Vitamine K : bienfaits, rôle, aliments, carence

La vitamine K intervient dans la coagulation sanguine, la minéralisation osseuse et la croissance cellulaire. Sa carence est fréquente chez le nouveau-né. Quels sont ses bienfaits pour la santé ? Où la trouver ? Dans quels aliments ? Peut-on se supplémenter en vitamine K ?

Vitamine K : bienfaits, rôle, aliments, carence
© Anna Pustynnikova - 123RF

Définition : qu'est-ce que la vitamine K ?

La vitamine K est une vitamine liposoluble (soluble dans le gras), tout comme les vitamines A, D et E. Elle existe principalement sous deux formes : la vitamine K1 (phytoménadione, phylloquinone ou phytonadione) et la vitamine K2 (ménaquinones). Elle est apportée à la fois par l'alimentation, notamment les légumes verts, et par la flore intestinale. La vitamine K1 intervient plus directement dans le processus de la coagulation, tandis que la K2 agit plutôt sur la calcification des tissus mous. Il existe une troisième forme (la vitamine K3), synthétique, que l'on trouve dans les médicaments, les suppléments ou dans les suppléments multi vitaminiques.

Besoins journaliers

Les besoins en vitamine K

  • Homme : 1 μg/kg de poids corporel/j
  • Femme : 1 μg/kg de poids corporel/j

Nom : pourquoi l'appelle-t-on "vitamine K" ?

Son nom vient de l'allemand Koagulation par rapport au fait qu'elle joue un rôle dans la coagulation sanguine.

Bienfaits

La vitamine K est essentielle au processus de la coagulation sanguine en permettant la fabrication de certains facteurs de cette coagulation au niveau du foie. Elle intervient également au niveau du métabolisme des os. "À tout âge, il est indispensable d'avoir un bon apport en vitamine K pour favoriser la croissance puis le renouvellement du tissu osseux", assure le Professeur Luc Christiaens, chef de service de Cardiologie au CHU de Poitiers. "Elle joue également un rôle important dans la minéralisation osseuse : elle est d'ailleurs proposée dans la prévention de l'ostéoporose,"

Rôle dans la coagulation

La vitamine K est principalement connue pour son rôle clé dans la coagulation sanguine (et plus spécifiquement la vitamine K1). Elle empêche les hémorragies en activant de nombreux facteurs de la coagulation.

Vitamine K chez le nourrisson

Une supplémentation en vitamine K est donnée systématiquement au nouveau-né à la maternité. Elle permet ainsi de compenser les réserves inexistantes en vitamine K du nourrisson. Cet apport limite les risques d'hémorragies dans les premiers mois de vie.

Vitamine K et allaitement

Pour prévenir les risques hémorragiques (qui restent heureusement rares), les médecins préfèrent supplémenter systématiquement les nourrissons en vitamine K dès la naissance et ce pendant toute la durée de l'allaitement maternel exclusif.

Aliments riches en vitamine K

La vitamine K1 se trouve majoritairement dans les légumes vert foncé comme les épinards, le brocoli, le chou frisé et les asperges, ainsi que les huiles végétales (olive, colza, soja…). On trouve en revanche de la vitamine K2 dans les produits laitiers fermentés (fromages affinés, yaourts, lait), les abats et les huiles de poisson.

Exemples de sources en vitamine K1 (teneurs issues du tableau Cliqual de l'Anses) :

  • Chou frisé (817 µg pour 100g)
  • Cresson (541 µg pour 100g)
  • Epinard (482 µg pour 100g)
  • Blette (327 µg pour 100g)
  • Brocoli (141 µg pour 100g)
  • Huile de colza (71 µg pour 100g)
  • Huile d'olive (60 µg pour 100g)

Exemples de sources en vitamine K2 (teneurs issues du tableau Cliqual de l'Anses) :

  • Foie d'oie (369 µg pour 100g)
  • Cuisse de poulet (34.3 µg pour 100g)
  • Edam (34.3 µg pour 100g)

Les fruits les plus riches en vitamine K (ils en contiennent entre 1 et 10 µg pour 100g) sont : la pomme, la datte, la figue, le raisin, la pêche, la prune, la rhubarbe, la myrtille, la fraise...

Aliments pauvres en vitamine K

Les aliments les plus pauvres en vitamine K (moins de 1 µg pour 100g) sont le lait de vache, les yaourts, le maïs, le pain blanc, les pommes de terre, les cacahuètes, les champignons, le navet, les concombres...

Les fruits les plus pauvres en vitamine K sont : le melon, la pastèque, l'orange, le pomelo, la mangue. 

Carence 

"L'apport quotidien suffisant est variable suivant l'âge et le sexe : 30 à 75 mcg entre 1 et 18 ans, 90 mg chez la femme adulte et 120 mcg chez l'homme adulte. Cette vitamine K est stockée dans le foie pour plusieurs mois", explique notre médecin. Par conséquent, les carences en vitamine K sont rares chez l'adulte. Néanmoins, elles peuvent apparaître lors de maladies chroniques de l'intestin, de cirrhose du foie ou de la prise de certains médicaments. Elles entraîneront alors une défaillance de la coagulation sanguine (hypoprothrombinémie). Cela se traduit par des ecchymoses, des saignements de nez, des règles abondantes et une fragilité osseuse.

Interaction médicamenteuse

De nombreux traitements anticoagulants (antivitamines K) agissent en bloquant l'activité de la vitamine K. "En cas de traitement antivitamine K, on conseille aux patients de limiter leur consommation d'aliments riches en vitamine K et d'éviter la prise de compléments alimentaires en contenant" assure notre interlocuteur. Une diminution du taux de vitamine K est également à signaler en cas d'antibiothérapie prolongée. En effet, les antibiotiques en détruisant partiellement la flore intestinale réduisent la production de vitamine K. "Dans ce cas-là, il peut être intéressant d'envisager une supplémentation" conclut le professeur.

Merci au Professeur Luc Christiaens, chef de service de Cardiologie au CHU de Poitiers.

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