Paralysie de Bell : c'est quoi, causes, durée

La paralysie de Bell, aussi appelée "paralysie faciale a frigore", se caractérise par une faiblesse subite ou une paralysie des muscles d'un côté du visage. Quelles sont ses causes ? Quels exercices faire pour récupérer ? Peut-on en guérir ? Le point avec le Dr Antoine Moulonguet, neurologue.

Paralysie de Bell : c'est quoi, causes, durée
© racorn/123RF

C'est quoi la paralysie de Bell ?

La paralysie faciale a frigore (ou paralysie de Bell) désigne une paralysie d'un côté du visage.

Quelles sont les causes ?

L'immobilisation, qui affecte un côté du visage, est souvent favorisée par un rhume, la fatigue ou un degré de stress élevé. Le terme "a frigore" vient du fait que l'on pensait autrefois que le froid était à l'origine de la maladie. Entre 50% et 80% des cas de paralysie faciale a frigore sont causés par le virus Herpès Simplex. 

Le stress peut-il être lié ?

Si la paralysie de Bell est généralement d'origine virale, elle peut être favorisée par un stress permanent. 

Quels symptômes ?

"La paralysie de Bell se manifeste par une asymétrie du visage avec une difficulté ou une impossibilité de fermer l'œil du côté de la paralysie et une déviation de la bouche vers le côté non atteint", explique le Dr Antoine Moulonguet. 

Quelle est la durée d'une paralysie de Bell ?

"L'évolution est variable, certaines formes permettent une récupération rapide en quelques semaines (cas le plus fréquent) et d'autres entraînent des séquelles durables", indique le neurologue.

Comment la soigner ?

Le traitement de la paralysie de Bell repose sur la prévention des complications oculaires dues au fait que la paupière ne protège plus l'œil. "Il faut donc mettre des gouttes pour protéger la cornée et prendre un avis ophtalmologique en urgence", prévient le Dr Antoine Moulonguet. La nuit, une occlusion de l'œil est nécessaire, le jour il faut porter des lunettes pour protéger l'œil. "Le traitement immédiat doit comporter une prévention anti herpès virus (zelitrex ou zovirax) associée à une courte corticothérapie. Si on note d'autres signes associés à la paralysie faciale et notamment des troubles sensitifs de l'hémiface (engourdissement ou perte de sensibilité) un complément par une I.R.M. encéphalique est nécessaire. Sur le plan biologique devant un premier épisode, il faut vérifier la glycémie la sérologie de Lyme et la sérologie VIH", continue le spécialiste. 

Quels exercices faire ?

Certains exercices favorisent la récupération. Par exemple : froncer les sourcils, plisser le front, montrer les dents, plisser le nez, fermer les yeux, s'entraîner à sourire la bouche ouverte, puis avec la bouche fermée, abaisser la commissure des lèvres, gonfler puis creuser les joues. Il est recommandé de les exécuter plusieurs fois par jour en prenant son temps, sans oublier de se reposer si l'on sent que l'on commence à fatiguer. "Une prise en charge en kinésithérapie reste discutée, personnellement je la conseille, cinq séances pour apprendre les mouvements de rééducation", commente le neurologue.

La guérison totale est-elle possible ?

"La majorité de ces paralysies régresse sans ou avec très peu de séquelles, rassure le Dr Antoine Moulonguet. Mais il existe des formes avec des séquelles esthétiques importantes en rapport avec la persistance de l'asymétrie, pouvant justifier une consultation auprès d'un plasticien".

Quelles séquelles ?

"Des séquelles à type de mouvements anormaux ou de contractures de l'hémiface paralysée s'intégrant dans le cadre d'un hémispasme peuvent parfois survenir de même qu'un larmoiement important de l'œil du côté de la paralysie, justifiant un avis spécialisé en neurologie", note le neurologue.

Le vaccin Pfizer du Covid peut-il causer cette paralysie ?

L'Agence européenne des médicaments (EMA) a donné son autorisation pour la mise sur le marché du vaccin Comirnaty, développé par Pfizer/BioNTech au sein de l'UE le 21 décembre. Le 24 décembre, la Haute Autorité de Santé (HAS) a donné son feu vert pour son déploiement en France et la campagne de vaccination a débuté 3 jours plus tard, le 27 décembre. Selon l'avis émis par l'EMA le 21 décembre, quatre cas de paralysie de Bell sur 22 000 personnes vaccinées lors des essais cliniques ont été rapportés dans les jours qui ont suivis la vaccination (de 3 à 48 jours). Toutefois, la relation causale avec le vaccin n'est pas établie et dans la plupart des cas, la paralysie s'est dissipée au bout d'une semaine avec la prise d'anti-inflammatoires. Le Dr Moulonguet qui n'a pas rencontré de tel cas souligne qu' "il n'y a pas de publication neurologique très détaillée sur la question" à date. Selon lui "la prise en charge est la même que pour les paralysies faciales périphériques courantes hors vaccin". 

Merci au Dr Antoine Moulonguet, neurologue, auteur sous le nom d'Antoine SENANQUE de Guérir quand c'est impossible aux éditions Marabout.

Source : EMA recommends first COVID-19 vaccine for authorisation in the EU, Agence Européenne du médicament (EMA), 21 décembre 2020

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