Induration : causes, nodule, après un vaccin, traitements

L'induration cutanée se caractérise par un durcissement de la peau. Quelles sont ses causes ? Comment la soigner ? Est-ce douloureux ? Réponses et conseils du Dr Paul Dupont, dermatologue. 

Induration : causes, nodule, après un vaccin, traitements
© majivecka - 123RF

Définition : qu'est-ce qu'une induration cutanée ?

Dans le domaine médical, l'induration correspond au terme employé pour qualifier le durcissement ou un épaississement d'un tissu organique. Cette anomalie se caractérise par une absence d'altération apparente de la texture du tissu. Généralement localisé, ce durcissement se produit majoritairement au niveau de l'épiderme. 

Quelles sont les causes et les traitements ? 

Une induration sous la peau peut avoir plusieurs causes : 

  • Le kyste sébacé : c'est le plus fréquent. En général, il se forme à partir d'une glande sébacée dont l'orifice a été obstrué par un point noir. Son volume va alors augmenter et la paroi va s'indurer en formant une coque. Le kyste sébacé est donc rempli de sébum et peut avoir tendance à s'enflammer si celui-ci n'est pas évacué à temps. Traitement : "au début, on peut le réduire en appliquant par exemple des huiles telles que le jojoba ou un liniment oléo-calcaire contenant des huiles essentielles dissolvantes comme par exemple Linibio, indique le Dr Paul Dupont. Mais si le kyste persiste longtemps, il ne pourra plus régresser de lui-même. On doit alors l'extraire chirurgicalement pour éviter qu'il ne s'enflamme. Un kyste sébacé qui s'enflamme et devient douloureux, rouge peut se percer en laissant ensuite une cicatrice. À ce stade, il n'est plus possible réellement de le guérir à 100%, car même enlevé, la paroi ayant été percée, elle est difficile à extraire et les cloisons qui restent peuvent entraîner des récidives".
  • Le Kyste dermoïde : bien plus rare, il est d'origine congénitale. En général plus profond, il n'adhère pas à l'épiderme ou très peu. Traitement : il est en principe bénin mais nécessite parfois d'être enlevé s'il devient gênant. 
  • Des nodules : apparaissant sous la peau dans les plis, creux axillaires, de l'aine ou du pubis, ils font évoquer une hidradénite : cela concerne les glandes sudorales. "La glande se remplit de liquide et a tendance à s'infecter. C'est la caractéristique de la maladie de Verneuil. Cela nécessite de consulter un dermatologue pour trouver les meilleures solutions à ce problème. Dans la même localisation, un nodule peut se former à la suite d'une épilation avec rétraction du poil ", précise le dermatologue. Traitement : le risque principal est celui de pousse horizontale du poil sous l'épiderme. Il faut donc faire en sorte d'extraire le poil délicatement avec une petite lancette bien désinfectée à l'alcool.
  • Le kyste mucoïde : il s'agit d'un nodule survenant près de l'articulation d'un doigt. "Il est secondaire à une lésion de la capsule de l'articulation qui laisse s'échapper un peu de liquide synovial qui s'accumule peu à peu à sa périphérie en surélevant l'épiderme", ajoute le spécialiste. Traitement : il ne faut surtout pas le percer. En général, on peut le conserver sans être gêné, sinon un geste chirurgical sera nécessaire.
  • Les cors et durillons : ils se développent sur les zones de pression constante, notamment sous la plante des pieds ou entre les orteils. "Il s'agit tout simplement de corne de peau épaissie. La zone est généralement dense et translucide. La lésion n'est pas douloureuse et, contrairement aux verrues, il n'y a pas de rugosité. Mais parfois il est difficile de faire la différence entre durillons et verrues", nuance le Dr Paul Dupont. Traitement : "Diverses plantes étaient autrefois utilisées comme la joubarbe, la consoude, le lierre ; elles sont à base de gel oemine pieds qui peut être utilisé localement pour résorber petit à petit le durillon", observe le dermatologue.
  • Le nodule ou neurome de Morton : il s'agit d'une lésion bénigne mais douloureuse qui prend la forme de nodules sous-cutanés formés sur un nerf qui devient sensible. Situé en général près de la racine d'un des orteils, il va provoquer des sensations de décharges électriques désagréables, parfois douloureuses. Traitement : il faut consulter son médecin.
  • L'histiocytofibrome : il s'agit d'une lésion de couleur violacée, mimant un grain de beauté, mais dont la palpation révèle la présence d'une petite induration sous-épidermique. "Il s'agit d'une lésion bénigne pouvant apparaître après une blessure mal cicatrisée", ajoute le spécialiste. Traitement : "c'est une formation fibromateuse qu'il ne faut ni gratter, ni presser au risque de l'aggraver, prévient le Dr Paul Dupont. On ne conseille pas non plus de l'enlever chirurgicalement, car le même phénomène peut apparaître sur la cicatrice". 

Est-ce douloureux ?

Si ce type d'indurations n'impacte pas l'état de santé général d'un individu, il occasionne néanmoins des sensations douloureuses.

Induration après un vaccin : que faire ?

Une induration après un vaccin est assez fréquente. Il s'agit en général d'un granulome, c'est-à-dire d'une réaction de l'organisme contre le produit injecté. Pour la réduire, le dermatologue conseille d'utiliser de l'huile essentielle d'hélichryse diluée à 3% dans de l'huile d'olive. 

Merci au Dr Paul Dupont, dermatologue, auteur de "Soigner sa peau au naturel" aux Editions Eyrolles.

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