc, magnésium, sélénium… "Les compléments alimentaires et les vitamines indiqués pour booster son système immunitaire sont les mêmes que pour la phytothérapie et l'alimentation", indique Émilie Kapps. "Pour renforcer ses défenses immunitaires, je prescris de la vitamine D, du zinc, ainsi que des prébiotiques et des probiotiques, qui améliorent l'équilibre de la flore intestinale et permettent de lutter contre les déséquilibres liés au virus", ajoute le Dr Éric Atlani, médecin généraliste à Cannes.

Avec l'homéopathie ?

"Le principe de l'homéopathie est de donner un traitement spécifique en fonction des symptômes, et aussi en tenant compte du terrain (c'est-à-dire de la sensibilité propre) de chaque individu, et de ses antécédents. En somme : c'est traiter la personne dans sa globalité. Ainsi, il existe plusieurs traitements homéopathiques spécifiques pour renforcer les défenses immunitaires avant l'arrivée de l'hiver". On peut tout de même citer deux médicaments homéopathiques recommandés pour tout le monde :

► Oscillococcinum® : "il est conseillé de prendre une dose chaque semaine en prévention des virus de l'hiver", conseille le Dr Mulet ;

► Influenzinum (dilution du vaccin contre la grippe), en prenant une dose en 9 CH une fois par semaine. "Attention, l'homéopathie n'est pas un vaccin ! En aucun cas l'homéopathie ne permet d'obtenir une réaction immunologique anti-virus de la grippe. Elle vise à stimuler les ressources de l'individu pour l'aider à mieux se défendre".

"Il existe ensuite des terrains plus propices à tel ou tel avènement chez certaines personnes, pour lesquelles on ciblera des médicaments", poursuit le Dr Mulet. On pense notamment :

Aux personnes qui ont des antécédents de grippe intestinale, de bronchite chronique ou d'asthme (infection chronique des voies respiratoires) : "on va utiliser Sérum de Yersin, un produit très efficace pour stimuler les défenses immunitaires. Il est conseillé de prendre une dose en 9 CH une fois par semaine" ;

→  Aux personnes qui ont des antécédents de suppuration (sinusites, otites, angines avec du pus associé) : "on a recours à Echinacea, une plante bien connue en phytothérapie, et qui possède un effet booster de l'immunité en prévention des phénomènes de suppuration. Elle est utilisée en homéopathie en basse dilution (5 CH) une fois par jour, pour se rapprocher des effets connus de la teinture mère et de ses propriétés phytothérapeutiques" ;

Aux personnes qui ont des antécédents infectieux intestinaux et qui conservent une fragilité au niveau intestinal : "elles peuvent se tourner vers Baptisia, en plus de Serum de Yersin, indique le Dr Mulet. Si par exemple on constate dans l'entourage des épisodes de gastro-entérite, on peut prendre 5 granules en 5CH une fois par jour en prévention pendant la période d'exposition, de manière à augmenter les défenses immunitaires digestives" ;

→  Aux enfants fatigués avec une grosse fragilité respiratoire, une tendance à l'asthme, aux otites et aux ganglions : "on recommande Aviaire en dose 15 CH une fois par semaine", note le médecin ;

→  Aux personnes fragiles lors des expositions au froid humide : "on conseille Dulcamara (Douce-amère). Si votre enfant développe une otite, une rhinopharyngite… dès qu'il pleut, qu'il y a du brouillard, qu'il sort de la piscine par exemple, il s'agit du médicament le plus adapté. On recommande une dose en 15CH une fois par semaine pendant toute la période humide (automne/hiver), une juste une fois après l'exposition (averse, climatisation, transpiration…)".

Avec des huiles essentielles ?

L'aromathérapie utilise des huiles essentielles extraites des plantes, à des fins médicales. Elle peut soigner les petits maux du quotidien : rhume, fatigue, sommeil… en agissant sur le système nerveux et le système circulatoire. "La première huile essentielle que je recommande est l'huile de ravintsara, qui a des propriétés incroyables, conseille Émilie Kapps. On peut la diffuser chez soi pour purifier l'air, se débarrasser des microbes et des bactéries, ou l'inhaler en versant deux gouttes sur un petit mouchoir qu'on va respirer à plusieurs reprises dans la journée".  Autre huile intéressante : l'huile essentielle de citron. "Elle est antimicrobienne, antivirale, antiseptique antifongique…", observe la naturopathe. On peut l'utiliser de la même manière que l'huile essentielle de ravintsara.

Avec des épices ?

Pour booster le système immunitaire, il est également possible d'avoir recours aux épices, un remède très présent dans la médecine chinoise et ayurvédique. "On prend deux tasses par jour de tisane épicée : gingembre, piment de Cayenne, curcuma, cannelle…", conseille-t-elle. Ces épices sont protectrices, antivirales et stimulante du système immunitaire, et activent la circulation sanguine et lymphatique. "Il faut bien choisir ses épices, le but n'est pas de tout mélanger et faire un pot-pourri !", prévient la naturopathe. N'hésitez pas à demander conseil.

Avec la lithothérapie ?

Sinon, certaines personnes ont recours à d'autres remèdes : "la lithothérapie, par exemple, consiste à porter sur soi une pierre, car on estime qu'elle produit de l'énergie qui va harmoniser le corps et l'esprit. Chaque pierre a sa vertu, et si on croit à cela, on devrait porter une pierre de grenat rouge pour l'énergie", indique-t-elle.

Avec la sylvothérapie ?

"Il est conseillé de s'exposer le plus possible à la lumière du jour pour booster son système immunitaire", indique la naturopathe. On produit de la vitamine D, constitutive du système immunitaire. "Il a également été prouvé que d'être en contact avec la nature est un booster du système immunitaire. C'est ce qu'on appelle la sylvothérapie".

Avec le sauna ou le hammam ?

"Faire du sauna ou du hammam aide à détoxifier l'organisme et à oxygéner les cellules, à activer la circulation sanguine", complète-t-elle.

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Quelles précautions et contre-indications ?

► Échinacée : Ne pas utiliser en cas de maladies évolutives et maladies auto-immunes et d'allergies ; Contre-indiquée en cas de grossesse et d'allaitement.

► Rhodiola : Ne pas utiliser en cas d'états d'excitation ; peut provoquer des insomnies ; contre-indiquée en cas de grossesse et d'allaitement.

► Astragale : Ne pas utiliser en cas de maladies auto-immunes ; peut provoquer des réactions allergiques bénignes et troubles gastro-intestinaux ; contre-indiquée en cas de grossesse et d'allaitement.

► Huile essentielle de Ravintsara : interdite aux femmes enceintes, femmes allaitantes et aux enfants de moins de 8 ans ; déconseillée en cas d'asthme et d'antécédents de crises épileptiques.

► Huile essentielle de citron : interdite aux femmes enceintes, femmes allaitantes et aux enfants de moins de 8 ans.

Merci à Émilie Kapps, naturopathe à Paris, au Dr François Mulet, médecin généraliste et homéopathe et au Dr Éric Atlani, médecin généraliste à Cannes.

Remèdes naturels et autres médecines douces