Comment savoir si on est allergique à une piqûre de guêpe ?
Face aux guêpes, beaucoup ont peur d'une réaction grave s'ils se font piquer et aimerait pouvoir anticiper le risque d'allergie. Comment faire ? La réponse express de notre médecin allergologue.
En été, la peur de se faire piquer par une guêpe est universelle. Pour beaucoup, une question cruciale se pose, surtout si l'on n'a jamais croisé la route d'un dard : est-on allergique sans le savoir ? Face à cette incertitude, certains s'imaginent qu'il est possible de réaliser des tests préventifs en laboratoire pour se rassurer avant l'été. Pour y voir plus clair, nous avons interrogé le Dr Juliette Caron, médecin allergologue au Groupement des Hôpitaux de l'Institut Catholique de Lille.
À la question de savoir si l'on peut dépister une allergie avant d'avoir été piqué, sa réponse est catégorique : c'est scientifiquement impossible. "Pour qu'on dise que c'est une allergie, il faut d'abord un premier contact pour synthétiser des défenses immunitaires vis-à-vis du venin. Sinon, ce n'est pas une allergie", nous répond la spécialiste. On ne peut donc pas déterminer à l'avance si on est allergique ou pas à une piqûre de guêpe car le corps doit obligatoirement rencontrer le venin une première fois pour apprendre à réagir, de façon normale ou anormale.
Une fois piqué, comment savoir si l'on est allergique ? La réponse ne se cache pas dans le gonflement local, mais dans la réaction généralisée de l'organisme. Si une simple rougeur ou un gros bouton douloureux à l'endroit de la piqûre sont bénins, le vrai signal d'une allergie se manifeste ailleurs sur le corps. "C'est l'apparition de symptômes à distance de la piqûre, comme de l'urticaire géante sur tout le corps, des difficultés à respirer, des vertiges ou un malaise, qui signe une réaction allergique systémique", décrit le médecin allergologue.
Cette distinction est capitale car l'allergie au venin de guêpe présente un caractère imprévisible et potentiellement dangereux pour la suite. "Une réaction généralisée peut s'empirer à la prochaine piqûre", prévient le Dr Caron. Une première confrontation peut ainsi déclencher des plaques de boutons sur tout le corps, tandis que la seconde piqûre, des mois ou des années plus tard, risque d'entraîner des complications respiratoires bien plus sévères.
C'est précisément ce risque d'aggravation au fil des accidents qui impose une prise en charge médicale sérieuse. En cas de réaction suspecte dépassant le simple cadre de la peau, il ne faut pas hésiter à prendre rendez-vous chez un spécialiste : "C'est pour ça qu'on conseille quand même de consulter. C'est vraiment le grade qui va déterminer la prise en charge ensuite", conclut l'allergologue. Après un bilan, des solutions concrètes, comme la prescription d'une trousse d'urgence ou une désensibilisation, pourront être mises en place.