Cancer de l'endomètre : symptômes, âge, pronostic, traitement

Le cancer de l'endomètre ou du "corps de l'utérus" est le cancer gynécologique le plus fréquent chez la femme. Il survient davantage après la ménopause. Quels sont les signes d'alerte ? Comment est-il détecté et diagnostiqué ? Le point avec le Dr Odile Bagot, gynécologue.

Cancer de l'endomètre : symptômes, âge, pronostic, traitement
© grispb-123RF

Le cancer de l'endomètre aussi appelé cancer "du corps de l'utérus" est le cancer gynécologique le plus fréquent en France chez les femmes (environ 8000 nouveaux cas par an contre 5000 pour le cancer de l'ovaire et 3000 pour celui du col de l'utérus par exemple). C'est un cancer qui touche surtout les femmes après la ménopause. Il est suspecté devant des saignements post-ménopausiques. Le pronostic favorable des stades localisés (survie relative à 5 ans = 95 %) renforce la nécessité d'un diagnostic précoce. Contrairement au cancer du col de l'utérus, il n'existe pas de dépistage du cancer de l'endomètre. La chirurgie est le traitement de référence (hystérectomie totale).

Définition

L'utérus est un organe génital féminin primordial pour la reproduction étant donné que c'est à son niveau que va se dérouler toute la grossesse. Néanmoins, cet organe peut être atteint de tumeurs cancéreuses, dont deux types sont distincts : le cancer du col de l'utérus, et le cancer de l'endomètre (aussi appelé cancer du corps de l'utérus) qui est l'autre nom de la muqueuse utérine, couche de cellules tapissant l'intérieur de cette cavité. 

Schéma montrant l'endomètre chez la femme
Schéma montrant l'endomètre chez la femme © 123rf/JournaldesFemmes

Symptômes

Dans la grande majorité des cas, le cancer de l'endomètre se découvre devant des métrorragies, qui sont des pertes génitales de sang survenant en dehors des règles chez une femme ménopausée. Ainsi, tout saignement chez la femme ménopausée doit être exploré. 

Cancer de l'endomètre et mal de dos

"Le cancer de l'endomètre n'est pas associé au mal de dos", observe le Dr Odile Bagot. 

Diagnostic

Devant ces signes évocateurs, une échographie endovaginale sera réalisée. Puis, un examen de la cavité utérine et de l'endomètre sera possible, via une biopsie d'endomètre au cabinet et/ou une hystéroscopie, c'est-à-dire la visualisation directe de l'intérieur de l'utérus à l'aide d'une mini caméra. Si des lésions sont retrouvées, ce qui sera le cas dans les cancers, des prélèvements ou biopsies seront faits pour permettre l'analyse histologique de la tumeur. En cas de cancer, un bilan d'extension sera nécessaire, c'est-à-dire la recherche par divers examens d'autres localisations du cancer par migration de cellules. "Face à une femme ménopausée et en surpoids, on recommande le dépistage systématique du cancer de l'endomètre par des échographies endovaginales régulières", commente la gynécologue

Le cancer de l'endomètre est un cancer de la femme âgée, majoritairement ménopausée.

IRM ou scanner ?

L'imagerie permettra de déterminer le stade et le grade du cancer avant l'intervention chirurgicale. Ils sont définis à partir de la taille de la tumeur, de sa localisation et de son éventuelle propagation. 

Age

Le cancer de l'endomètre est un cancer de la femme âgée, majoritairement ménopausée. Il en existe différents types, mais le plus fréquent se développe à partir des glandes de la muqueuse : on parle d'adénocarcinome. "Ce cancer touche la femme ménopausée, souvent obèse, parce qu'après la ménopause, l'endomètre reste stimulé par les œstrogènes contenus dans la masse grasse sans être contrebalancés par la progestérone que les ovaires ne fabriquent plus", précise le Dr Odile Bagot. 

Stades 

Le cancer de l'endomètre évolue en quatre stades : 

  • Stade 1 : la tumeur se trouve dans l'utérus. 
  • Stade 2 : la tumeur s'est propagée au col de l'utérus.
  • Stade 3 : la tumeur s'est propagée au-delà de l'utérus et du col (organes génitaux de la femme : vagin, ovaire, trompe de Fallope). 
  • Stade 4 : la tumeur s'est propagée à d'autres organes comme la vessie, les intestins.  

"Les stades sont d'autant plus graves que les cellules cancéreuses pénètrent en profondeur dans le muscle utérin", ajoute la gynécologue. 

"Le plus important est de lutter contre l'obésité qui représente le principal facteur de risque du cancer de l'endomètre"

Traitement

Le traitement du cancer de l'endomètre va dépendre de la nature de la tumeur et des résultats des biopsies mais aussi de ceux du bilan d'extension. Classiquement dans les stades peu avancés, une ablation chirurgicale de la totalité de l'utérus ainsi que des structures avoisinantes, trompes et ovaires, sera réalisée : on parle d'hystérectomie totale élargie avec annexectomie. Les ganglions situés à proximité seront aussi prélevés. Parfois une partie du vagin sera aussi enlevée. Une radiothérapie, une chimiothérapie ou une curiethérapie, c'est-à-dire un traitement localisé après implantation d'une source radioactive, seront envisagées en fonction des critères de classification de la tumeur. 

Guérison : quelles chances de survie ?

"Le cancer de l'endomètre est de bon pronostic (survie relative à 5 ans = 95 %) puisqu'il entraîne des signes d'alerte assez tôt. Par conséquent, le diagnostic est posé de façon précoce et les chances de survie sont importantes", indique le Dr Odile Bagot. 

Prévention

Il n'est pas possible de prévenir le cancer de l'endomètre. "On sait cependant que la prise de la pilule en diminue le risque de manière significative (de même que le risque de cancer de l'ovaire). Le plus important est de lutter contre l'obésité qui représente le principal facteur de risque du cancer de l'endomètre", ajoute la gynécologue. 

Merci au Dr Odile Bagot, gynécologue et auteure de "Vagin & Cie, on vous dit tout !" aux éditions Mango.