Victimes du Covid-19 en France : âge des cas et des décès aujourd'hui

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"Victimes du Covid-19 en France : âge des cas et des décès aujourd'hui"

L'épidémie de Covid-19 perd un peu de terrain en France. Néanmoins, le nombre de nouveaux cas, d'hospitalisations et de réanimation restent hauts. Qui en meurt le plus ? Les hommes ? Les femmes ? Les personnes âgées ? A risque ? Âge, régions, comorbidités... Profil des victimes du coronavirus.

[Mis à jour le vendredi 27 novembre à 10h57] En France métropolitaine, le virus Sars-CoV-2 circule moins activement sur le territoire, indique le bulletin de Santé publique France du 26 novembre 2020. Le pic des nouvelles contaminations et des hospitalisations semble être passé en semaine 44 et 45. Néanmoins, le nombre de nouveaux cas, des passages en urgences et des taux de positivé des tests restent élevé. Les régions les plus touchées sont Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Provence-Alpes-Côte d'Azur. Quelles personnes sont le plus touchées par cette pandémie ? Qui en meurt le plus ? A quel âge ? Les plus de 60 ans ou les plus jeunes ? Les enfants sont-ils touchés ? Quels sont leurs symptômes ? Pour pouvoir mieux se protéger, il est important de connaître le profil des personnes à risque. Âge, sexe, facteurs de risque, comorbidités… Portrait des victimes du Covid-19.

Pourquoi ce virus est-il si dangereux ?

"Le Covid-19 est dangereux dans la mesure où il touche une population qu'il n'avait jamais rencontrée auparavant. Personne n'a encore de mémoire immunitaire contre ce virus et tout un chacun est susceptible d'être infecté. Le problème, c'est qu'on n'a pas d'anticorps ni de cellules cytotoxiques spécifiques du virus pour y faire face. Or, comme tout virus qui va infecter une population, il y a toujours des gens qui sont plus faibles que d'autres et qui ne vont pas être capables de s'en défendre efficacement. À titre de comparaison, les virus actuels de la grippe sont beaucoup moins graves parce qu'une proportion importante de personnes y a déjà été confrontée ou a été vaccinée et en a une mémoire immunitaire protectrice. Néanmoins, il faut savoir que la grippe cause entre 5000 et 10.000 morts chaque année en France, même parfois chez des personnes qui sont vaccinées parce que leur système immunitaire est affaibli et ne réagit pas suffisamment. Des chercheurs chinois ont démontré que les formes graves d'infection à coronavirus touchaient essentiellement les personnes de plus de 80 ans avec une décroissance du pourcentage de formes graves chez les sujets plus jeunes", explique le Dr Grégoire Cozon, immunologue au CHU de Lyon.

Âge, sexe, comorbidités : le profil des personnes contaminées

Répartition hommes/femmes des personnes hospitalisées Covid-19
Répartition hommes/femmes des personnes hospitalisées pour Covid-19 © Journal des Femmes

L'augmentation du nombre de nouveaux cas confirmés de COVID-19 se poursuit. Selon les derniers chiffres de Santé Publique France, sur la semaine 47 (du 16 au 22 novembre 2020) :

  • Les adultes de 15-44 ans et les 75 ans et plus restent les plus touchés, avec un taux d'incidence respectivement de 168 et 258. 
  • En semaine 47, le taux d'incidence a diminué par rapport à la semaine précédente dans toutes les classes d'âge. La diminution la plus marquée était observée chez les 65-74 ans (- 44%), suivie par les 45-64 ans (- 42%), les 15-44 ans (- 41%) puis les 0-14 ans (- 33%) et les 75 ans et plus (- 32%)
  • Depuis début septembre, le nombre de patients âgés de 65 ans et plus admis en hospitalisation a été multiplié par 8 et celui du nombre de patients admis de cette tranche d'âge en réanimation par 7.
  • Le nombre moyen de personnes-contacts à risque par cas reste stable à 1,3 (vs. 1.4 pour la semaine 44)
  • Les départements métropolitains présentant les plus forts taux de dépistage par RT-PCR en S47 étaient la Haute-Savoie (1 686/ 100 000 hab.), le Doubs (1 598), la Savoie (1 577), la Haute-Saône (1 572) et le Territoire de Belfort (1 569), et étaient en diminution par rapport à la semaine précédente.

Parmi les personnes hospitalisées :

  • L'âge médian des patients est de 72 ans et 53% sont des hommes.
  • Parmi les personnes hospitalisées le 24 novembre : 20% se trouvaient en Auvergne-Rhône-Alpes, 20% se trouvaient en Ile-de-France, et 9% en Provence-Alpes-Côte d'Azur et 10% dans les Hauts-de-France.

Pourcentage de personnes hospitalisées et en réanimation pour COVID-19 le 24 novembre

Classe d'âge (an) Hospitalisations (%) Dont réanimations (%)
0-14 <1 <1
15-44 4 4
45-64 15 30
65-74 21 40
+ de 75 60 27



 

Remarque : il existe de valeurs manquantes pour l'ensemble des variables recueillies. Les pourcentages sont arrondis au nombre entier la plus proche, d'où l'éventualité que la total des pourcentages des tableaux soit parfois différent de 100%.

Qui sont les victimes les plus jeunes ?

Les jeunes sont moins touchés par le virus Sars-CoV-2 que les plus âgés (les enfants sont moins touchés par la COVID-19 et représentent moins de 1% des patients hospitalisés et des décès), excepté sur les dernières semaines, selon les derniers chiffres de Santé Publique France. Si le risque de complication est faible chez l'enfant et le jeune adulte, ils contribuent à la diffusion du virus vers les tranches d'âge et les populations à risque de formes graves ainsi que le montre l'évolution de la situation épidémiologique de ces dernières semaines. Les plus jeunes sont très souvent porteurs sains) mais vecteurs de transmission "d'où l'importance de ne pas les amener dans une collectivité de gens fragiles, comme les maisons de retraites et de leur apprendre à se laver les mains fréquemment" conseille le Dr Pierre Parneix, médecin hygiéniste. 

Sur la semaine 47 : le nombre d'actes médicaux SOS Médecins pour suspicion de COVID-19 baisse de 20% chez les enfants et adolescents de moins de 15 ans.

Parmi les plus jeunes victimes décédées du Covid-19 dans le monde (toutes causes confondues) :

  • Le 25 mars 2020, une adolescente de 16 ans est décédée des suites d'une contamination au coronavirus à l'hôpital Necker-Enfants malades à Paris. Il s'agit de la première victime mineure en France. 
  • Le 28 mars 2020, un bébé de moins d'un an est décédé des suites d'une infection au Covid-19 aux Etats-Unis, ont annoncé les autorités de l'Etat de l'Illinois. Il s'agit du premier mort infantile du virus aux États-Unis.
  •  Le 29 mars 2020, un adolescent portugais de 14 ans infecté par Covid-19 est décédé à l'hôpital São Sebastião, à Santa Maria da Feira, à 30 km au sud de Porto. 
  • Le 30 mars, un adolescent de 13 ans est décédé au Royaume-Uni, après avoir été "testé positif au Covid-19, placé sous assistance respiratoire et plongé dans un coma artificiel",  a informé le mardi 31 mars l'hôpital dans lequel il était hospitalisé. Il s'agit de la plus jeune victime connue au Royaume-Uni. 
  • Le 31 mars, une adolescente de 12 ans est décédée du Covid 19 en Belgique, ont annoncé les autorités belges. La jeune fille avait de la fièvre depuis trois jours et avait été "testée positive" au coronavirus.
  • Le samedi 4 avril, un enfant de 5 ans est décédé du coronavirus au Royaume-Uni. Selon la BBC, l'enfant souffrait d'une pathologie sous-jacente.
  • Le vendredi 10 avril, le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, a annoncé le décès d'un jeune garçon de 6 ans infecté par le coronavirus en Île-de-France. "Les causes du décès sont multiples" a-t-il précisé. C'est la plus jeune victime du Covid-19 en France. 
  • Le vendredi 29 mai, les autorités suisses ont annoncé, au cours d'une conférence de presse, le décès d'un nourrisson après avoir été infecté par le Covid-19. Il est décédé dans le canton d'Argovie, précise Stefan Kuster, un représentant de l'Office fédéral de la santé publique suisse et a été pris en charge par l'hôpital universitaire de Zurich. 
  • Le vendredi 24 juillet, les autorités sanitaires belges annoncent lors d'une conférence de presse le décès d'une petite fille de 3 ans des suites du Covid-19 il y a quelques jours en Belgique, La fillette présentait plusieurs pathologies associées. Il s'agit de la plus jeune victime connue dans le pays.
  • Le 21 août, un nourrisson de 4 mois qui avait "d'autres pathologies associées" est décédé au Portugal suite à des complications liées au Covid-19, ont annoncé les autorités de santé.

Âge, sexe, facteurs de risque, régions : le profil des personnes décédées

Entre le 1er mars et le 24 novembre 2020, 50 237 décès de patients COVID-19 ont été rapportés à Santé publique France : 34 399 décès étaient survenus au cours d'une hospitalisation et 15 838 décès (données au 22 novembre) parmi des résidents en établissements d'hébergement pour personnes âgées (EHPA) et autres établissements médico-sociaux (EMS).

  • 93% des cas de étaient âgés de 65 ans ou plus. Le nombre hebdomadaire de décès a diminué en semaine 47 par rapport à la semaine précédente, avec 3 343 décès vs 4 383 la semaine précédente.
  • L'âge médian des décès est de 84 ans.
  • Les hommes représentent 55% des décès
  • 65% des décès sont associés à une comorbidité (une hypertension artérielle dans 23% des cas, une pathologie cardiaque pour 35%).
  • En semaine 47, les plus forts taux de décès de patients COVID-19 par région rapportés à la population (/100 000 habitants) étaient observés en Auvergne-Rhône-Alpes (10,42), en Provence-Alpes-Côte d'Azur (6,82), en Bourgogne-Franche-Comté (6,36) et en Centre-Val de Loire (5,67)
Sexe Hommes Femmes
Répartition des personnes décédées en fonction du sexe 55% 45%
Age 0-14 ans 15-44 ans 45-64 ans 65-74 ans 75 ans et plus
Répartition des personnes décédées en fonction de l'âge certifiés par voie électronique du 1er mars au 23 novembre en France (avec ou sans comorbidités) 0% 1% 7% 14% 78%
Facteurs de risque Avec comorbidités Sans comorbidités
Répartition des personnes décédées en fonction des comorbidités 65% 35%

Taux de mortalité du virus : Au 26 novembre 2020, le taux de mortalité du Covid-19 (le nombre de décès rapporté à la population générale) est de : 0.08%. Le taux de létalité en revanche (le nombre de décès par rapport au nombre de cas) est de 2.3%, en baisse par rapport à début novembre où il était à 2.6%.

Les maladies à risque

Certaines maladies sous-jacentes augmentent le risque de présenter une forme grave d'infection au Covid-19. On appelle cela des comorbidités. Dans un avis du 10 mars 2020, le Haut Conseil de Santé publique a listé ces pathologies à risque :

Répartition des décès selon les comorbidités
Répartition des décès selon les comorbidités au 10 novembre © Journal des Femmes
  • Maladies cardiovasculaires (hypertension artérielle compliquée, accident vasculaire cérébral, coronaropathie, antécédents de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV) 
  • Diabète (diabétiques insulinodépendants non équilibrés ou présentant des complications secondaires à leur pathologie)
  • Maladies chroniques respiratoires (asthme, mucoviscidose...) 
  • Insuffisance rénale chronique
  • Cancers (personnes sous traitement)
  • Cirrhose au stade B au moins
  • Infection à VIH non contrôlée
  • Obésité morbide (IMC supérieur à 40kg/m²)

Victimes célèbres du coronavirus

L'épidémie a fait de nombreuses victimes de nationalité française, dont des personnalités médiatiques comme (liste non exhaustive) :

  • Nicolas Alfonsi, le 16 mars 2020 : ancien sénateur et maire de Piana
  • Jean Leber, le 18 mars 2020, violoniste
  • Jacques Oudin, le 20 mars 2020, ancien sénateur
  • Marie-Thérèse de Bourbon-Parme, le 26 mars 2020, princesse
  • David Méresse, le 8 avril 2020, joueur de football, entraîneur et dirigeant.
  • Christophe, le 16 avril 2020, chanteur et compositeur
  • Philippe Nahon, le 19 avril 2020, acteur
  • Claude Evrard, le 20 avril 2020, acteur
  • Daniel Cauchy, le 7 mai 2020, acteur, producteur et scénariste
  • Claude Goasguen, le 28 mai 2020, homme politique et député
  • Jean-Pierre Vincent, le 4 novembre 2020, metteur en scène et directeur de théâtre français.
  • Nelly Kaplan, le 12 novembre 2020, écrivaine et réalisatrice.

Source :

Chiffres et statistiques mis à jour le vendredi 27 novembre à 11h33 avec le point épidémiologique hebdomadaire du 26 novembre 2020 du Covid-19 de Santé publique France. Ce bilan est basé sur les données épidémiologiques de surveillance du COVID-19 (SARS-CoV-2) rapportées à Santé publique France jusqu'au 24 novembre

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