Polynévrite (alcoolique, toxique) : causes, traitement et évolution

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"Polynévrite (alcoolique, toxique) : causes, traitement et évolution"

La polynévrite est une atteinte des nerfs périphériques, situés hors du système nerveux central c'est-à-dire hors du cerveau et de la moelle épinière. Elle touche en particulier les pieds et les jambes.Trouver la cause d'apparition permet de mettre en place le traitement adapté.

Définition : qu'est ce qu'une polynévrite ?

La polynévrite, aussi appelée polyneuropathie, est une affection qui touche le système nerveux périphérique, c'est-à-dire les nerfs issus du cerveau et de la moelle épinière (constituant à eux deux le système nerveux central). Elle touche généralement les fibres nerveuses les plus longues et entraîne des troubles sensitifs et moteurs dans les territoires innervés par ces nerfs.

Polynévrite alcoolique

La polynévrite alcoolique est la principale cause de polynévrite carentielle en France car l'alcool entraine des carences en vitamines B1, B6 et PP responsables de l'apparition de la maladie. Elle se voit le plus souvent chez l'homme de plus de 40 ans.

Polynévrite diabétique

L'accumulation de glucose dans les tissus peut conduire à l'altération progressive des artères et une atteinte des nerfs périphériques. 

Polynévrite toxique

"La maladie peut être consécutive à l'absorption de médicaments comme ceux destinés à la chimiothérapie. Elle peut aussi être causée par certains toxiques tels que l'exposition au plomb, à l'arsenic, au thallium, au mercure ou à des désherbants et insecticides ", explique le Dr Monique Quillard, médecin généraliste.

Polynévrite des membres inférieurs (neuropathie)

Cette maladie touche essentiellement les nerfs des membres inférieurs, c'est-à-dire jambes et pieds.

Polynévrite urémique

C'est une polynévrite due à une insuffisance rénale installée. "Elle est due à l'accumulation de déchets protéiques dans l'organisme. Il y a une atteinte à la fois nerveuse et musculaire par ces déchets. Elle est améliorée par le traitement de l'insuffisance rénale, par la dialyse ", précise le Dr Quillard.

Symptômes

Les symptômes de la maladie sont insidieux et progressifs. Ils touchent généralement les deux membres, surtout inférieurs, de manière symétrique et plutôt vers les extrémités. Ils se caractérisent par :

  • Des fourmillements et des picotements, des crampes, des sensations de brûlures, regroupés sous le terme de paresthésies
  • Des sensations de brûlures
  • Une diminution de la sensibilité
  • Des douleurs musculaires
  • Une atrophie musculaire

Les atteintes motrices sont généralement moins fréquentes et plus tardives et se manifestent par une démarche particulière nommée steppage.

Causes et facteurs de risque

La polynévrite peut être due à plusieurs facteurs dont les principaux sont l'évolution d'un diabète, l'intoxication chronique par l'alcool, et certains médicaments pris notamment au cours de chimiothérapies. Des causes plus rares concernent d'autres substances toxiques, des infections, certaines maladies héréditaires. L'évolution de la polynévrite est généralement lente.

Qui consulter ?

En premier lieu, le médecin traitant qui fera un bilan complet, à la recherche d'une cause. Ensuite la prise en charge dépend de la cause : néphrologue en cas d'insuffisance rénale, gastroentérologue et addictologue en cas d'alcoolisme.

Diagnostic et examens

Un examen neurologique est indispensable pour établir le diagnostic. Il consiste à évaluer la force des membres et la sensibilité dans les territoires atteints. "Parfois, une biopsie neuromusculaire ainsi qu'un électromyogramme seront effectués, pour mesurer la vitesse de conduction nerveuse et le temps de réaction des organes aux différentes stimulations pratiquées ", ajoute le spécialiste.

Prise en charge : quels traitements en cas de polynévrite ?

Il existe autant de traitements que de causes de la polynévrite. "S'il s'agit d'une chimiothérapie, le traitement consistera en un équilibrage des doses du traitement, indique notre expert. En cas de diabète, un contrôle étroit de la maladie limitera l'évolution de l'atteinte des nerfs périphériques. Si l'alcool est en cause, un sevrage sera recommandé, de même que l'arrêt des autres toxiques potentiellement en cause. S'il s'agit d'une carence alimentaire, une cure de vitamines B1 pourra être prescrite au patient. Par ailleurs il faudra associer souvent une prise en charge en kinésithérapie pour maintenir la marche et par un pédicure pour des soins des pieds réguliers. Enfin, des traitements par la vitamine B1 sont prescrits pour freiner l'évolution ".

Evolution et complications

L'évolution est lente et progressive si le traitement de la cause n'est pas mis en place.  "Les troubles trophiques évoluent en particulier chez le diabétique ou la micro circulation est défaillante : perte de sensibilité, plaies ignorées et difficiles à cicatriser, prévient le Dr Quillard. Dans la polynévrite alcoolique, ce sont surtout les troubles moteurs avec difficulté à la marche ".

Prévention

Certains facteurs de la polynévrite peuvent être évités comme l'alcool. Il est donc indispensable d'en modérer la consommation et d'avoir un régime alimentaire équilibré. Il est aussi fortement recommandé d'éviter de trop manipuler et se protéger des matières toxiques.

Merci au Dr Monique Quillard, médecin généraliste.

Neurologie