Mélanome vulvaire, vaginal : symptômes, cause, traitement 

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"Mélanome vulvaire, vaginal : symptômes, cause, traitement "

Le mélanome vulvaire ou vaginal est une forme de cancer féminin rare mais souvent trop tardivement diagnostiqué. Il peut atteindre la vulve ou le vagin et nécessite une prise en charge chirurgicale. A quel âge est-il le plus fréquent ? Quels sont ses symptômes et traitements ? Le Dr Marie-Estelle Roux, dermatologue nous indique la marche à suivre.

Définition 

Le mélanome génital, qui se développe dans les organes génitaux féminins, est une forme très rare de cancer, représentant moins de 2% de l'ensemble des mélanomes, et 3 à 7% des mélanomes chez la femme. Il apparaît au niveau de la vulve ou du vagin, et nécessite une prise en charge au cas par cas. Comme tous les mélanomes, un diagnostic précoce est indispensable pour augmenter les chances de guérison. Malheureusement, il est le plus souvent diagnostiqué à un stade tardif. "La femme va consulter à l'apparition de métrorragies (perte de sang en dehors des règles) ou en sentant une masse tumorale par hasard, mais à ce stade-là, le mélanome est malheureusement souvent avancé ", explique la dermatologue Marie-Estelle Roux.

Symptômes 

Chaque mélanome est différent, et il faut noter que, "souvent, il n'y a quasiment aucun symptôme, ou alors ils ne sont pas très visibles", rappelle la dermatologue. Ainsi, le mélanome se manifeste par l'apparition sur la peau ou les muqueuses d'une petite tache brune ou noire, aux bords définis, qui peut rester discrète, surtout dans la zone de la vulve qu'on ne va pas inspecter en détail régulièrement. Il peut se développer à partir d'un grain de beauté, ou sur une partie de la peau qui ne présentait pas d'anomalie particulière. "Il arrive que la tumeur soit noirâtre et sanguilonente, mais cela reste rare ", ajoute la docteure. Le mélanome génital est parfois associé à des saignements, des démangeaisons (prurit) et à la présence d'une masse pelvienne. Au niveau de l'appareil génital féminin, le mélanome vulvaire peut se développer sur le clitoris, les grandes lèves, les petites lèvres, et la zone autour de l'urètre. Le mélanome vaginal concerne généralement le tiers distal du vagin (tiers le plus près de la vulve) et sa paroi antérieure. Des atteintes vaginales et cervicales sont très rares (moins de 25% des mélanomes génitaux).

Le mélanome se manifeste par l'apparition sur la peau ou les muqueuses d'une petite tache brune ou noire.

Mélanome vulvaire bénin

Par définition, un mélanome n'est pas bénin, encore moins lorsqu'il est situé sur la zone de la vulve. Mais s'il est détecté très tôt (souvent par hasard lors d'une consultation gynécologique), on peut éviter des complications.

A quel âge ?

L'âge moyen au diagnostic d'un mélanome vulvaire est de 61 ans. "Ce type de cancer touchant les femmes aux alentours de 60 ans, à partir de cet âge, les femmes devraient apprendre à s'examiner toutes seules pour regarder régulièrement s'il n'y a pas d'anomalies dans cette zone ", recommande notre médecin.

Causes

On ne connaît pas les causes d'apparition d'un mélanome. "À cette zone, c'est rarement le soleil, on pense plutôt à une prédisposition génétique ", confie le docteur Marie-Estelle Roux. Le lichen scléreux (provoquant un prurit vulvaire persistant sur la vulve) et une infection par le papillomavirus humain (HPV) seraient aussi des facteurs de risque.

Diagnostic 

Le diagnostic d'un mélanome vulvaire ou vaginal se fait généralement trop tardivement du fait qu'il se trouve dans des zones difficilement visibles, ce qui peut compromettre le pronostic de la patiente. "Lorsqu'une tache suspecte est détectée, le diagnostic repose sur plusieurs examens ", explique la docteure. Il y a d'abord un examen gynécologique complet, puis un examen muqueux et cutané pour rechercher la présence éventuelle d'autres mélanomes. "Enfin, une biopsie est indispensable pour confirmer le diagnostic ", précise-t-elle. Le médecin interroge également la patiente sur ses antécédents personnels et familiaux, qui peuvent avoir un impact. Pour évaluer l'extension du cancer, des examens d'imagerie comme l'échographie ou l'IRM s'avèrent souvent nécessaires.

Traitements 

La prise en charge d'un mélanome génital est décidée au cas par cas, selon l'état de santé de la patiente, la localisation du mélanome et son stade d'évolution. Elle est déterminée à la suite d'une réunion de concertation pluridisciplinaire, incluant la présence de plusieurs professionnels dont un oncologue gynécologue, un chimiothérapeute, radiothérapeute ou un chirurgien. Ces professionnels trouveront ensemble le meilleur traitement en fonction de tous les éléments médicaux.

Chirurgie 

"La chirurgie est la première chose à faire dans le cadre d'un mélanome ", explique la docteure. Le mélanome vulvaire peut ainsi être retiré au moyen d'une exérèse locale large conservatrice : la taille de la zone retirée est plus grande que celle de la lésion, mais on ne touche pas aux organes. Cette méthode sera privilégiée par le médecin, l'intervention dure généralement moins d'une heure. Mais parfois, une vulvectomie (ablation de la vulve) ou une colpohystérectomie (ablation de l'utérus et d'une partie du vagin) sont nécessaires pour s'assurer d'enlever toutes les lésions cancéreuses. Ensuite, une analyse du ganglion sentinelle est généralement faite dans les cas de ces cancers pour rechercher d'éventuelles métastases ganglionnaires.

Radiothérapie ou immunothérapie

Le traitement par radiothérapie sera proposé aux patientes non opérables ou en complément d'une intervention chirurgicale. "Cela se décide au cas par cas, en fonction de l'étendue du mélanome et du stade de la lésion ", précise le médecin. L'immunothérapie est généralement utilisée en complément de la chirurgie.

Suivi 

"Tous les patients qui ont été touchés par un mélanome sont surveillés très régulièrement ", commence la docteure. Ainsi, le traitement d'un mélanome vulvaire nécessite une surveillance tous les 3 à 6 mois pendant 5 ans, puis tous les ans à vie. "Surtout dans le cas du mélanome vulvaire, un suivi est nécessaire dans un centre spécialisé ", ajoute le médecin. En effet, il existe des dermatologues spécialisés des muqueuses vulvaires : les vulvologues, qui peuvent être d'une grande aide. En plus de cela, un suivi psychologique peut également être proposé à la patiente.

Évolution

"Le mélanome engendre par nature un pronostic assez sombre quand il est diagnostiqué tardivement. C'est pourquoi il faut se rendre chez le gynécologue au moindre doute, il faut qu'il soit diagnostiqué tôt ", insiste la dermatologue. Plus tôt il est diagnostiqué, meilleure sera l'évolution après l'opération. 

Merci au Dr Marie-Estelle Roux, dermatologue.