Victimes du coronavirus en France : âge, profil, hommes, femmes

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"Victimes du coronavirus en France : âge, profil, hommes, femmes"

La circulation du coronavirus continue sa progression entrainant une dégradation de la situation en France. Le nombre de décès est en augmentation. Qui sont les personnes vulnérables ou fragiles face au virus ? Hommes, femmes, qui en meurt le plus ? Quels chiffres chez les plus jeunes ? Statistiques et profil des victimes du Covid-19.

[Mis à jour le vendredi 25 septembre à 15h02] La circulation du coronavirus continue sa progression entrainant une dégradation de la situation en France. Les indicateurs de suivi de l'épidémie de Covid-19 poursuivent leurs augmentations au niveau de la médecine de ville ainsi qu'au niveau hospitalier, avec une hausse des passages aux urgences, des nouvelles hospitalisations ainsi que des admissions en réanimation et des décès. "Si le virus continue de circuler largement chez les adultes jeunes, la poursuite de l'augmentation des cas chez les 65 ans et plus, l'augmentation des signalements d'épisodes de Covid-19 survenus en Ehpad ainsi que l'augmentation des nombres de décès confirment les signaux d'alerte identifiés depuis plusieurs semaines"  indique Santé Publique France dans son point hebdomadaire du 25 septembre. Qui est le plus touché par cette pandémie ? Qui en meurt le plus ? A quel âge ? Les plus de 60 ans ou les plus jeunes ? Les enfants sont-ils touchés ? Quels sont leurs symptômes ? Pour pouvoir mieux se protéger, il est important de connaître le profil des personnes à risque. Âge, sexe, facteurs de risque, comorbidités... Portrait-robot des victimes du Covid-19.

Pourquoi ce virus est-il si dangereux ?

"Le Covid-19 est dangereux dans la mesure où il touche une population qu'il n'avait jamais rencontrée auparavant. Personne n'a encore de mémoire immunitaire contre ce virus et tout un chacun est susceptible d'être infecté. Le problème, c'est qu'on n'a pas d'anticorps ni de cellules cytotoxiques spécifiques du virus pour y faire face. Or, comme tout virus qui va infecter une population, il y a toujours des gens qui sont plus faibles que d'autres et qui ne vont pas être capables de s'en défendre efficacement. À titre de comparaison, les virus actuels de la grippe sont beaucoup moins graves parce qu'une proportion importante de personnes y a déjà été confrontée ou a été vaccinée et en a une mémoire immunitaire protectrice. Néanmoins, il faut savoir que la grippe cause entre 5000 et 10.000 morts chaque année en France, même parfois chez des personnes qui sont vaccinées parce que leur système immunitaire est affaibli et ne réagit pas suffisamment. Des chercheurs chinois ont démontré que les formes graves d'infection à coronavirus touchaient essentiellement les personnes de plus de 80 ans avec une décroissance du pourcentage de formes graves chez les sujets plus jeunes", explique le Dr Grégoire Cozon, immunologue au CHU de Lyon.

Âge, sexe, comorbidités : le profil des personnes contaminées

Répartition hommes/femmes des personnes hospitalisées Covid-19
Répartition hommes/femmes des personnes hospitalisées pour Covid-19 © Journal des Femmes

L'augmentation du nombre de nouveaux cas confirmés de COVID-19 se poursuit. Selon les derniers chiffres de Santé Publique France, sur la semaine 38 (14-20 septembre) :

  • Les jeunes adultes (15 à 44 ans) restent les plus touchés par le SARS-CoV-2.
  • L'incidence est en diminution chez les moins de 15 ans (-2,3% entre S37 et S38) et notamment chez les 0-4 ans (-33%) et chez les 5-9 ans (-6%).
  • L'augmentation reste importante chez les personnes âgées de 75 ans et plus ainsi que chez les personnes âgées de 65 à 74 ans.

Parmi les personnes hospitalisées :

  • L'âge médian des patients est de 71 ans et 53% sont des hommes.
  • 20 845 patients sont décédés : 71% étaient âgés de 75 ans et plus et 59% étaient des hommes.

Pourcentage de personnes hospitalisées et en réanimation pour COVID-19 le 22 septembre

Classe d'âge (an) Hospitalisations (%) Dont réanimations (%)
0-14 1 1
15-44 8 5
45-64 23 32
65-74 23 33
+ de 75 46 28



 

Remarque : il existe de valeurs manquantes pour l'ensemble des variables recueillies. Les pourcentages sont arrondis au nombre entier la plus proche, d'où l'éventualité que la total des pourcentages des tableaux soit parfois différent de 100%.

Contamination et décès chez les plus jeunes

Les jeunes sont moins touchés par le virus Sars-CoV-2 que les plus âgés (moins de 2% des personnes contaminées sont des enfants ou adolescents de moins de 15 ans, moins de 1% des patients hospitalisés et des décès sont des enfants), excepté sur les dernières semaines, selon les derniers chiffres de Santé Publique France. Si le risque de complication est faible chez l'enfant et le jeune adulte, ils contribuent à la diffusion du virus vers les tranches d'âge et les populations à risque de formes graves ainsi que le montre l'évolution de la situation épidémiologique de ces dernières semaines. Les plus jeunes sont très souvent porteurs sains) mais vecteurs de transmission "d'où l'importance de ne pas les amener dans une collectivité de gens fragiles, comme les maisons de retraites et de leur apprendre à se laver les mains fréquemment" conseille le Dr Pierre Parneix, médecin hygiéniste. 

Sur la semaine 38 (14-20 septembre) : le nombre d'actes médicaux SOS Médecins pour suspicion de COVID-19 baisse chez les enfants.

Parmi les plus jeunes victimes décédées du Covid-19 dans le monde (toutes causes confondues) :

  • Le 25 mars 2020, une adolescente de 16 ans est décédée des suites d'une contamination au coronavirus à l'hôpital Necker-Enfants malades à Paris. Il s'agit de la première victime mineure en France. 
  • Le 28 mars 2020, un bébé de moins d'un an est décédé des suites d'une infection au Covid-19 aux Etats-Unis, ont annoncé les autorités de l'Etat de l'Illinois. Il s'agit du premier mort infantile du virus aux États-Unis.
  •  Le 29 mars 2020, un adolescent portugais de 14 ans infecté par Covid-19 est décédé à l'hôpital São Sebastião, à Santa Maria da Feira, à 30 km au sud de Porto. 
  • Le 30 mars, un adolescent de 13 ans est décédé au Royaume-Uni, après avoir été "testé positif au Covid-19, placé sous assistance respiratoire et plongé dans un coma artificiel",  a informé le mardi 31 mars l'hôpital dans lequel il était hospitalisé. Il s'agit de la plus jeune victime connue au Royaume-Uni. 
  • Le 31 mars, une adolescente de 12 ans est décédée du Covid 19 en Belgique, ont annoncé les autorités belges. La jeune fille avait de la fièvre depuis trois jours et avait été "testée positive" au coronavirus.
  • Le samedi 4 avril, un enfant de 5 ans est décédé du coronavirus au Royaume-Uni. Selon la BBC, l'enfant souffrait d'une pathologie sous-jacente.
  • Le vendredi 10 avril, le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, a annoncé le décès d'un jeune garçon de 6 ans infecté par le coronavirus en Île-de-France. "Les causes du décès sont multiples" a-t-il précisé. C'est la plus jeune victime du Covid-19 en France. 
  • Le vendredi 29 mai, les autorités suisses ont annoncé, au cours d'une conférence de presse, le décès d'un nourrisson après avoir été infecté par le Covid-19. Il est décédé dans le canton d'Argovie, précise Stefan Kuster, un représentant de l'Office fédéral de la santé publique suisse et a été pris en charge par l'hôpital universitaire de Zurich. 
  • Le vendredi 24 juillet, les autorités sanitaires belges annoncent lors d'une conférence de presse le décès d'une petite fille de 3 ans des suites du Covid-19 il y a quelques jours en Belgique, La fillette présentait plusieurs pathologies associées. Il s'agit de la plus jeune victime connue dans le pays.
  • Le 21 août, un nourrisson de 4 mois qui avait "d'autres pathologies associées" est décédé au Portugal suite à des complications liées au Covid-19, ont annoncé les autorités de santé.

Âge, sexe, facteurs de risque, régions : le profil des personnes décédées

Les décès liés au Covid-19 augmentent à nouveau, surtout parmi les personnes hospitalisées, prévient Santé Publique France dans son point épidémiologique du 25 septembre. Depuis le 1 mars 2020 : 31 416 décès de patients COVID-19 ont été rapportés à Santé publique France : 20 845 décès sont survenus au cours d'une hospitalisation et 10 571 décès parmi des résidents en EHPA et autres EMS

  • 92% des cas de étaient âgés de 65 ans ou plus
  • L'âge médian des décès est de 84 ans
  • Les hommes représentent 54% des décès
  • 66% des décès sont associés à une comorbidité (une hypertension artérielle dans 24% des cas, une pathologie cardiaque pour 34%).
  • Les taux hebdomadaires de décès augmentent dans dix régions entre les semaines 37 et 38 : Bretagne, Centre-Val-de-Loire, Corse, Guadeloupe, Guyane, Ile-de-France, Martinique, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Normandie.
Sexe Hommes Femmes
Répartition des personnes décédées en fonction du sexe 54% 46%
Age 0-14 ans 15-44 ans 45-64 ans 65-74 ans 75 ans et plus
Répartition des personnes décédées en fonction de l'âge certifiés par voie électronique du 1er mars au 21 septembre en France (avec ou sans comorbidités) 0% 1% 9% 15% 75%
Facteurs de risque Avec comorbidités Sans comorbidités
Répartition des personnes décédées en fonction des comorbidités 66% 34%

Taux de mortalité du virus : Au 17 septembre 2020, le taux de mortalité du Covid-19 (le nombre de décès rapporté à la population générale) est de : 0.05%. Le taux de létalité en revanche (le nombre de décès par rapport au nombre de cas) est de 7.5%, en nette baisse par rapport au mois précédent où il était à 11.7% (mi-août)

Les maladies à risque

Certaines maladies sous-jacentes augmentent le risque de présenter une forme grave d'infection au Covid-19. On appelle cela des comorbidités. Dans un avis du 10 mars 2020, le Haut Conseil de Santé publique a listé ces pathologies à risque :

Répartition des décès selon les comorbidités
Répartition des décès selon les comorbidités au 17 septembre © Journal des Femmes
  • Maladies cardiovasculaires (hypertension artérielle compliquée, accident vasculaire cérébral, coronaropathie, antécédents de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV)
  • Diabète (diabétiques insulinodépendants non équilibrés ou présentant des complications secondaires à leur pathologie)
  • Maladies chroniques respiratoires (asthme, mucoviscidose...)
  • Insuffisance rénale chronique
  • Cancers (personnes sous traitement)
  • Cirrhose au stade B au moins
  • Infection à VIH non contrôlée
  • Obésité morbide (IMC supérieur à 40kg/m²)

Victimes célèbres du coronavirus

L'épidémie a fait de nombreuses victimes de nationalité française, dont des personnalités médiatiques comme (liste non exhaustive) :

  • Nicolas Alfonsi, le 16 mars 2020 : ancien sénateur et maire de Piana
  • Jean Leber, le 18 mars 2020, violoniste
  • Jacques Oudin, le 20 mars 2020, ancien sénateur
  • Marie-Thérèse de Bourbon-Parme, le 26 mars 2020, princesse
  • David Méresse, le 8 avril 2020, joueur de football, entraîneur et dirigeant.
  • Christophe, le 16 avril 2020, chanteur et compositeur
  • Philippe Nahon, le 19 avril 2020, acteur
  • Claude Evrard, le 20 avril 2020, acteur
  • Daniel Cauchy, le 7 mai 2020, acteur, producteur et scénariste
  • Claude Goasguen, le 28 mai 2020, homme politique et député

Liste des personnes vulnérables

En dehors des personnes âgées plus à risque de formes graves du coronavirus, une liste de personnes dites "vulnérables" à la maladie a été définie et mise à jour le 31 août 2020. Les critères de vulnérabilité sont : 

  • Être atteint de cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie) ;
  • Être atteint d'une immunodépression congénitale ou acquise :

► médicamenteuse : chimiothérapie anticancéreuse, traitement immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive ;

► infection à VIH non contrôlée ou avec des CD4 < 200/mm3 ;

►consécutive à une greffe d'organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques ;

► liée à une hémopathie maligne en cours de traitement ;

  • Être âgé de 65 ans et plus et avoir un diabète associé à une obésité ou des complications micro ou macrovasculaires ;
  • Être dialysé ou présenter une insuffisance rénale chronique sévère.

Depuis le 31 août 2020, ne sont plus considérés comme critères de vulnérabilité :

  • Avoir 65 ans ou plus mais ne pas avoir un diabète associé à une obésité ou des complications micro ou macrovasculaires ;
  • Avoir des antécédents (ATCD) cardiovasculaires : hypertension artérielle compliquée (avec complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales), ATCD d'accident vasculaire cérébral ou de coronaropathie, de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ;
  • Avoir un diabète non équilibré ou présentant des complications ;
  • Présenter une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d'une infection virale : broncho pneumopathie obstructive, asthme sévère, fibrose pulmonaire, syndrome d'apnées du sommeil, mucoviscidose notamment ;
  • Présenter une obésité (indice de masse corporelle (IMC) > 30 kgm2) ;
  • Être atteint de cirrhose au stade B du score de Child Pugh au moins ;
  • Présenter un syndrome drépanocytaire majeur ou ayant un antécédent de splénectomie ;
  • Être au troisième trimestre de la grossesse.

Source :

COVID-19 : point épidémiologique du 24 septembre 2020. Santé Publique France.

Chiffres et statistiques mis à jour le vendredi 17 septembre à 12h46 avec le point épidémiologique hebdomadaire du 17 septembre 2020 du Covid-19 de Santé publique France. Ce bilan est basé sur les données épidémiologiques de surveillance du COVID-19 (SARS-CoV-2) rapportées à Santé publique France jusqu'au 15 septembre. 

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