Hantavirus en France : carte, nombre de cas, un risque d'épidémie ?
La peur d'une épidémie d'hantavirus grandit après la survenue de cas graves et de décès sur un bateau de croisière. Des passagers de différents pays sont à bord, dont des Français. Ils seront débarqués dans quelques jours.
Tout commence sur le bateau de croisière néerlandais, le MV Hondius, parti d'Ushuaïa en Argentine le 1er avril 2026. Au départ, c'est un voyage agréable qui s'annonce pour une centaine de personnes. Mais un mois plus tard, l'inquiétude grandit. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) est informé le 2 mai d'un "foyer de maladie d'origine inconnue présentant de graves symptômes respiratoires" à bord du navire situé alors dans l'Atlantique Sud. À ce moment-là, deux personnes sont mortes et une troisième est évacuée en Afrique du Sud. Elle y décédera quelques heures plus tard. Un test PCR est réalisé et confirme la contamination par un hantavirus. Qu'est-ce que c'est ?
Les hantavirus sont des virus qui infectent naturellement les rongeurs et sont parfois transmis à l'homme. "Chez l'homme, l'infection peut entraîner une maladie grave, souvent mortelle" précise l'OMS. L'hypothèse actuelle des autorités sanitaires est que certains passagers ont été exposés au virus lors d'un séjour en Argentine avant l'embarquement, où il est endémique, et qu'ils l'ont ensuite transmis à d'autres passagers à bord du navire de croisière. En Argentine, c'est un type d'hantavirus appelé "virus des Andes" ou ANDV qui circule surtout. Sa grande particularité, très rare chez les hantavirus, est qu'il peut se transmettre d'une personne à une autre. Cent quarante-neuf personnes de 23 nationalités différentes se trouvaient sur le navire, dont des ressortissants européens : Allemagne, Belgique, France, Grèce, Irlande, Pays-Bas, Pologne, Portugal et Espagne.
L'ECDC confirme le 6 mai que sept personnes ont présenté des symptômes incluant fièvre, troubles respiratoires et gastro-intestinaux. Au moins quatre d'entre elles ont rapidement développé une pneumonie, une détresse respiratoire aiguë et un choc septique. Les trois décès sont survenus parmi ces sept personnes. L'une des personnes décédées a été rapatriée par avion. Une hôtesse de l'air présente à bord à ce moment-là est aujourd'hui hospitalisée à Amsterdam et présente des symptômes évocateurs d'une infection par hantavirus.
"L'incubation du virus peut durer 6 semaines"
"Compte tenu de la période d'incubation du virus Andes ANDV (type d'hantavirus), qui peut atteindre six semaines, il est possible que davantage de cas soient signalés", a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, le 7 mai. Le bateau MV Hondius a quitté le Cap-Vert mercredi 6 mai au soir et est attendu samedi 9 mai à Tenerife dans l'archipel espagnol des Canaries.
L'évacuation des passagers restants devrait débuter lundi 11 mai. "Tous les passagers resteront sur le navire de croisière jusqu'à l'arrivée" des avions qui les rapatrieront dans leurs pays, a indiqué le ministère espagnol de l'Intérieur. 29 passagers ont déjà quitté le navire lors d'une escale le 24 avril sur l'île britannique de Sainte-Hélène. Certains ont ensuite pris des avions pour rentrer dans leurs pays sans mesures spécifiques d'isolement avec les autres passagers présents à bord.
Cinq Français sur le bateau, un cas contact
Cinq Français sont présents sur le bateau. "Ils se portent bien" a assuré jeudi 7 mai le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sur RTL. L'un de ces Français est "cas contact" puisqu'il a été en contact avec une personne malade. Interrogé sur son retour prochain en France, le ministre indique que "c'est une discussion en cours avec l'OMS pour définir les protocoles, sécuriser les personnes et éviter la propagation du virus". L'ECDC se veut rassurant : "Même si la transmission du virus devait se produire à partir des passagers évacués du navire, ce virus ne se transmet pas facilement. Il est peu probable qu'il provoque de nombreux cas ou une épidémie généralisée, si des mesures de prévention et de contrôle des infections sont appliquées. Le risque pour la population générale de l'Union européenne lié à la propagation du virus ANDV à partir de cette épidémie sur un navire de croisière est très faible."
Carte de France des cas d'hantavirus
Les hantavirus sont essentiellement présents dans le quart nord-est de la France métropolitaine. De petites épidémies peuvent survenir surtout au printemps et en été.
En France, le virus est surtout présent chez les campagnols qui vivent dans les forêts et les habitations (granges, greniers, remises, cabanes abandonnées, etc.).
Selon l'ANRS, entre janvier et mars 2026, le Centre national de référence des Hantavirus, intégré à l'Institut Pasteur de Paris, a recensé 19 cas confirmés d'infection récente par un hantavirus. Le nombre de cas détectés se trouve dans la moyenne mensuelle française.