Vitamine D : protectrice du coronavirus, où la trouver ?

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"Vitamine D : protectrice du coronavirus, où la trouver ?"

Faire le plein de vitamine D est une bonne astuce pour garder le moral malgré le confinement, la grisaille de l'automne et surtout pour stimuler le système immunitaire et se protéger peut-être de l'infection Covid-19. Aliments, ampoule, fruits... Où la trouver ?

[Mise à jour le lundi 16 novembre à 17h51] La vitamine D est essentielle au bon fonctionnement de notre organisme. Durant les mois d'hiver (et plus encore avec le confinement), lorsque sa synthèse est naturellement réduite en raison du raccourcissement des jours, du moindre rayonnement du soleil et de l'exposition plus faible de la peau, les infections aiguës des voies respiratoires inférieures sont plus fréquentes, aussi bien chez les adultes que chez les enfants. "On pense que la vitamine D joue un rôle important dans la régulation du système immunitaire, et peut potentiellement protéger des infections. Sa supplémentation pourrait réduire l'incidence et les effets délétères de ces affections" estime l'OMS. Une étude publiée le 27 octobre 2020 dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism a montré que les patients hospitalisés à cause d'une infection Covid-19 étaient plus souvent carencés en vitamine D. Par ailleurs, les données préliminaires de chercheurs norvégiens ont suggéré que les utilisateurs d'huile de foie de morue peuvent avoir un risque réduit de Covid-19 et un risque plus faible de maladies graves s'ils sont infectés. "Pour savoir si l'huile de foie de morue elle-même offre réellement une protection contre le Covid-19, une étude randomisée est nécessaire", explique Arne Søraas, médecin-scientifique au département de microbiologie de l'hôpital universitaire d'Oslo. L'étude sur l'huile de foie de morue comprendra au moins 70 000 participants, ce qui en fait l'une des plus grandes études cliniques jamais menées en Norvège. Au cours de l'étude, la moitié des participants prendront une dose quotidienne d'huile de foie de morue, tandis que l'autre moitié recevra un produit placebo. Cette étude sera partiellement financée par la société Orkla, productrice d'huile de foie de morue. Quelles sont les sources de vitamines D ? Dans quels aliments en trouver ?

Définition : c'est quoi la vitamine D ? 

La vitamine D est un groupe de molécules liposolubles qui sont des micronutriments importants pour la santé. La vitamine D2 tout comme la vitamine D3 peuvent être apportés par l'alimentation

Quels sont les bienfaits de la vitamine D ?

"La vitamine D joue un rôle essentiel dans la structure osseuse ; elle permet de lutter contre la déminéralisation et l'ostéoporose", explique le Dr Yves Fouré, médecin généraliste. En effet, la vitamine D est impliquée dans le fonctionnement du métabolisme osseux. Elle favorise l'absorption intestinale du calcium et du phosphore. Par son action, elle participe à la consolidation des os, à la bonne minéralisation des dents et au renforcement musculaire. La vitamine D3 (cholécalciférol) est la principale forme de vitamine D chez l'homme : elle représente 80 à 90% des apports en vitamine D (à laquelle elle est souvent assimilée). L'autre forme de la vitamine D est la vitamine D2 (ergocalciférol).

Vitamine D et coronavirus

Une étude espagnole publiée le 27 octobre 2020 dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism montre que parmi 216 personnes hospitalisées à cause du Covid-1982% présentent un déficit en vitamine D. Selon les chercheurs "la meilleure approche devrait probablement être d'identifier et traiter les carences en vitamine D, en particulier chez les personnes à haut risque telles que les personnes âgées, les patients présentant des comorbidités, et les résidents des maisons de retraite". Ils n'ont pas trouvé de relation entre les concentrations de vitamine D ou une carence en vitamine et la gravité de la maladie, y compris la mortalité, mais estiment que de grands essais contrôlés randomisés seront "nécessaires pour définir précisément le rôle de la supplémentation en vitamine D dans les futures vagues de Sars-CoV-2". Des chercheurs norvégiens vont s'y atteler. Selon des données préliminaires, les utilisateurs d'huile de foie de morue (nombreux en Norvège) peuvent avoir un risque réduit de Covid-19 et un risque plus faible de maladies graves s'ils sont infectés. "Pour savoir si l'huile de foie de morue elle-même offre réellement une protection contre le Covid-19, une étude randomisée est nécessaire", explique Arne Søraas, médecin-scientifique au département de microbiologie de l'hôpital universitaire d'Oslo. L'étude sur l'huile de foie de morue comprendra au moins 70 000 participants, ce qui en fait l'une des plus grandes études cliniques jamais menées en Norvège. Au cours de l'étude, la moitié des participants prendront une dose quotidienne d'huile de foie de morue, tandis que l'autre moitié recevra un produit placebo. Cette étude sera partiellement financée par une société productrice d'huile de foie de morue. En avril, lors de la première vague épidémique, une étude préliminaire publiée sur medrxiv a montré que les personnes carencées en vitamine D auraient 15% de risque supplémentaire de développer une forme sévère de la maladie Covid-19 et deux fois plus de risques de décès que les personnes qui ne sont pas carencées. Selon les auteurs, la vitamine D réduirait la gravité du COVID-19 en supprimant la tempête de cytokines (responsables du processus inflammatoire) chez les patients COVID-19. 

Pendant le confinement, exposez-vous au soleil, fenêtre ouverte.

Ce qu'en pense l'Académie de médecine : dans un communiqué du 23 mai 2020, l'Académie de médecine confirme que cette vitamine module le fonctionnement du système immunitaire par stimulation des macrophages et des cellules dendritiques et "joue un rôle dans la régulation et la suppression de la réponse inflammatoire cytokinique à l'origine du syndrome de détresse respiratoire aigu qui caractérise les formes sévères et souvent létales de Covid-19".  Cependant "la vitamine D ne peut être considérée comme un traitement préventif ou curatif de l'infection due au SARS-CoV-2". Elle recommande :

  • de doser rapidement le taux de vitamine D sérique (c'est-à-dire la 25 OHD) chez les personnes âgées de plus de 60 ans atteintes de Covid-19, et d'administrer, en cas de carence, une dose de charge de 50.000 à 100.000 UI qui pourrait contribuer à limiter les complications respiratoires.
  • d'apporter une supplémentation en vitamine D de 800 à 1000 UI/jour chez les personnes âgées de moins de 60 ans dès la confirmation du diagnostic de Covid-19.

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) avait rappelé en avril dernier dans un communiqué l'importance d'un apport suffisant en vitamine D, en l'absence de soleil, particulièrement pour les personnes âgées, les personnes à peau mate voire foncée et les femmes ménopausées. Elle recommande de s'exposer au soleil au minimum 15 minutes par jour pour couvrir ses besoins quotidiens. 

Comment faire le plein pendant le confinement ?

Dans un communiqué dédié au confinement, l'Anses rappelait en avril 2020 "l'importance de veiller à un apport suffisant (en vitamine D) notamment pour les personnes âgées, les personnes à peau mate voire foncée et les femmes ménopausées". Chez ces personnes, le confinement peut avoir des conséquences sur la santé osseuse comme la diminution de la masse osseuse et ainsi un risque accru de fracture. 

→ En cas de confinement à domicile, a fortiori lorsqu'on ne dispose pas de jardin, la synthèse de vitamine D liée à l'exposition au soleil se trouve limitée. Il est possible de s'exposer au soleil depuis votre fenêtre ouverte.

Le recours aux compléments alimentaires contenant de la vitamine D peut exposer à des apports trop élevés, ce qui peut provoquer une hypercalcémie - taux élevé de calcium dans la circulation sanguine- entrainant la calcification de certains tissus, et ainsi avoir des conséquences cardiologiques et rénales. Une telle supplémentation doit se faire sur indication diététique ou médicale. 

Quand faire un dosage en vitamine D ?

Le dosage sanguin de la vitamine D a longtemps été prescrit pour vérifier la bonne assimilation du calcium par l'organisme, notamment chez des personnes souffrant de problèmes osseux et dentaires, et chez les personnes âgées. "Mais aujourd'hui, ce dosage est reconnu comme étant inutile par les études épidémiologiques. En fait, la grande majorité de la population est en déficit de vitamine D, donc ce dosage n'apprend pas grand-chose", explique le Dr Fouré. De fait, la Haute Autorité de Santé a produit un rapport en 2013 dans lequel elle souligne que l'utilité de ce dosage n'a pas été démontrée, dans la plupart des cas. 

La HAS recommande malgré tout le dosage dans ces cas :

  • suivi après une transplantation rénale,
  • suivi après une opération chirurgicale de l'obésité chez l'adulte
  • suivi chez la personne âgée sujettes aux chutes.
  • le dosage peut aussi venir en appui du diagnostic de rachitisme ou de décalcification osseuse, afin de mieux déterminer la cause de ces pathologies, ou encore pour vérifier l'efficacité de certains traitements, contre l'ostéoporose, notamment.

Le soleil reste la principale source de vitamine D

Carence en vitamine D : signes, risques...

Une concentration sanguine en vitamine D inférieure à 20 nanogrammes par mL de sang est considérée comme insuffisante. La carence se définit quant à elle par un taux de vitamine D inférieur à 12 nanogrammes par mL de sang. Une carence en vitamine D peut entraîner

  • Une perte osseuse (liée à une anomalie du développement de l'os) et une augmentation de sa fragilité à l'origine d'un rachitisme et de fractures. Cette diminution de la masse osseuse favorise le risque de fracture. Ce risque est particulièrement élevé lorsque la pratique physique est réduite ou inexistante. 
  • Des douleurs et une faiblesse musculaire peuvent provoquer des chutes chez les personnes âgées.
  • Une carence en vitamine D peut également entraîner un état de fatigue.

Qui est le plus à risque d'être carencé ?

L'insuffisance en vitamine D est très fréquente en France métropolitaine, surtout à la fin de l'hiver et au début du printemps. Selon l'Étude Nationale Nutrition Santé (2012), 80 % des Français seraient concernés. Plusieurs études ont montré que les femmes françaises âgées de plus 50 ans seraient les Européennes les plus carencées en vitamine D. Les déficits sévères sont quant à eux plus rares (environ 5 %) et touchent plus souvent les personnes âgées. "Il faudrait supplémenter toutes les femmes à partir de l'âge de 50 ans, et tout le monde à partir de l'âge de 75 ans. Cela est d'autant plus nécessaire pour les personnes alitées, en Ehpad par exemple", ajoute le Dr Fouré.

Selon l'Anses, le risque de carence en vitamine D est plus élevé chez certaines personnes :

  • les personnes âgées
  • les personnes à la peau mate ou foncée, pour qui la synthèse de la vitamine D via l'exposition au soleil est moins efficace,
  • les femmes ménopausées, dont le bouleversement hormonal peut entraîner une déminéralisation osseuse, ce qui accroît le risque de fracture. 

Vitamine D : dans quels aliments ?

Chez l'adulte, l'alimentation contribue à 10 à 20 % des réserves en vitamine D, et cette proportion est vraisemblablement encore plus faible chez l'enfant, indique l'OMS. "Le soleil reste la source la plus riche" confirme notre interlocuteur. On trouve cette vitamine principalement dans l'huile de foie de morue "mais il faudrait en absorber des litres et des litres pour avoir un apport satisfaisant".  

Les aliments les plus riches en vitamine D sont : 

  • Les poissons gras comme le hareng, la sardine, le saumon ou le maquereau (vitamine D3) (deux portions par semaine)
  • Les abats, particulièrement le foie
  • Le jaune d'œuf
  • Les produits laitiers, notamment ceux enrichis en vitamine D
  • Le beurre et la margarine
  • Le fromage
  • La viande.

L'Anses rappelle qu'il est important de varier et d'équilibrer notre alimentation tout au long de l'année et de consommer régulièrement ces aliments pour couvrir ses besoins journaliers en vitamine D. Le bon repère : consommer deux portions de poissons par semaine, dont une portion de poisson gras. Préférez idéalement le poisson frais, mais si cela n'est pas possible, misez sur les conserves de sardines, harengs, maquereaux au naturel. 

Ampoule de vitamine D : quelle posologie pour éviter le surdosage ?

Un surdosage peut avoir des conséquences néfastes pour le coeur et les reins. 

La dose recommandée est d'une ampoule de 100 000 unités tous les deux mois, pendant les périodes de faible ensoleillement (ou 600 à 800 unités par jour). Généralement on en prend une à l'entrée de l'hiver et une autre au début du printemps. Paradoxalement, un surdosage en vitamine D peut entraîner une fragilisation des os", indique Yves Fouré. C'est ce qu'on appelle l'hypervitaminose. "Le recours aux compléments alimentaires contenant de la vitamine D peut exposer à des apports trop élevés, ce qui peut provoquer une hypercalcémie - taux élevé de calcium dans la circulation sanguine- entraînant la calcification de certains tissus, et ainsi avoir des conséquences cardiologiques et rénales", complète l'Anses sur son site internet dans son article du 17 avril 2020. Dans tous les cas, le recours aux compléments alimentaires doit se faire sur indication diététique ou médicale.

Le soleil, une source de vitamine D

Le soleil et ses rayons ultraviolets constituent LA source principale de vitamine D. " La vitamine D est synthétisée par la peau sous l'action du soleil ; mais attention, une exposition prolongée aux UV augmente le risque de cancer de la peau ", met en garde le Dr Fouré. 

Au printemps, une exposition au soleil de 15 à 20 minutes des mains, des avant-bras et du visage assure l'apport journalier en vitamine D.

Merci au Dr Yves Fouré, médecin généraliste.

Sources :

- "Actualité, Confinement : Assurer un apport suffisant en vitamine D grâce à l'alimentation", Anses, publié le 17 avril 2020.

- Supplémentation en vitamine D visant à améliorer les effets du traitement chez les enfants atteints d'infections respiratoires. Fondements biologiques, comportementaux et contextuels. OMS. Avril 2011.