Tout savoir sur l'hantavirus : c'est quoi, symptômes, contagieux ?
Depuis sa propagation dans un bateau de croisière au printemps 2026, ce virus inquiète dans le monde entier. L'essentiel à savoir.
Plusieurs passagers d'un bateau de croisière néerlandais, le MV Hondius, parti d'Ushuaïa en Argentine le 1er avril 2026 pour une croisière en Antarctique, sont tombés malades. Trois sont morts. En cause : le virus Andes, une variante d'hantavirus confirmée par les autorités néerlandaises le 6 mai. Elle peut, très rarement, se transmettre d'humain à humain lors de contacts très rapprochés. La psychose grandit autour d'une épidémie puisque les passagers venus du monde entier vont être petit à petit "relâchés" dans leurs pays d'origine. C'est quoi l'hantavirus ? Quels symptômes ? Comment se transmet-il ? Quels sont les traitements ? Explications.
Qu'est-ce qu'un hantavirus ?
Les hantavirus sont des virus de la famille des Bunyaviridae, présents sur tous les continents dont l'Europe. Ils peuvent être transmis par des rongeurs (certaines espèces de rats ou de souris) à l'homme et entraîner de graves maladies comme un syndrome pulmonaire ou une fièvre hémorragique avec syndrome rénal. Le risque d'être infecté par le hantavirus est très faible en France, mais toujours possible.
Symptômes d'une contamination
Lorsqu'ils touchent l'homme, les hantavirus peuvent être responsables d'infections, de gravité variable, parfois mortelles. Au stade initial, la personne contaminée peut ressentir de la toux, de la fièvre, des frissons, des myalgies (douleurs musculaires), des maux de tête, des nausées, des vomissements, un essoufflement, un pouls rapide ou des troubles intestinaux (maux d'estomac). Ensuite, cela peut évoluer vers des difficultés respiratoires graves, une atteinte pulmonaire rapide avec détresse respiratoire et cardiaque.
Comment le virus contamine-t-il l'homme ?
Les hantavirus sont des pathogènes qui infectent certaines espèces de rongeurs. Une fois infectés, ces animaux sont des porteurs sains, c'est-à-dire que le virus est présent dans leur selles et dans leurs urines, mais sa présence n'entraîne pas de symptômes. Toutefois, ils restent des hôtes contagieux et sont susceptibles de transmettre le virus à l'homme. La contamination humaine se fait généralement par inhalation de poussières et aérosols, contaminés par les urines et les déjections des rongeurs infectés. Cette inhalation de particules en suspension dans l'air peut se faire lors d'activités en forêt ou dans des zones rurales ainsi que dans des abris proches de la forêt et longtemps inhabités. La transmission peut également, mais beaucoup plus rarement, survenir lors d'un contact direct entre une matière contaminée et la peau non intacte (éraflée), ou encore, par ingestion d'aliments ou d'eau contaminés. Le virus Andes fait exception : une transmission entre humains est documentée, mais rare, et surtout lors de contacts très proches.
Incubation
La durée d'incubation (temps entre la contamination et l'apparition des symptômes) varie d'une semaine à deux mois pour les fièvres hémorragiques à syndrome rénal et d'une à six semaines (généralement 15 jours) pour les syndromes pulmonaires.
Taux de mortalité
Le taux de mortalité est variable selon le type d'infection :
• Il est de 0 à 10% selon les virus en cas de fièvres hémorragiques à syndrome rénal.
• Il peut atteindre 60% en cas de syndrome pulmonaire à hantavirus.
Diagnostic et test
Quelle que soit la forme clinique, le diagnostic chez l'homme repose sur un interrogatoire des symptômes et des antécédents de contact avec des rongeurs, et surtout sur la sérologie qui met en évidence dans le plasma ou le sérum des Immunoglobulines (IgM et IgG anti-hantavirus par ELISA et immunofluorescence indirecte).
Traitements et vaccin
Il n'existe à ce jour pas de traitements spécifiques ni de vaccin dirigés contre l'infection au hantavirus. Néanmoins, le dépistage et l'administration de soins précoces (prise de médicaments pour soulager la fièvre et la douleur, utilisation d'oxygène ou prévention de la déshydratation) dans une unité de soins intensifs peuvent participer à la guérison du patient.
Prévention : comment réduire le risque de contamination ?
- Limiter les contacts avec les rongeurs, leurs sécrétions et excrétions.
- Eviter les activités qui favorisent la contamination respiratoire (les travaux exécutés dans les bois ou à proximité)
- Ne pas pénétrer dans des locaux fermés ou abandonnés ou porter un masque, aérer et asperger d'eau (ou mieux, de désinfectant ou d'eau de javel) avant de nettoyer les sols des locaux longtemps fermés ou inoccupés (cabanes, greniers, granges, caves, etc.)
- Aérer les locaux fermés avant et pendant leur nettoyage
- Utiliser l'aspirateur plutôt que le balai
- Ne pas utiliser de jets d'eau à haute pression
- Lutter contre la présence des rongeurs dans les locaux
- Dératiser les habitations situées en forêt ou en bordure de forêt, ainsi que les granges, caves, remises…
- Empêcher l'accès des rongeurs aux habitations
- Eviter de les attirer : mettre les aliments dans des endroits fermés et inaccessibles aux rongeurs
- Éliminer les abris utilisables par les rongeurs (stockage de bois…).
- Eviter les contacts avec les excrétas des rongeurs
- Mettre un pansement sur une blessure avant de manipuler du bois ou de travailler la terre.
- Eviter de manipuler des rongeurs vivants ou morts ou leurs nids. Porter des gants en caoutchouc ou en latex.